Archives de février 2007

Merci Paolo   4 comments

Il y a quelque temps, j’étais à Genève pour une série d’interviews.  À la fin de la journée de travail, comme une amie avait annulé le dîner, je suis sortie me promener dans la ville.  La nuit était particulièrement agréable, les rues désertes, les bars et les restaurants débordants de vie, tout paraissait absolument serein, en ordre, joli, et soudain…
 
…soudain, je me suis rendu compte que j’étais absolument seul.
 
Évidemment, j’avais déjà été seul très souvent cette année.  Évidemment, quelque part, à deux heures d’avion, ma compagne m’attendais.  Évidemment, après une journée agitée comme celle-là, rien na valait une promenade dans les rues et les ruelles de la vieille ville, sans avoir besoin de parler à personne, à contempler la beauté qui m’entourait.  Mais la sensation qui est apparue était un sentiment de solitude oppressant, angoissant; je n’avais personne avec qui partager la ville, la promenade, les commentaires que j’aurais aimé faire.
 
J’ai attrapé le mobile que j’avais sur moi, finalement j’avais un bon nombre d’amis dans cette ville, mais il était trop tard pour appeler qui que ce soit.  J’ai envisagé la possibilité d’entrer dans un bar, de commander un verre, j’étais quasi certain que quelqu’un allait me reconnaître et m’inviter à m’asseoir à sa table.  Mais j’ai résisté à la tentation et j’ai voulu vivre ce moment jusqu’au bout, découvrant qu’il n’est rien de pire que de sentir que personne ne s’intéresse à notre existence ou à nos commentaires sur la vie, que le monde peut parfaitement continuer à marcher sans notre présence encombrante.
 
J’ai commencé à penser aux millions de personnes qui à ce moment-là se sentaient inutiles, misérables – si riches, charmantes, séduisantes soient-elles – parce que cette nuit elles étaient seules, qu’elles l’étaient hier et qu’elles le seraient probablement demain. Des étudiants qui n’ont trouvés personne avec qui sortir, des personnes âgées devant la télévision comme si c’était l’ultime salut, des hommes d’affaires dans leurs chambres d’hôtel, se demandant si ce qu’ils font a un sens, des femmes qui ont passé l’après-midi à se maquiller et à se coiffer pour aller dans un bar et faire semblant de ne pas être à la recherche d’une compagnie, voulant simplement se confirmer qu’elles sont encore attirantes; les hommes les regardent, engagent la conversation, et elles rejettent toute approche d’un air supérieur, car elles se sentent inférieures, elles ont peur que l’on ne découvre qu’elles sont mères célibataires, qu’elles ont un emploi minable, qu’elles sont incapables de parler de ce qui se passe dans le monde vu qu’elles travaillent du matin au soir pour subvenir à leurs besoins et n’ont pas le temps de lire les nouvelles du jours.
 
Des personnes qui se sont regardées dans le miroir et se trouvent laides, pensent que la beauté est fondamentale et se résignent à passer leur temps à regarder les magazines dans lesquels tout le monde est beau, riche et célèbre.  Des maris et des femmes qui viennent de dîner et aimeraient causer comme ils le faisaient autrefois, mais il y a d’autres préoccupations, d’autres choses plus importantes, et la conversation peut attendre jusqu’un lendemain qui n’arrive jamais.
 
Ce jour-là, j’avais déjeuner avec une amie qui venait de divorcer et me disait:  Maintenant, j’ai toute la liberté dont j’ai toujours rêvé.  C’est un mensonge!  Personne ne souhaite ce genre de liberté, nous voulons tous un engagement, quelqu’un qui soit à nos côtés pour voir les beautés de Genève, discuter de livres, d’interviews, de films, ou partager un sandwich parce qu’il n’y a plus d’argent pour en acheter deux. Il vaut mieux en manger la moitié d’un que le manger entier tout seul.  Il vaut mieux être interrompu par l’homme qui désire rentrer vitre chez lui parce qu’ily a un grand macth de foortball à la télévision, ou par la femme qui s’arrête devant une vitrine et s’arrête au milieu de son commentaire sur la tour de la cathédrale – que d’avoir Genève toute entière à soi, tout le temps et toute la tranquillité du monde pour la visiter.
 
Il vaut mieux avoir faim que de reste seul.  Parce que quand vous êtes seul – je ne parle pas de la solitude que nous choisissons mais de celle que nous sommes obligés d’accepter – c’est comme si vous ne faisiez plus partie de l’espèce humaine.
 
Le bel hôtel m’attendait de l’autre côté du fleuve, avec sa suite confortable, ses domestiques attentionnés, son service de toute première qualité, et je me sentais encore plus mal, car j’aurais dû être content, satisfait de tout ce que j’avais réussi.
 
Sur le chemin du retour, j’ai croisé d’autres personnes dans la même situation que moi, j’ai noté chez elles deux sortes de regards: arrogants quand elles voulaient feindre d’avoir choisi la solitude au coeur de cette belle nuit, ou tristes si elles avaient honte d’être seules.
 
Je raconte tout cela parce que je me suis souvenu récemment d’un hôtel à Amsterdam, d’une femme qui était près de moi, parlait avec moi, me racontait sa vie.  Je raconte tout cela parce que même si l’Ecclésiaste dit qu’il y a un temps pour déchirer et un temps pour coudre, le temps pour coudre laisse parfois des cicatrices très profondes.  Le pire, ce n’est pas de se promener dans Genève seul et misérable, c’est donner à une personne qui est près de vous l’impression qu’elle n’a pas la moindre importance dans notre vie.
 
Paolo Coelho, Zahir page 208
 

Publié 26 février 2007 par dandanjean dans Pauses lectures

L’autre rive   Leave a comment

 

Là-bas, sur l’autre rive
Un voyage pour l’âme
Parcours d’une vie
 
Dévoiler la vraie nature
De son espace d’humanité
Parcours sinueux sur soi
 
Nous sommes des chandelles
Que nous devons consumer
Pour rendre la vrai nature
 
Énergie de flamme
Qui se dépose en nous
Quelle bénédiction !

Publié 22 février 2007 par dandanjean dans Voyages et errances

Méditation   Leave a comment

Montréal, Londres, Paris,
New York, Athènes, ou Pékin
C’est partout la même vie
Le même soleil au jour
La même lune la nuit
Des humains qui s’activent
Et cherchent de leurs mains
Le bonheur du soir
Le pouvoir sur leur vie
Le bonheur de ce soir

Publié 19 février 2007 par dandanjean dans Textes de mon cru

Plaques de voiture à Cuba   Leave a comment

À Cuba la couleur de la plaque d’une voiture nous renseigne sur son propriétaire. 
Ainsi lorsque l’on voit une plaque de couleur Bleu, on sait que le véhicule appartient à l’État.
 
Si la plaque est de couleur verte, il s’agit d’un véhicule appartenant < l’armé.
 
Une plaque de couleur brune nous révèle que le propriétaire est un diplomate.
 
Lorsque la plaque est blanche, le véhicule appartient à un gouverneur ou un ministre.
 
Une plaque rouge est utilisée pour les véhicule de location.
 
Une plaque jaune nous informe que le véhicule appartient à un citoyen…
 
Enfin une plaque orange, nous informe que le propriétaire4 est une coop ou une compagnie….
 
Tout un système…
 

Publié 18 février 2007 par dandanjean dans Voyages et errances

Maître isons-nous   Leave a comment

Au fil de mes voyages, ma vision du monde change.  J’ai rencontré des penseurs, des maîtres de différentes disciplines, des marcheurs ou routards, des amis et des inconnus. J’ai souvent été fasciné par ces gens qui disaient détenir quelque chose de spéciale, un savoir, une technique, une approche…  J’ai tombé quelque fois dans l’exploration de ces savoirs, de ces mondes, avec je dois l’avouer, une certaine ouverture, dirons nous aujourd’hui une certaine naïveté.  J’ai participé à des rencontres bizarres, des soirées initiatiques qui parfois avaient plus l’allure de rencontres entre individus qui ont marchandés leur détresse pour quelques rituels ou invocations permettant de calmer le doute. 

Aujourd’hui je constate que le doute ne peut se dissoudre derrière les recettes toutes faites, les incantations, les rituels…Bien que ces stratégies fonctionnent souvent dans certains contextes, elles ont tendances à calmer le coeur, apaiser l’esprit au lieu d’avant tout guider sur la voie.

Les gens qui se disent maître, ou qui se disent descendants de ceux-ci, et du fait même revendiquent être le gardien d’un savoir, d’une sagesse, détenteurs des secrets de la vie par leur connaissance d’une technique capable de donner à quiconque une capacité quelconque, aujourd’hui, me font peur.  A les regarder vivre au quotidien, avec un peu de recul, on constate bien que la déconnextion avec la tradition est évidente, leur art de vivre n’est qu’un voile sur leurs travers et leurs doutes quotidiens.

Les personnes qui m’ont le plus touchées sont celles qui ne se définissaient pas comme des maîtres ou héritier d’une tradition, mais ceux dont le regard, les gestes, les paroles ne visaient qu’à faire de nous des maîtres de notre vie, de notre voie.  Leurs contacts sont sans intention.  On ne paie pas pour découvrir leur sagesse, leurs techniques.  Ils sont des guides sur un parcours non prévu.  Leurs techniques visent à enseigner l’art d’être en soi dans le moment, à décoder les signes, et non pas à dépendre du savoir d’un autre.  Ils ne sont pas des êtres qui veulent être reconnus pour leur savoir, ils sont des êtres qui veulent juste donner un coup de main.

Les plus beaux cours viennent quand nous sommes prêt, et non pas quand il faut suivre les pas d’un autre…

Le voyage est un parcours qui nous ouvre à cette capacité à improviser la vie… pour innover une voie.

Publié 13 février 2007 par dandanjean dans Textes de mon cru

La maladie   Leave a comment

Lorsque les hommes sont malades, certains éléments du corp et de l’esprit changent, et les symptômes font qu’ils se ressemblent. 

Ils perdent ainsi leurs particularités, voilà la maladie.

Publié 13 février 2007 par dandanjean dans Textes de mon cru

Méditation   Leave a comment

Méditation
   
La nature paraît chaotique dans le fait qu’elle est le réservoir d’infinies possibilités.  Notre conscience n’est rien d’autre qu’un insignifiant îlot flottant sur un océan.
 
Mais de ce petit observatoire, il nous est donné de percevoir l’immensité de l’inconscient lui-même.
 
 
 
Tout ce qui est extérieur à l’individu le persuade qu’il n’est rien.
 
Tout ce qu’il lui est intérieur le persuade qu’il est tout

 

Publié 13 février 2007 par dandanjean dans Textes de mon cru

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