Le projectionniste

L'oeil

Imaginez un projecteur installé derrière vous. Il appartient à l’inconscient et projette des représentations du monde que notre esprit conscient capte. Ces projections apportent des couleurs et des formes à la réalité qui font en sorte que tout est en mouvement. Rien n’a fondamentalement changé, mais le sens, la couleur, l’odeur, la texture sont différents. Ce n’est pas une création de vous, comme esprit conscient, mais bien de votre inconscient.

L’écart de perception de la réalité entre vous et les autres est parfois important en raison de vos positions respectives et a pour conséquence de vous isoler davantage puisque la relation avec celui-ci est différente et apparaît illusoire et pas vraie. Ces projections qui animent le monde environnant par nos peurs, nos désirs, nos attentes, nos règles et nos mécanismes de contrôle peuvent rester longtemps inconnues. Le plus triste dans tout cela, c’est que ces projections seront interprétées comme une malveillance de l’entourage, alors qu’en réalité elles viennent de nous. C’est la cage virtuelle qui nous isole.

Lorsque nous parlons de développer sa conscience, nous faisons référence à cette capacité à identifier les projections interposées par soi à la perception de l’environnement afin de percer à jour les illusions que nous entretenons. L’idée n’est pas de taire les projections de l’inconscient, d’ailleurs nous n’en serions pas capables, mais d’en saisir l’effet de nos peurs, de nos désirs, de nos attentes, de nos règles et de nos mécanismes de contrôle sur la réalité. Comme lorsque nous allons au cinéma, nous acceptons d’entrer dans le film ou non, mais nous savons que la projection n’est pas la réalité et beaucoup de nos choix sont conscients.

Pour éviter les égarements, les échecs et les déceptions sont de bons éveilleurs, car ils infirment la véracité de l’existence de nos projections. C’est pourquoi ils sont si utiles dans nos vies.

Je suis attristé de constater qu’il arrive trop souvent qu’une personne fasse de sa vie et de celle des autres un enfer en raison de son incapacité à discerner le drame créé par le projectionniste en soi. Le spectateur averti sait qu’il n’y a pas dans la vie que les choix entre les films d’horreur et les drames.

Une chanson de Claude Nougaro et Michel Legrand interprétée par Térez Montcalm – Le cinéma

Les paroles sur http://www.parolesmania.com/paroles_terez_montcalm_115866/paroles_le_cinema_1932652.html

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Stopper-le-monde

ImAGE s'élever

Notre réalité n’est qu’une description parmi beaucoup d’autres.

Il insistait sur le fait qu’il m’apprenait comment « voir » et non à « regarder », et que la première étape pour « voir » était de « stopper-le-monde ».

Quiconque veut stopper ses semblables doit toujours être extérieur au cercle qui les oppresse.

L’insistance avec laquelle je m’agrippais à ma vision habituelle de la réalité m’avait pratiquement rendu imperméable aux intentions de Don Juan.

La fin de l’apprentissage signifia que j’avais appris de manière convaincante et authentique une nouvelle description du monde, et qu’ainsi j’étais devenu capable de susciter une nouvelle expression du monde qui s’accordait avec cette nouvelle description.

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Ce que je tiens mentalement pour la réalité du monde n’est qu’une simple description du monde dont on m’a gavé dès ma naissance.

La vie quotidienne réside en un continuel flot d’interprétations perceptuelles que nous avons tous appris à faire.

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Mais notre réalité n’est qu’une description parmi d’autres.

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La condition préliminaire pour « stopper-le-monde » est qu’il faut se convaincre, c’est à dire qu’il faut apprendre intégralement la nouvelle description dans le but précis de la confronter à l’ancienne jusqu’à parvenir à ébrécher la certitude dramatique que nous partageons tous, à savoir que la validité de nos perceptions, notre réalité du monde, ne doit pas être remise en question. Une fois le monde « stoppé », l’étape suivante est de « voir », soit de répondre aux sollicitations perceptuelles d’un monde différent de la description que nous avons appris à nommer réalité.

Carlos Castaneda dans Stopper-le-monde

Une pièce musicale de Laboratorium Pieśni – Belarusian folk chants

 

L’appel de la réincarnation

ImAGE cellulaires

J’ai été éduqué dans une tradition ou l’idée même de la réincarnation ne pouvait pas être envisagée. On naît, on vit et on meurt. C’est la route de l’enfer vers le paradis.

Mais la vie m’a démontré que cela n’est pas tout à fait vrai. Il est envisageable de se réincarner. Grâce à la technologie, la réincarnation existe maintenant. Vous doutez?

J’ai un ami qui est hyper techno, il fait tout sur son cellulaire (portable pour d’autre). Il y met son agenda, alors il n’a plus besoin de se rappeler les dates de fête, les rendez-vous chez le dentiste, etc. Il y met aussi son carnet d’adresses, il n’a plus besoin de retenir un numéro de téléphone, une adresse courriel ou une adresse civique. Tout y est inscrit. Il y met aussi le rappel pour développer l’aspect social de sa vie. Il gère ses contrats avec son appareil, ses billets de spectacles, ses commandes de tout ordre, bref il existe et il vit pleinement grâce à la modernité.

En fait, il a vécu pleinement jusqu’au jour où il n’a pas pu procéder au transfert de données de son ancien appareil vers son nouveau. Le presque neuf, ou l’avant-dernier qui a pris un peu du vieux et qui a rendu l’âme sans avertir. L’envers de la médaille de la modernité, le monde de la consommation, l’éternel retour. Mon ami est mort virtuellement.

Il n’a même pas pu l’annoncer à quiconque. Ce fut la fin des émissions, la mort sans appel….

Puis un jour, il est réapparu, incarné dans de nouveaux textos, de nouvelles photos (les anciennes étaient désincarnées), de nouveaux contacts. Cette nouvelle incarnation nous a fait prendre conscience que la réincarnation existe. Mon ami vit une nouvelle vie, il a des flashs de son ancienne vie, mais pas de souvenirs tangibles. Parfois, des amis lui montrent des messages qu’ils ont reçus de lui de son ancienne incarnation, et il semble y avoir une lueur dans ses yeux, un vague souvenir, une trace numérique.

Donc, aujourd’hui je sais qu’il y a une vie après la mort virtuelle. Nous avons une nouvelle chance de continuer un projet de vie, de s’incarner dans de nouveaux projets, tout est possible… Rien de spécial, si c’est la vie qui se déploie encore et encore. L’éternel retour.

Aujourd’hui, je sais que mourir suite à une désactivation ou un brie majeur n’est pas la fin de tout. Il y a un renouveau possible, mais sous une autre identité numérique. Et l’inconscient collectif est en fait un espace infonuagique.

Un texte à lire avec modération sans télécharger les applications multidogmes.

P.S. Avoir deux cellulaires implique t-il que nous menons une double vie?

Une chanson de Serge Fiori – Le monde est virtuel

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Les trois yeux de la connaissance

Inde varanasi

L’affirmation selon laquelle tout le monde est en réalité Brahman amène bien souvent les êtres trop imaginatifs à concevoir des fantaisies telles qu’une présence uniforme, omniprésente, terne mais divine, l’évaporation instantanée et totale de toute diversité et multiplicité, laissant derrière elle une vacuité céleste omnisciente, miséricordieuse immaculée mais amorphe.

Nous ne concevons de telles sottises que parce que nous supposons que la déclaration : « Tout est Brahman » est une proposition logique, contenant une certaine information mentale relative à l’univers, et ce faisant sa signification ne peut que nous apparaître comme la réduction de toute multiplicité à un magma uniforme, homogène et immuable.

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Si vous croyez bien connaître Brahman, ce que vous connaissez de Sa nature est bien peu de choses, en réalité ; aussi devriez-vous considérer encore plus attentivement Brahman… Celui d’entre nous qui comprend la signification de ces mots : « Je ne Le connais pas, pourtant je Le connais », celui-là le connaît. Celui qui croit ne pas comprendre Brahman, celui-là Le comprend ; mais celui qui croit comprendre Brahman, celui-là ne Le connaît pas. Brahman est inconnu de ceux qui Le connaissent et connu de ceux qui ne Le connaissent pas du tout. C’est-à-dire que l’état même de non-connaissance de Brahman EST l’État de Conscience Ultime, et c’est exactement l’état que vous connaissez maintenant.

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Le Védanta pur n’a jamais considéré maya, l’illusion, comme étant différente de Brahman, mais plutôt comme quelque chose que fait Brahman. Or nous parlons toujours d’échapper à samsara comme s’il était différent du nirvana ; nous essayons de surmonter l’ignorance comme si elle n’était pas l’éveil ; nous nous efforçons de dissiper maya comme si ce n’était pas Brahman.

Ken Wilber dans Les trois yeux de la connaissance

Une pièce musicale de Anoushka Shankar e Patricia Kopatchinskaja – Raga Piloo

Le chat de Schrödinger : Physique quantique et réalité

ImAGE univrs

Mais que « considère » le photon lui-même comme étant la direction du temps ? La théorie de la relativité nous apprend que des horloges qui se déplacent ralentissent, et qu’elles ralentissent d’autant plus qu’elles approchent de la vitesse de la lumière.

En réalité, « à » la vitesse de la lumière, le temps s’immobilise, et l’horloge s’arrête. Il va de soi qu’un photon se déplace à la vitesse de la lumière, et cela signifie que pour lui le temps est dépourvu de signification. Un photon qui quitte une étoile lointaine et atteint la terre peut voyager pendant des milliers d’années, par rapport aux horloges se trouvant sur terre, mais par rapport au photon lui-même le transfert a pu être instantané. Un photon du rayonnement cosmique fondamental a, selon notre point de vue, voyagé dans l’espace pendant quinze milliards d’années depuis qu’est intervenu le Big Bang, mais pour le photon le Big Bang et notre présent sont confondus. La trajectoire du photon sur un diagramme de Feynman n’a pas de direction, non seulement parce que le photon est sa propre antiparticule, mais encore parce que le mouvement dans le temps n’a pas de signification pour lui – et c’est pourquoi il est sa propre antiparticule.

Les mystiques et les vulgarisateurs qui cherchent à établir un parallèle entre la philosophie orientale et la physique moderne semblent être passés à côté de cette information, qui nous apprend que tout l’Univers, le passé, le présent et le futur, est lié à tout par un réseau de rayonnement électromagnétique, lequel « voit » tout d’un seul coup d’œil.

John R. Gribbin dans Le chat de Schrödinger : Physique quantique et réalité

Une pièce musicale d’Abel Korzeniowski – And just like that

Ho’oponopono

L'oeil

Les autres ne sont que notre miroir, et tout ce qui arrive en face de nous n’est que le reflet de quelque chose qui se trouve à l’intérieur de nous.

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Si mes pensées sont erronées, elles créent une réalité physique fausse.

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Nous avons plein de couches, de croyances, de mémoires, de circuits quoi nous éloignent de notre véritable identité.

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Si tu veux connaitre la réalité, tu dois la libérer de tout jugement et demeurer en elle tout simplement et profondément.

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Chaque personne est composée de plusieurs parties que l’on pourrait nommer l’enfant intérieur ou subconscient (partie émotionnelle), la mère intérieure ou conscient (partie mentale), le père intérieur ou superconscient (partie spirituelle) et le dieu intérieur (partie divine). C’est grâce à l’union de toutes ces parties que la personne deviendra et réalisera ce qu’elle est véritablement.

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Notre intérieur et notre extérieur ne font qu’un. Présenté ainsi, il devient plus facile de comprendre que nous sommes les créateurs de notre vie et de tous les événements, grands ou petits, qui la composent.

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C’est ainsi que lorsque les Mayas se saluaient, ils disaient: « in Lakesh », ce qui veut dire « toi, une autre version de moi ». Les indiens, pour dire bonjour se lancent « Namaste », ce qui veut dire « je salue le Divin en toi », c’est-à dire je reconnais la divinité intérieure qui est en toi.

Luc Bodin dans Ho’oponopono

 

Une pièce musicale de Camerata Silesia, Anna Szostak et Tersa Salgueiro – To  know