Archives du tag ‘vacuité

La vitesse du temps   1 comment

vagues

Il est fascinant de constater que plus nous avons l’impression que le temps passe vite, plus nous sommes en phase avec nos attentes. Nous ne voyons pas le temps passer lorsque nous créons un œuvre, lorsque nous sommes avec une personne que nous aimons, lorsque nous faisons quelque chose qui nous satisfait grandement.

Cela ne veut pas nécessairement dire que c’est bon. Passé des jours à jouer à des jeux, à consommer des substances nous fait perdre la notion du temps, nous sommes en phase avec des attentes qui nous éloigne de soi.

Par contre, lorsque nous sommes déphasés, le temps s’égraine avec une lenteur insupportable. Souvent, nous ressentons cela lorsque nous faisons ce que nous n’aimons pas, lorsque nous endurons, subissons, nous entreprenons un labeur sur une trop longue période, cela semble attiser l’ennui. Ces moments de perte de temps (en fait le temps bat toujours au même rythme, c’est l’illusion de la vitesse qui se perd) me font penser à ces voyageurs dans un aéroport qui attendent suite à un départ annulé, ils n’ont plus de repères et ils sont là à regarder filer les autres avions un a un. Ils sont déphasés par rapport aux autres qui sont en mouvement.

Comment vivre pleinement, si lorsque tout va bien et que nous sommes heureux, le temps s’évapore, tandis que lorsque tout va mal, il se fige et nous retient en mauvaise posture? Cela peut paraître injuste. Et pourtant, c’est la vie, telle quelle est, en apparence. Faut-il développer la résilience et l’acceptation de notre mort éventuelle pour bien vivre?

Peut-être, car l’illusion de la vitesse du temps s’évanouit à l’Instant de la Rencontre, là où personne n’est autre, et personne n’est soi. Une simple présence consciente à l’instant.

Une pièce musicale de John Butler – Ocean

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 6 février 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Le goût de la clarté   Leave a comment

ImAGE soleil

Ferme les yeux, oublie le temps, oublie toutes les distances de ce monde qui te font désirer être en contact avec tout ce qui s’y trouve.

Ne laisse pas un but se dessiner, et ne tend pas vers un état que tu devrais réaliser.

Reprends simplement contact avec l’instant, le goût de la clarté, l’émotion de la lumière, les improbables subtilités qu’apporte chacune des couleurs.

Glisse-toi entre le jeu des ombres et de lumières et apprécie que tout se pose comme un présent précieux.

La clarté peut-être retournera alors ton regard pour te rappeler ta propre beauté singulière.

 

Une pièce musicale de Ludovico Einaudi – Life

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Publié 22 janvier 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Non duel   1 comment

image-fleur

Lorsque je me mesure tout le temps par rapport à vous, faisant des efforts pour être à votre image, je me nie moi-même, donc je crée une illusion.

Lorsque je comprends que toute comparaison, quelle qu’elle soit, ne peut que conduire vers de nouvelles illusions et de nouveaux maux, j’élimine complètement cette façon de penser, tout comme j’élimine l’analyse psychologique, l’étude de moi-même morceau par morceau, ou mon identification avec quelque chose d’extérieur à moi, une idéologie, un Sauveur, l’Etat?

Lorsque je vois que ces processus ne mènent qu’à intensifier des conformismes, c’est-à-dire des conflits, je les écarte résolument. Alors je ne suis plus dans un esprit de recherche et c’est cela qu’il est important de comprendre: je ne tâtonne plus, je ne cherche plus, je ne consulte plus personne. Ce n’est pas que je sois satisfait des choses telles qu’elles sont, mais je ne suis plus encombré d’illusions, et lorsque mon esprit s’est ainsi affranchi , il peut se mouvoir dans une autre dimension.

La dimension dans laquelle nous vivons habituellement, cette vie quotidienne faite de douleur, de plaisir et de crainte, nous a conditionné l’esprit, a limité sa nature, et lorsque cette douleur, ce plaisir et cette crainte ont disparu (ce qui ne veut pas dire que l’on soit sans joie: la joie est toute autre chose que le plaisir), l’esprit peut alors fonctionner dans une dimension où n’existe aucun conflit, aucun sens de séparation entre le moi et l’autre.

Jiddu Krishnamurti

Une pièce musicale de Jean-Pierre Rampal & Lily Laskine – Sakura Sakura

 

Publié 29 décembre 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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Se poser   1 comment

contemplation

Voyager sans laisser de traces de pas.

Parler sans un mot pour se faire entendre.

Compter sans utiliser un seul chiffre.

Garder sans utiliser une serrure ou une clé.

Lier sans utiliser de cordes pour nouer.

Être sans seconde nature parmi les humains.

Se nourrir du silence sans rien abandonner.

C’est en prenant cette pose immobile,

que l’espace et le temps s’éteignent furtivement

 

Une pièce musicale de Shakti ~ Peace Of Mind

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Vacuité   Leave a comment

ImAGE Varanési

Étant illuminés, les bodhisattvas montrent la Doctrine quand ils enseignent que tous les dharma se situent dans l’espace, qu’ils ne sont ni venus ni partis, qu’ils sont tel l’espace qui n’est ni venue ni parti, ni façonné, ni effectué.

L’espace ne dure pas …, il est ni produit ni arrêté. Ainsi en est-il de toutes choses : point de différenciation en elles, non plus que dans l’espace…

Car la vacuité des choses ne va ni ne vient; toutes choses demeurent dans la vacuité sans jamais la quitter; elles résident dans le sans-signe, sans prise en considération, sans tendances inconscientes, sans production, sans naissance, sans existence…

Aṣṭasāhasrikā Prajñāpāramitā Sūtra ou Perfection de la sagesse

Une pièce musicale The Song of the Butterfly

Publié 17 décembre 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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L’emprise des codes   Leave a comment

ImAGE voyage

Différents codes viennent organiser nos vies.  L’emprise du nombre en est un bon exemple. Avec des symboles, de zéro à neuf, nous pouvons quantifier, classer et ordonner ce qui nous entoure. Grâce à ce code, nous pouvons commercer et changer notre vie selon le mode de l’avoir et nous situer dans le temps. La seule limite, ce qui ne peut être dénombré, ce qui n’a pas de substance, en fait ce qui ne peut être compté. Pour aller encore plus loin, un code a été inséré dans cette emprise du nombre et permet avec un simple duo, zéro et un, ouvrir la perspective d’un monde virtuel.

L’emprise des lettres, qui prend différentes formes selon la langue utilisée, et les symboles en nombre différents qui les composent, nous permet d’exprimer la réalité, ce que nous vivons, ce que nous pensons. La seule limite pour exprimer nos pensées ou décrire la réalité est le vocabulaire accessible. L’emprise des lettres nous permet d’établir des relations de toutes sortes, souvent de pouvoir, et de changer notre vie selon un mode de l’avoir tout en nous situant dans le spectre du temps (passé, présent, futur).

L’emprise de la foi est un autre code, encore là, tout dépendant du véhicule qui viendra définir les dogmes, les croyances et les principes, la réalité et le vécu personnel seront encodés dans une réalité permettant de définir la relation entre soi et les autres, entre soi et le monde ou encore l’entité suprême. Ce code permet de réaliser une quête de l’être, soit dans une perspective de temps cyclique impliquant une certaine forme de retour, ou une perspective de temps linéaire, impliquant un ailleurs hors du monde connu.

On ne pourrait passer sous silence le code de la voie scientifique incluant la philosophie, qui repose sur la démonstration logique, intégrant le code des mots et des nombres notamment, pour encore là, définir notre relation avec le monde et l’univers dans une quête de l’être. Le temps selon cette approche prend différentes formes, jusqu’à n’être pour certains qu’une représentation de l’esprit.

Tous les codes qui représentent des lunettes, des aides techniques pour apprécier la réalité et la vie sont accessibles et connus.

Nous avons tous parcouru l’apprentissage de ces codes lors de notre cheminement académique.  Et pourtant, des voies différentes ont été empruntées, l’un devenant un comptable, l’autre une linguiste, l’autre un religieux, l’autre une scientifique, et ainsi de suite,  il y a tellement de cas de figure possibles, en passant du politicien à la chamane.

Et si tous ces codes, que nous glorifions dans nos différends sous forme de guerres ou de jeux d’opposition, n’étaient que l’expression du fonctionnement de l’esprit humain? Bien qu’utiles et stimulants, ces différents codes imposent une représentation de la vie prédéterminée.

D’autres perspectives, en lien avec les expériences directes, par exemple l’amour, nous font basculer parfois en dehors de nos repères. Nous parlons alors d’une autre configuration ou il y a l’acceptation de ce qui est, simplement, intensément, momentanément et par delà ce qui était voulu.

Se libérer du prévisible et du connu implique non pas de nier différents codes, mais de transcender toutes représentations du monde et vivre pleinement d’instants par notre propre nature.

Une chanson du Cirque du soleil – Alegria

Les t=paroles traduites sont http://paroles-traductions.com/chanson/montrer/324348/cirque-du-soleil/paroles-et-traduction-alegria/

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2017 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas couper ou modifier les textes et le contenu sans mon approbation, merci.

Maître Hakuin   Leave a comment

ImAGE encens

« Comme la vérité est proche !

Dans certains monastères au Japon on peut lire cette inscription sur le sol de l’entrée :

«Regardez sous vos pieds.»

Parfois on dit :

« C’est juste devant votre nez.»

Mais c’est encore beaucoup plus intime. Je suis, du matin au soir, un courant continuel de connaître, une symphonie sans fin de connaître, un flux et un reflux de connaître ; je ne quitte jamais le connaître, le connaître est toujours présent, toujours présence.

C’est un grand mystère, et en même temps ce n’est pas un mystère .

Un mystère peut être connu, mais il ne peut être exprimé.

Qui peut dire ce qu’est connaître? Ce n’est pas un mystère parce que c’est connaître, et connaître ne peut faire autrement qu’être exprimé. Pénétrer cela apporte une paix qui n’est pas une paix dénuée de conflit, mais une paix qui voit que le conflit aussi est connaître. Les oiseaux volent dans les airs, les poissons nagent sous l’eau; les humains vivent dans le connaître.

Un vieil hymne hindou chante: «Mon Seigneur est dans mon œil, c’est pourquoi – je le vois partout.»

Ça ne peut pas être plus près.

Quand on inspire, connaître inspire connaître; quand on expire, connaître expire connaître. C’est tout.

Combien ici vont s’exclamer : «Je me demande ce qu’il veut dire par là.» Ou bien : «Ce doit être plus compliqué que ça.» Ou encore: «Sait-il vraiment de quoi il parle?»

Toutes ces questions sont sans importance.

Cherchez par vous-mêmes.

Peu importe tous ces gens qui disent ceci ou cela, regardez par vous-mêmes. »

 

Albert Low Dans la forge de maître Hakuin

Une pièce musicale Kitaro – Mercury

Publié 8 décembre 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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