Accepter les risques

ImAGE enfant rire

Nous vivons dans un monde ou les dirigeants, les ingénieurs, les avocats, les gestionnaires et même les scientifiques tentent d’organiser la vie à partir de paramètres cohérents, objectifs et mesurables. Nous avons les lois qui encadrent nos vies, les modèles théoriques, les politiques, les normes, les procédures, les recettes, et j’en passe.

Cet effort visant à encadrer la complexité de la nature des êtres humains doit prendre en compte que dans les faits nous avons une propension à ne pas être toujours cohérents. Un humain peut porter la mission de réaliser un idéal et pourtant supporter en lui cette partie cachée incompatible et inavouable.

Entre le grand nombre de réalisations merveilleuses au quotidien et la férocité monstrueuse d’un petit nombre de personnes, (et malheureusement nous oublions facilement la réelle proportion) s’installe ce carcan de lois, de mesures de contrôle et de protection qui entravent notre capacité d’agir. Il est compréhensible que certains s’élèvent contre la complexité des contrôles qui s’installent autour de nous.

Dans ce contexte, il faut de la résilience pour continuer à entretenir la gratitude envers la vie et continuer à rechercher le meilleur tout en composant avec un passé apparaissant parfois comme irréparable.

Par-delà l’espoir, il nous faut plus que de la lucidité, il nous faut agir avec cette ferme intention de libérer l’humain des entraves de ses peurs, identifier nos mécanismes de protection de base et accueillir l’imprévue et l’inconnu.

Alors, il sera possible d’apprendre à composer avec ce qui est, au lieu de se définir à partir de ce qui pourrait arriver.

Une chanson de Pink Floyd – Welcome to the Machine

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/257951.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

 

 

Passage

ImAGE enlacés

Il est fascinant de constater que nous avons souvent besoin d’un événement traumatisant pour en saisir enfin sa beauté de la vie. Et paradoxalement, nous accordons une importance démesurée à notre présence sur terre au détriment de la présence des autres.

Il est bon de prendre la place qui nous est dévolue, non pas par dépit ou défaite, mais par réalisme. Je ne suis pas le début de l’humanité et ma mort n’entraînera pas sa fin. Je suis né quelque part entre le commencement et de la fin du monde.

La sagesse, dans ce contexte, n’est pas de laisser aller, mais d’occuper la place que nous voulons créer. Notre passage et notre vérité sont d’en arriver à dépasser la réaction de lutter contre ce qui nous entraîne tout comme de lutter contre ce qui nous retient.

En fait, être le fruit de notre singularité, la résilience de notre naissance avec une certaine humilité assumée.

Une chanson de Lex Van Someren – Global Anthem

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Propos de Boris Cyrulnik

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Pour trouver le bonheur, il faut risquer le malheur. Si vous voulez être heureux, il ne faut pas chercher à fuir le malheur à tout prix. Il faut plutôt chercher comment – et grâce à qui- l’on pourra le surmonter.

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La réussite n’est pas toujours une preuve d’épanouissement, elle est souvent même le bénéfice secondaire d’une souffrance cachée.

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Notre culture n’a pas assez développé l’éthologie, alors que la découverte du monde animal est bénéfique pour tous. Des éleveurs qui établissent des relations personnelles avec leurs vaches consomment en moyenne très peu de tranquillisants, alors que les éleveurs qui considèrent les animaux comme des choses à abattre et à vendre représentent une population dans laquelle on retrouve un nombre élevé de dépressions. C’est en rendant populaire ce genre d’études que les gens réaliseront qu’il faut diminuer ces massacres et ces tortures. Plus que par la loi, cela se fera grâce à des récits culturels. Dans les pays anglo-saxons, des écrivains, des philosophes ou des scientifiques comme Jane Goodall ont ainsi permis une protection animale plus efficace que la nôtre.

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Le jour où l’on comprendra qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans les zoos et de les avoir humiliés par nos rires.

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Pour moi, le mot dangereux, c’est « un ». Parce que quand il y a UN seul Dieu, UNE seule théorie, UN seul chef, on court vers le langage totalitaire. Quand il y a « deux », quand il y a une comparaison, quand il y a la tolérance pour plusieurs Dieux, plusieurs chefs scientifiques, religieux, laïcs, on peut discuter et on est dans la direction de la démocratie.

Boris Cyrulnik

Une pièce musicale de Hans Zimmer – A Way of Life

Ces matins

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Il y a des matins où je me sens impuissant face aux différents besoins de personnes de mon entourage qui désirent vivre tout simplement, comme moi. Je me sens privilégié de pouvoir répondre à mes besoins essentiels et je suis conscient que ce n’est pas le lot de tous. Moi aussi, je suis passé par là plus jeune et j’ai eu l’aide de tellement de belles personnes, je pense, à Jean-Roch, Geneviève, Pierre, etc.  Mais encore aujourd’hui il y a des enfants qui ont faim, car ils font partie d’une famille qui peine à boucler leur budget et qui doit se tourner vers des banques alimentaires, des conjoints abusés et battus, des personnes âgées se mourant de solitude dans leur petit logement, des gens malades qui rêvent d’un traitement miracle.

Il y a d’autres matins ou la corruption, la surexploitation de la terre, la pollution, la guerre ou l’esclavage soulève un vague à l’âme.

C’est lors de ces matins où je me sens si petit devant tant de misères que je prends la mesure de mes gestes. Car même le plus petit geste d’ouverture à l’autre, par exemple un sourire, contribue à faire une différence.

Lorsqu’il y a des matins où je me sens impuissant, j’essaie de me rappeler tous les gestes merveilleux que j’ai vus dans les derniers mois, de gens comme vous qui par leur générosité, leur solidarité, leur temps précieux et leurs talents, ont fait la différence dans ma collectivité. Ils ont réussi à faire avancer des actions structurantes, accompagnant même des personnes dans leurs moments les plus sombres.

Il y a ainsi beaucoup de matin ou je sais qu’une personne engagée et bénévole fera un petit brin de jasette avec une personne seule, préparera un café réconfortant avec un parent, accompagnera une personne pour l’aider à passer à travers une épreuve, publiera un article pour assainir nos vies, fera une formation sur l’allaitement, aidera une personne à mieux se nourrir, créera un projet au comité citoyen pour agir dans le quartier, et j’en passe.

Tout ce qu’il faut pour changer autour de nous le quotidien de quelqu’un en besoin est à notre mesure. Chacun à sa place, à son échelle, à sa vitesse et à son rythme, chacun peut faire la différence.

Nous ne devrions pas sous-estimer l’impact qu’un petit groupe de personnes réfléchies et engagées peut réaliser contribuant à changer le monde.

Il y a des matins où il faut se le remémorer, nous sommes en mouvement, et même si parfois cela peut paraître décourageant, le lever du jour apporte de nouvelles couleurs à ceux qui ne sont pas dans l’indifférence.

Tout, mais pas l’indifférence!

Une chanson de Jean-Jacques Goldman interprétée par Zaz – Pas l’indifférence

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S’affranchir de la trahison

Nos peurs

C’est lorsque nous vivons une grande blessure dans un contexte de trahison que nous sommes alors confrontés à notre valeur réelle, à notre capacité de résilience.

Doit-on pardonner? Doit-on à tout prix préserver la paix et ainsi maintenir des relations affligeantes?

Tenter de retenir quoi que ce soit, c’est s’attacher, et lentement s’immobiliser.

Le pardon doit être comme les arbres, les rivières et le vent de la nature qui nous entourent. Malgré nos incivilités, ils continuent d’être ce qu’ils sont en partageant la vie.

En regardant autour de nous, nous constatons qu’il y a des personnes blessées par des trahisons et nous nous affligeons parfois des conséquences plus dommageables que les sévices subits.

Changer notre propre nature suite à une atteinte, c’est se perdre, c’est abdiquer. C’est s’infliger une trahison à soi pour répondre à une trahison de l’autre. Pardonner, ou acheter la paix, dans ce contexte, ne fait que nous diminuer, nous agenouiller. Le vrai pardon ne doit rien enlever, il doit ajouter de l’humanité et de la dignité.

Devant toute forme de pertes ou de trahisons, il est important de demeurer digne de soi, digne de vivre, digne d’être ce que nous sommes, digne de nos choix.

Aucun humain, malgré ce qu’il fera de bon ou de mauvais, ne devrait être dépouillé de son estime pour continuer son chemin. Il n’y a aucun joug à tolérer, même ceux imposés par la peur ou la culpabilité. Notre propre nature n’est en rien porteuse de vengeance. Elle est porteuse de gratitude, de compassion et de cette capacité à redonner à la vie.

Une chanson de Playing for change – Mais que Nada

Les paroles de https://www.lacoccinelle.net/278896-sergio-mendes-mais-que-nada.html

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Kintsugi : L’art de la résilience

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Le kintsugi est une véritable école de la patience et de la lenteur. Spontanément, on a envie de passer tout de suite à l’étape-clé, celle où l’on recouvre de poudre d’or les cicatrices laquées, pour voir enfin émerger l’objet dans toute sa splendeur. Mais l’art du kintsugi est là pour nous rappeler que ce n’est pas la destination qui compte, mais bien le chemin.

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Le kintsugi s’inscrit dans la pensée japonaise du wabi sabi (wabi : humilité face aux phénomènes naturels ; sabi : ce que l’on ressent face au travail du temps ou des hommes) invitant à reconnaître la beauté qui réside dans les choses simples, imparfaites et atypiques.

En acceptant de s’ouvrir au wabi sabi, on va à contre-courant des modèles standardisés et artificiels modernes. Le wabi sabi invite au contraire à la contemplation et au détachement par rapport à la perfection. Il souligne le caractère irréversible du temps qui passe et l’aspect éphémère de toute chose, et appelle à apprécier l’humble beauté des choses simples, patinées par les années et les épreuves.

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C’est en remettant à plus tard que l’on se dilue et se perd de vue : chaque occasion manquée vous éloignant de votre but, vous éloignant de vous

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Toutes les études de la psychologie positive convergent : en prenant conscience de notre chance au quotidien, nous augmentons automatiquement notre niveau de bonheur.

Céline Santini dans Kintsugi : L’art de la résilience

Une pièce musicale de Jean-Pierre Rampal & Lily Laskine – Sakura Sakura

 

Un merveilleux malheur

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Quand le mot résilience est né, en physique, il désignait l’aptitude d’un corps de résister au choc, en science sociale il signifie la capacité à réussir à vivre et se développer de façon positive et socialement acceptable en dépit du stress et de l’adversité qui comporterait normalement le risque grave d’une issue négative. C’est comme un ressort invisible qui nous permet de rebondir dans l’épreuve et faire de l’obstacle un tremplin, de la faiblesse une force, des impossibilités un ensemble de possibles.

Puis, le fait de se dire « et maintenant, qu’est-ce que je fais de cette blessure» nous aide à découvrir la partie saine de soi et à partir à la recherche de moyens de se guérir. C’est alors que se tricote la résilience.

La résilience, c’est plus que résister, c’est aussi apprendre à vivre.

La poésie, c’est de transformer la souffrance en oeuvre d’art.

La créativité serait fille de la souffrance. Ce qui ne veut pas dire que la souffrance est mère de toutes les créativités.

Comme dans tout développement on pourra parler de résilience que longtemps après, lorsque l’adulte enfin réparé avouera le fracas de son enfance. La résilience constitue donc un processus naturel qui se tricote avec ses milieux écologiques, affectifs et verbaux. Chacun d’eux sont tributaires les uns des autres.

Boris Cyrulnik dans Un merveilleux malheur

Une chanson de Chloé Sainte-Marie – Toi la mordore

Les paroles sur http://gouttedeau.blog.lemonde.fr/2017/05/13/toi-la-mordore-roland-giguere-par-chloe-sainte-marie/