Celui qui dit vague!

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Je nous imagine parfois comme une vague, dans un océan où toutes les vagues sont en mouvement comme toi et moi, passant par différentes voies. Le mouvement nous pousse vers l’horizon, et nous nous disons que cela est le sens. Chaque déplacement de la masse d’eau conspire à nous pousser vers ce sens, vers ce point où nous espérons toucher l’infini.

Et durant tout le déplacement, nous vivons des tourbillons frénétiques, des courants chaleureux, des soulèvements, des courants froids, des ouragans et des accalmies. Certaines vagues disparaissent, d’autres apparaissent.

Parfois, nous sommes attirés contre une autre vague et nous sommes fascinés par son mouvement, par sa fluidité, sa lumière, ses couleurs, et nous sommes heureux de partager le mouvement d’ensemble.

Il peut arriver que cette connexion et les expériences antérieures de même nature nous permettent de reconnaître en l’autre le grand océan qui nous habite et que nous composons. C’est alors un grand privilège de voir à travers une goutte d’eau le mouvement d’ensemble du grand océan.

Alors, il devient clair que chaque vague est merveilleusement à sa place tout en étant interdépendante. Puis, nous prenons conscience que la quête d’un horizon accessible n’a plus de sens, car, par le corps de la mer, nous sommes déjà réalisés. Quand notre voix s’élève, elle s’ajoute au chant de l’océan qui recompose la vie.

Alors pour celui qui divague, l’océan n’est qu’un réceptacle de vagues. Les autres, sans divaguer, y voient la création infinie de la vie.

Une pièce musicale de John Butler – Ocean

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Juste assez imparfait

PourquoiPas

Il est surprenant de constater que nous faisons parfois des choses qui sont contraires au bon sens. Par exemple, nous savons que manger tel type de nourriture aura un effet négatif sur notre vie, que rester dans l’indécision et procrastiner ne nous fera pas avancer dans la vie, qu’adopter une conduite à grande vitesse nous mettra grandement à risque, que pratiquer des sports de combat entrainera possiblement des lésions et vous seriez capable de prolonger ma liste de beaucoup d’autres exemples.

Parfois, cela donne l’impression que ce n’est pas toujours ce qui paraît juste et vrai que nous désirons faire. Se mentir ou ne pas s’écouter permet de vivre un temps mort, et d’autre fois par un voile d’insouciance, nous voulons sortir des sentiers battus et franchir nos propres limites.

Quelle est la voie de passage entre la vérité et le fait que nous savons très bien qu’il s’agit de faire les mêmes choses que les autres pour penser de la même façon?

Bien sûr la majorité des personnes veulent vivre une vie qui a du sens, sans souffrance et porteuse de vérité bienveillante. Mais, nos parcours de vie ne sont pas tracés dans une terre où tout est bien départagé. Le terreau est un mélange toujours en changement.

Nos choix sont souvent l’expression d’une adaptation entre ce dont nous avons besoin, ce qui nous apparaît juste et ce qui donne du sens. Et il arrive souvent que ces trois paramètres ne soient pas alignés. Mais c’est sur cette base que nous apprenons à être singulier, authentique et adapté à notre imperfection.

Une chanson de Daniel Bélanger intgerprétée par Ariane Moffatt – Imparfait

Les paroles sur https://genius.com/Daniel-belanger-imparfait-lyrics

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Traversée en solitaire

Carolyn-Carlson

On ne saurait voguer, en même temps, sur plusieurs fleuves. Au niveau symbolique, un fleuve désigne une voie. Sauf exception, il est sans doute plus sage de conserver son propre cours d’eau comme lieu de pèlerinage. Toutefois, si on en choisit un autre, parce qu’il semble mieux convenir, il importe de ne pas mépriser celui qu’on a quitté.

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Au niveau spirituel, il peut survenir un instant où on se retire d’un fleuve, en tant que voie, afin de plonger dans l’eau vive, qui les réunit tous. La lumière se passe de formes. Ce qu’on lui demande, c’est d’éclairer.

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Pour l’ami des mystères, le sens de sa démarche, le but de son pèlerinage consiste à s’approcher du point ultime de sa dimension de profondeur, c’est-à-dire de son fond. A cet égard, les guides sont peu nombreux. Haedewijch, Eckhart, Tauler et Ruusbroec se présentent comme des initiateurs.

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Quand le monde invisible s’entrouvre, le recueillement devient festif. Au-dedans, une atmosphère de fête se déroule. Et, cette joie, propulsée dans l’espace, rejoint tous « les mendiants de l’Absolu ».

Marie-Madeleine Davy dans Traversée en solitaire

Une chanson d’Enya – Orinoco flow

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/295827.html

Graines de sens (2)

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Dans la journée, quand le soleil brille, on ne distingue aucune autre lumière dans le ciel, car celui-ci est totalement saturé par la lumière solaire. C’est seulement une fois que notre astre disparaît derrière l’horizon dans un dernier flamboiement de couleurs que les millions d’étoiles s’allument dans le ciel et se révèlent à nos yeux émerveillés, traçant dans le firmament nocturne toutes sortes de figures et motifs que les hommes n’ont eu de cesse de déchiffrer. Ce n’est également qu’à la faveur de la nuit que la lune peut nous offrir la douceur particulière de son rayonnement…

De manière analogue, dans la vie de l’être humain, tant que la raison et l’intellect nous aveuglent de leurs brillants éclairages, souvent superficiels, elles nous dissimulent toutes les autres sources de lumière. Pour contacter les étoiles, ces lumières spirituelles supraconscientes qui peuplent notre ciel intérieur, il faut s’abandonner à la méditation, à la prière ou à la contemplation. En effet, ces pratiques font disparaître le mental à l’horizon de nos pensées et lui substituent le rayonnement stellaire qui a toujours guidé les hommes, cette lumière première dont l’espace obscur est pourtant saturé, une lumière curieusement invisible dont la raison n’offre qu’un pâle reflet. Alors, dans cette nuit intérieure, une fois le mental couché, même notre lune intérieure – symbole de l’imagination féconde et des reflets de l’inconscient – peut elle aussi déverser sur nous ses trésors: c’est là que nous viennent les inspirations et la créativité.

Ne laissez pas le soleil de la raison monopoliser votre ciel intérieur, au risque que sa lumière – dont une juste dose est utile et nécessaire – ne transforme votre jardin intérieur en un triste et brûlant désert. Laissez leur part aux étoiles et à la nuit, et récoltez chaque matin la rosée qui s’est délicatement déposée en vous.

Olivier Clerc dans Graines de sens

Une pièece musicale de Deuter – Language Of Silence

Rencontre

 

Une vie est composée d’escales qui s’entrecoupent de voyages entre la naissance et la mort.

Certains partent en voyage pour s’éloigner du boulot, de la routine, du quotidien et de ce qui est souvent inavouable. On peut voyager pour tourner une page et repartir dans une autre histoire.

D’autres voyagent pour combler leur soif de rencontres. Ils recherchent la part de soi dans l’Autre, permettant de se comprendre, de s’écouter et de s’aimer.

Dans tous les cas, nous allons minimalement découvrir des humains comme on découvre un temple, avec respect et dans le silence, en attente d’une révélation. De même, ils nous feront goûter la cuisine locale et découvrir les coutumes et l’artisanat local.

L’exotisme à cette faculté de nous faire regarder le quotidien avec des yeux nouveaux.

On ne peut pas partir avec l’assurance de se rencontrer. On ne peut pas partir avec l’assurance de rencontrer l’Autre.

Toute rencontre déterminante est fortuite, un baiser de l’inattendu, un bonheur fugace et fragile.

La rencontre, c’est ce croisement de deux chemins créant l’endroit et l’instant précis où tout sens unique devient inutile. C’est cela le grand voyage.

 

Une pièce musicale de Enya et Vangelis – Voyager

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Notre humanité

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Qu’est-ce qui a du sens? Qu’est-ce qui est de la plus grande importance dans la vie?

Est-ce réellement ce que nous aurons accompli?

Avoir réussi des réalisations par son métier ou par l’expression de son art est certainement gratifiant. Avoir mis au monde quelque chose par soi, nos enfants. Avoir planté de la vie sur un bout de terre, avoir accompagné sans trop s’immiscer ou encore avoir composé des chansons, avoir écrit quelques lignes. Tout cela a rempli notre vie d’instants de bonheur.

Toutefois, par delà toutes ces réalisations qui importent, je ne le nie pas, l’accomplissement par le don, le partage de notre essence m’apparaît au cœur de notre humanité et de notre raison d’être. Je me sens encore si loin de cet idéal.

Par exemple, lorsque nous référons au mot « pardon », qui de sa source Latine per-donare exprime la « perfection du don », il y a matière à trouver un sens. Dans cette voie de la perfection du don, il y a une indication de se libérer de ses chaînes et de se pardonner à soi-même d’avoir blessé autrui, de s’être laissé blesser, et de reprendre un regard neuf et serein sur la beauté infinie qui nous entoure au lieu de nous cantonner dans nos ruminations.

Ce n’est pas que la vie n’a pas de sens, ce qui nous ensorcelle c’est cette idée qu’elle doit n’avoir qu’un sens, qu’une perspective et qu’une vision.

Qu’est-ce qui compte ? Peut-être d’être inter relié à la vie, en osmose, en phase et de participer, de se donner pour entretenir plus que soi, notre humanité.

 

Une chanson de HK – J’ai marché jusqu’à vous

Les paroles sur https://asile.ch/2017/02/07/hk-kaddour-hadadi-jai-marche-jusqua/

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Les sens de la vie

Nous vivons parfois de beaux paradoxes en tant qu’humains. Notre esprit tente de diriger toute notre vie vers un sens et nous amène parfois à des lieux qui n’ont pas de sens.

La personne qui ne trouve pas de sens ou de raison à sa vie va être malheureuse, son esprit va chercher continuellement le sens à la vie.

Pour celle qui a une raison de vivre, cela va souvent se traduire par une réponse ciblant le travail. Habité par ce sens, cela lui permet d’endurer beaucoup de privations et d’épreuves, notamment de ne pas vivre selon ses désirs profonds.

La personne contracte des obligations, elle adopte un rythme de vie qui fait en sorte qu’elle ne préoccupe plus réellement d’être humain. Dans le monde du faire, ce qui a du sens c’est d’agir sur des solutions, sur des dossiers, de remplir puis de vider des classeurs physiques ou virtuels.

C’est connu, si on laisse aller un peu, rapidement les classeurs seront tout mélangés, et nous serons affectés dans notre capacité à faire du sens dans nos occupations.

Et nous avons la contrepartie, notre nature propre qui nous interpelle avec la dimension d’humaine. Le sens du sacré, le sens d’être, l’univers du sentir.

Chacun, dans nos propres cheminements, nous découvrons et nous décodons les signes qui attitrent notre œil, parfois par des personnes, parfois par des lectures enivrantes ou par des œuvres percutantes qui nous inspirent et nous mènent plus loin dans notre voie singulière et unique.

Mais aussi…

Nous vivons avant tout de sens, par l’esprit et la chair, et malgré les dispositions de l’esprit, notamment la rigueur, qu’imposent le travail, les croyances, les démarches artistiques ou les théories, nous sommes des êtres sensibles, réceptifs au plaisir, à la réponse à nos désirs, à jouir de la vie. Une belle chanson, un bon thé, un bon jeu, un bon film, un bel amour. Rester au lit, sur une tonne de matelas moelleux, est une expérience mémorable.

Apprendre à intégrer les sens de l’esprit et les sens de la chair dans notre parcours humains est un grand projet. Il est tellement plus facile de nier nos sens, et de se pardonner de rechute en rechute.

S’élever avec sens. Se préoccuper d’être, accepter de s’émerveiller au lieu de juste comprendre. Accepter de partager ses émotions au lieu de se refouler de préoccupations. Vivre et habiter l’esprit et de la chair par les sens comme si c’était l’essence de la vie.

Il est intéressant d’apprendre à laisser tomber les a priori, les conventions artificielles, pour revenir à la question ultime. Qui d’autre que moi peut vivre ma vie?

Qui d’autre que moi peut réaliser ce que je veux réellement faire?

Une chanson de Robert Charlebois – Sensation

Les paroles sont sur http://www.robertcharlebois.com/include/parole.asp?chanId=58

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