Vacuité et physique quantique

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On m’a demandé récemment pourquoi j’étais intéressé par la science et par la spiritualité alors que ces domaines semblent incompatibles. La question m’a fait prendre conscience que je m’intéresse avant tout à développer un savoir qui me permettrait de mieux me comprendre et de mieux comprendre le monde.

Je ne vois pas de contradiction entre le concept de vacuité (śūnyatā), véhiculé par le bouddhisme exprimant l’inexistence de tout caractère fixe et inchangeant, et d’autre part, certains travaux en physique quantique qui démontrent que la matière solide de ce qui semble composer notre réalité pourrait n’être rien d’autre que des fluctuations quantiques au milieu de l’univers vide.

Imaginons que nous nous sommes rencontrés il y a un mois.  En nous revoyant aujourd’hui, nous avons la perception en général que rien n’a changée.  Mais, dans les faits, nous ne sommes plus tout à fait les mêmes. Nous sommes constamment en mouvement et en changement.

Le corps humain contient des milliards de cellules et il est en permanence assujetti à leurs morts et à leurs régénérations. Toutefois, ce processus n’est pas vécu au même rythme selon les différents organes et cellules.

D’une part, nous avons des cellules à régénération rapide. Par exemple, les cellules de notre sang dans les globules blancs sont les premières cellules du système immunitaire à lutter contre les maladies et un grand nombre d’entre elles se vivent que quelques heures. Puis, les cellules de notre intestin et de notre estomac ne vivent que quelques jours avant d’être évacuées par l’organisme. Plus coriaces en raison des agressions extérieures, les cellules de notre peau se régénèrent totalement en quelques semaines.

D’autre part, il y a des cellules à régénération plus lente. Par exemple, il y a les cellules qui constituent nos muscles, et particulièrement le myocarde dont seulement 1% des cellules sont régénérées chaque année après l’âge de 20 ans. Bien sûr, on peut aussi penser aux os, bien qu’ils ne soient pas constitués de cellules, mais sont formés par ces dernières. Il peut falloir une dizaine d’années pour qu’ils soient totalement régénérés.

Enfin, il y a des cellules qui ne se régénèrent pas. Notamment, chez les femmes les ovocytes, ces cellules sexuelles. De même, les dents ne se régénèrent pas tout comme les neurones du cortex cérébral.

Par-delà les cellules, les parties de notre corps changent. Pensons aux cheveux qui poussent tout le temps, qui changent lentement de couleur et qui tombent à tout instant.  Il y a aussi la peau qui est toujours en changement, entre l’effet des rayons du soleil, les blessures, les éruptions et les sillons de l’âge. Et vous pourriez continuer la liste.

Alors, oui lorsque nous nous rencontrons à nouveau, bien que nous nous reconnaissions, nous ne sommes plus pareils, tant au niveau de notre constitution qu’au niveau de notre façon de voir le monde. Au cœur des changements successifs que nous avons connus, la stabilité de notre corps est assurée la contribution collective découlant du travail de chacune de nos composantes.

Et, c’est cette impermanence tout comme l’interdépendance de tous les éléments qui me constitue, qui me permet de vivre un nouvel éveil chaque jour.

Une chanson de Shakti – Face to face

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