Le livre des questions

ImAGE lire

Le livre n’est pas. La lecture le crée, à travers des mots créés, comme le monde est lecture recommencée du monde par l’homme.

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Les mots sont des fenêtres, des portes entrouvertes dans l’espace ; je les devine à la pression de nos paumes sur elles, aux empreintes qu’elles y ont laissées.

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A toi, qui crois que j’existe,

Comment dire ce que je sais

Avec des mots dont la signification

Est multiple ;

Des mots, comme moi, qui changent,

Quand on les regarde,

Dont la voix est étrangère ?

Comment dire

Que je ne suis pas

Mais que, dans chaque mot,

Je me vois,

Je m’entends,

Je me comprends,

A toi dont la réalité

Renouvelée

Est celle de la lumière

A travers laquelle

Le monde prend conscience du monde

En te perdant

Mais qui réponds

à un prénom ?

Edmond Jabès dans Le livre des questions

 

Une chanson de Peter Gabriel – The Book of Love

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/270392.html

Au cœur de soi

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Il nous est tous déjà arrivé de nous sentir disparaître du temps et de l’espace à la lecture du texte ou d’un poème.  Certains parlent de joie de l’âme, d’autres de contact mystique, d’autres du contact avec la part de l’âme de l’auteur.

Je n’accorde pas trop d’importance au nom que l’on donne aux expériences. Je sais que lorsqu’un texte ou un poème me permet d’ouvrir une dimension qui me dépasse, et de me sentir au cœur de soi, comme si rien n’était divisible, même si cela ne dure que quelques secondes, que quelques minutes, cette expérience est précieuse et intense.

Puis, on se surprend à vivre cette même expérience en se promenant dans la nature, ou en partageant des moments vrais avec des proches. C’est cela l’émerveillement face à la vie.

Il est possible d’accéder à une présence nue libérée de nos concepts et de nos repères.

C’est précisément lors de ces expériences où émerge en nous une nouvelle façon de regarder, où nous sommes soudain affranchis pour un instant de l’attachement à notre singularité et relié dans une communion que nous n’avons pas besoin de nommer, que nous mesurons le sens de la vie.

Il n’est plus nécessaire de tout posséder, ou de tout atteindre lorsque l’expérience de la vie est porteuse de la capacité d’émerveillement. C’est une belle chose à cultiver au cœur de soi.

Une pièce musicale de Chopin – Spring Waltz (Mariage d’Amour)

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

La sagesse des contes

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Il est important d’être conscient de la façon dont nous nous percevons, car c’est ce regard qui déterminera la qualité et la teneur de nos relations avec le monde.

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Plus important que le jugement des autres, il y a le jugement que nous portons sur nous-mêmes.

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Ce sont toujours des moitiés que nous transmet la tradition orale. Les autres moitiés demeurent dans notre âme. Chaque conte s’unissant à son interprétation, nous faisons l’expérience d’une petite satiété.

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Le secret de la beauté, hors de tout concept rationnel, consiste à devenir la beauté.

Alejandro Jodorowsky dans La sagesse des contes

Une pièce musciale The Lord of the Rings – Fellowship of the Ring with Orchestra will held at Radio City Music Hall in New York

Lire et voyager

Poursuite de mon périple à Paris pour y partager au fil des rencontres l’accent d’Amérique.

ImAGE lire

On oublie souvent que tout est là, ici et maintenant. Nous avons des attentes telles que nous cherchons ce que nous voulons au lieu de voir ce qui est.

Par exemple, est-il possible de voyager dans le temps? Oui

Est-il possible de parcourir les 1001 terres et mers? Oui

Est-il possible de dépasser les frontières de l’espace? Oui

Est-il possible de mieux connaître des gens différents de nous au point des les admirer? Oui

Les bibliothèques publiques, virtuelles ou personnelles, par leurs livres, offrent des multitudes de portes sur des horizons infinis de lecture en soi, permettant de voyager de monde en monde par les interconnections en nous.

Une pièce musicale de Kitaro – Great Voyage

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Le code de l’infini

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Pendant que je débute une nouvelle page, toi tu peux en terminer une, ou être en attente d’une nouvelle page, ou encore papillonner entre différentes pages de différents textes. C’est la beauté de la vie, tout semble désordonné tant que nous ne trouvons pas la juste perspective pour voir l’ensemble.

Pendant que certains ne s’attardent qu’à la qualité de l’écriture, ou à l’intensité des personnages, ou encore la structure du texte, d’autres recherchent ce qui touche le cœur et la raison, élève au senti mental, et ouvre de nouvelles perspectives.

La page, le texte, la phrase, le mot, cet ensemble de symboles généralement noirs sur fond blanc supporté par le silence devient, lorsque nous décodons avec l’alchimie de notre esprit, des images, des senteurs, des paroles, des émotions et des sons qui réinventent notre représentation du monde.

En ce sens, la création de cet ensemble de symboles ayant une structure encadrée de limites est un révélateur de l’infini qui nous habite et nous relit.

 

Une chanson de Yves Duteil  – L’écritoire

Les paroles sur https://www.paroles.net/yves-duteil/paroles-l-ecritoire

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

L’antidote contre le venin de la vieillesse: lire

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Antonio José Bolivar dormait peu. Jamais plus de cinq heures par nuit et de deux heures de sieste. Le reste du temps, il le consacrait à lire des romans, à divaguer sur les mystères de l’amour et à imaginer les lieux où se passaient ces histoires.

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Il possédait le seul antidote contre le venin de la vieillesse, il savait lire.

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– De quoi ça parle?

– De l’amour.

A cette réponse du vieux, il se rapprocha, très intéressé.

– Sans blague? Avec des bonnes femmes riches, chaudes et tout?

Le vieux ferma le livre d’un coup sec qui fit trembler la flamme de la lampe.

– Non. Ca parle de l’autre amour, celui qui fait souffrir.

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C’était l’amour pur, sans autre finalité que l’amour pour l’amour. Sans possession et sans jalousie.

– Nul ne peut s’emparer de la foudre dans le ciel, et nul ne peut s’approprier le bonheur de l’autre au moment de l’abandon

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Il avait souvent entendu dire que la vieillesse apporte la sagesse, et il avait attendu avec confiance cette vertu qui devait lui donner ce qu’il désirait le plus : le pouvoir de maîtriser le fil de ses souvenirs et de ne pas tomber dans les pièges que lui tendait parfois sa mémoire.

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Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepúlveda

Une chanson avec Peter Gabriel – The Book of Love

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/270392.html

Le jardin d’écriture

ImAGE lire

Ouvrir un ouvrage, sentir la présence de l’auteur, son univers, est-ce déjà une expérience formatrice?

C’est un voyage aussi passionnant qu’instructif. J’appris par contagion à poser des personnages en leur cadre, à reconnaître le style d’un auteur, à entendre la musique intérieure d’un énoncé, ses sons, ses silences.

Car ce qui vibre dans le récit passe de ce qui est dit à ce qui n’est pas dit.

Chaque grand texte établit un dialogue secret entre l’audible et l’inaudible, le visible et l’invisible, le tu et le formulé.

Je formais mon oreille et ma plume.

La lecture se révélait un prodigieux jardin d’écriture; chaque livre semait en moi une graine qui allait germer et éclore.

E-E Schmitt dans Plus tard, je serai un enfant

Une chanson de Stephin Merritt of The Magnetic Fields interprétée par Peter Gabriel – The Book of Love

Paroles sur : https://www.lacoccinelle.net/984801.html