Archives du tag ‘vacuité

Suivre les signes   Leave a comment

ImAGE Liberté

La petite feuille du grand arbre! Si la feuille était douée de conscience, ne serait-elle pas, en automne, sous l’emprise du sentiment de sa mort prochaine?

Assurément, si sa conscience ne contenait rien d’autre que la feuille, la feuille en soi. Alors elle sentirait qu’elle jaunit, qu’elle commence à sécher, qu’elle va bientôt tomber, jouet du vent, victime de puissances destructrices.

Supposons maintenant que la feuille puisse avoir conscience que ce qui vit en elle n’est pas seulement la feuille mais en même temps l’arbre.

Elle saurait alors que sa vie et sa mort annuelles sont un mode d’être de l’arbre. Elle serait consciente que la vie de l’arbre est en elle, que la Vie inclut non seulement sa petite vie mais sa petite mort. Et instantanément, l’attitude de la feuille, face à la vie, et face à la mort serait transformée; l’angoisse disparaîtrait et tout prendrait un autre sens.

Les angoisses de l’humanité correspondent à celles de la feuille qui s’arrête à sa conscience de feuille, c’est-à-dire qui est prisonnière de la petite réalité immédiate, des sens, de la raison et, qui est incapable de sortir de ses frontières.

A la conscience que nous avons en général de la vie, manque la conscience de notre être profond. Pour que celle-ci puisse percer, il nous faut réviser celle-là, reconnaître combien elle est bornée. Il nous faut prendre au sérieux les heures privilégiées de notre existence, c’est-à-dire en reconnaître les signes, et laisser s’épanouir la grande Vie qui est en nous.

Seulement ainsi, pouvons-nous entrer en contact avec notre être vrai. Car cet être est notre façon individuelle de participation à la Grande Vie. Et la maturité, qu’est-elle d’autre que la manifestation de notre participation à travers notre vie quotidienne?

Devenir un avec la source de notre être : tel est le chemin de la maturité intérieure. Le tout est de comprendre les signes, de les écouter, et de les suivre fidèlement.

 Karlfried Graf Dûrckheim  dans La percée de l’être 

Une chanson de Leonard Cohen – Steer Your Way

Publié 18 août 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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La nature d’un autre   Leave a comment

Bouddha vert

 

Un moine demanda à un maître Zen :  » Chacun est censé avoir la nature du Bouddha. L’ai-je ? »

Le maître répondit : « Non ! »

Alors le moine demanda : Les Écritures Bouddhistes nous enseignent que chaque chose est investie de la nature de Bouddha, comment se fait-il que je ne la détienne pas ? Les arbres et les rochers, les rivières et les montagnes ont tous la nature de Bouddha. S’il en est ainsi, pourquoi pas moi ? « 

Le maître répondit :  » Les chats, les chiens, les montagnes, les rivières ont tous la nature de Bouddha, pas toi. »

Le moine atterré demanda : « Pourquoi pas ? »

Le maître  dit : « Parce que tu le demandes ! »

cité par Daisetz Teitaro Suzuki dans Les chemins du Zen

 

Une chanson de Eric Aron – Kalpa

Publié 10 août 2017 par dandanjean dans Contes, Pauses lectures

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Tous ces petits miracles   Leave a comment

ImAGE l'expérience

J’ai toujours pensé que je ne croyais pas au miracle, mais un jour j’ai pris conscience que c’était faux. Il y a toujours une part en nous qui attend l’improbable et qui s’accroche à cet espoir. Tous, nous avons ce point en commun, surtout ceux qui le nient.

Le miracle répond à une attente consciente, tandis que le désespoir est la réponse de la dérive de la raison.

Par exemple, lorsque nous nous prosternons devant un objet inerte et sans vie, pour qu’il nous procure la force ou le courage pour réaliser quelque chose, ce comportement relève du prodige et appelle le miracle.

Pour ceux qui regardent cette situation de façon pragmatique, ils verront un individu donner ses espoirs à la matière afin de taire ses peurs et de laisser place au courage.

Pour ceux qui regardent cette situation avec le cœur d’un dévot, ils verront un individu parler avec l’âme divine hébergée dans la matière et se connecter au message prophétique.

Pour le passeur, il verra un individu faire un mouvement lui permettant d’illustrer sa part sacrée et d’écouter ce qui vient du fond de son être à travers le reflet de l’objet inerte.

Les miracles de la vie peuvent prendre différentes formes et susciter différentes perceptions. On ne devrait jamais juger dans le but de profaner la vie. Les miracles ne sont surtout pas des illusions, mais une forme intelligente de résistance au désespoir.

Une chanson de Leonard Cohen – Waiting for the miracle

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Publié 1 août 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Derrière votre idole   Leave a comment

masque

 

J’ai longtemps imaginé être ce personnage.

Je l’ai vu tant de fois dans mes rêves.  Puis, un le jour, j’ai pris conscience d’une distinction avec cette idole, ce personnage.

J’entendis cette voix, cet écho d’être, me parler de ma vie.

Par la suite, est apparu par bribes de conscience lors d’événements, ce questionnement : Suis-je réellement cette représentation que je me suis faite de moi-même?

Bien sûr, nous accolons souvent la notion d’éveil à la notion de prise de conscience.

Mais est-ce à dire que nous rêvons longtemps avant de connaître un éveil à soi?

Est-ce à dire que nous portons en nous une part lumineuse qui attend son lever du jour?

Il est intéressant de prendre du recul au regard de notre idole, notre personnage et de lâcher-prise sur cette volonté de contrôle de soi, de contrôle de cette vie, de contrôle des autres.  Il est possible de juste apprécier ce qui est et l’accepter.

Ce point de recul qui peut donner le vertige, en équilibre sur le seuil de la matrice à projection, bien qu’il nous laisse seul, offre pourtant cette vision d’ensemble qui nous permet ce nouvel émerveillement.

De ce point de vue, l’évidence apparait que je n’ai plus besoin d’acter l’expression de ma vie.

De ce point de vue, il est possible de trouver l’énergie et le courage pour cesser de travailler à améliorer le personnage fictif afin de vivre pleinement sa nature propre.

En prenant le temps de regarder, il est facile de repérer ces personnes par leur nature joyeuse dans le mouvement.

 

Une chanson d’Yvon Deschamps interprétée par Patrice Michaud – Je suis moi

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L’émerveillement et les nuages   2 comments

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As-tu regardé le ciel aujourd’hui?

Il y avait de beaux nuages et lorsque nous prenions le temps de nous arrêter, il était possible de débusquer des formes d’animaux, quelques cœurs, des rivières, des montagnes et même des visages humains. As-tu vu ces scènes de la vie?

Non, j’ai bien vu les nuages, mais je n’ai rien vu de tout ce que tu me parles. Je regardais sans porter réellement attention aux choses.

Alors tu as manqué quelque chose de vraiment beau!

Es-tu certain que ces formes ont vraiment existé? Es-tu certain que ce n’est pas ton imagination qui a dessiné la vie?

Je suis encore tout rempli de ces images, et je peux te dire que je me suis même pincé pour m’assurer que je ne rêvais pas.

Tu as vécu quelque chose d’unique aujourd’hui que seul toi pourras porter.

Mais j’aurais tellement voulu que tu puisses vivre cela?

Je n’ai pas vu ce que tu as vu, je n’ai pas ressenti ce que tu as ressenti. Je ne portais pas vraiment attention, c’est pourquoi, je ne peux pas affirmer que j’aurais pu le voir. Nous voyons tous passer dans notre esprit des pensées, des images, des émotions et nous sommes capables parfois d’en contrôler le flux et d’en comprendre le sens. Ce que nous en exprimons n’est qu’une infime partie. Mais est-ce important?

Tu as raison.

Mon ami, sache que je ne doute pas de toi, et que je n’ai pas besoin de déformer tes visions pour t’apprécier, car c’est ton émerveillement qui me touche avant tout.

Tu viens tout juste de m’apprendre, par cet échange, que l’émerveillement a besoin d’attention pour se révéler et non le contraire.

Une chanson de Kansas – Dust in the wind

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Conte pour s’éveiller   Leave a comment

ImAGE Lever de terre

En Inde, il existe une histoire sur Dieu, Brahma, qui se trouvait tout seul. Rien d’autre n’existait que Brahma, et il s’ennuyait à mourir. Il décida donc de jouer à un jeu, mais il n’y avait personne avec qui jouer. Il créa donc une déesse magnifique, Maya, simplement pour pouvoir s’amuser. Lorsque Maya apparut et que Brahma lui expliqua le but de son existence, elle dit :

” D’accord, jouons donc au jeu le plus merveilleux qui soit. Mais tu dois faire ce que je dis.”

Brahma donna son accord, et suivant les instructions de Maya, créa l’univers tout entier. Il créa le soleil et les étoiles, la lune et les planètes. Puis il créa la vie sur terre : les animaux, les océans, l’atmosphère. Tout.

Maya lui dit :

“Ce monde d’illusion que tu as créé est magnifique. Je veux maintenant que tu crées une sorte d’animal qui soit si intelligent et conscient qu’il apprécie ta création.”

Brahma créa donc les humains. Et quand il eut achevé la création, il demanda à Maya quand le jeu allait commencer.

“On commence tout de suite.” dit-elle.

Elle prit Brahma et le coupa en milliers de minuscules morceaux qu’elle mit en chaque être humain. Elle dit alors :

“Le jeu commence. Je vais te faire oublier qui tu es, et tu essaieras de le découvrir par toi-même ! Maya créa le Rêve, et à ce jour Brahma essaie toujours de se rappeler qui il est. Brahma est là, en vous et Maya vous empêche de vous souvenir de qui vous êtes.

Lorsque vous vous éveillez du Rêve, vous redevenez Brahma et vous recouvrez votre divinité. Alors si Brahma en vous, dit :

“- Bon, je suis éveillé ; mais qu’en est-il du reste de moi ?”

Comme vous connaissez les astuces de Maya, vous pouvez partager la vérité avec d’autres qui pourront aussi s’éveiller.

Miguel Ruiz La Maîtrise de l’amour : L’Art des relations

Une pièce musicale de Kitaro – Heaven and earth

Contes pour sortir du cadre et du rêve   Leave a comment

sortez-du-cadre

Moi, pauvre taoïste, flânant dans la montagne en suivant l’odeur des fleurs, mes paroles ne sont pas belles et les fleurs ne pleuvront pas du ciel… Comment présenter ce qui se présente sans représentation et sans prendre la branche pour la racine ?

À travers ces pages nous nous plongeons dans la clarté d’esprit des hommes du Tao. Ici des écailles, là des griffes, ces maîtres de la liberté sont comme des dragons dans les nuages.

Quand un chien aboie contre une ombre, les autres chiens font de même. Ainsi des moutons de la société avec lesquels on bêle ou les loups du pouvoir avec lesquels on hurle. De ce monde on a souvent les pieds puants et les mains crasseuses comme si l’on se trouvait dans une impasse sordide à la tombée de la nuit…

Mais, même si votre coeur est aussi couvert de plaies qu’un poisson d’écaillés, écoutez donc ces contes du Tao relégués au fond d’un palais déserté. Déroutés par la route sans route, faites signe aux anciens Sages comme on appelle le personnage d’un tableau à descendre de son cadre. Ils viendront ! Comme au sortir d’un rêve…

Daniel Giraud Récits de sagesse d’Extrême-Orient : Récits du Tao, du Tch’an et du Zen

Une chanson avec Joan Baez et Maxime Le forestier – Les choses les plus simples

Publié 2 juillet 2017 par dandanjean dans Contes

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