Archives de août 2007

Chansons de noces   Leave a comment

 

Dans beaucoup de régions du Tibet, les noces sont accompagnées de chansons. Les chanteurs peuvent provenir de la famille du marié ou de la mariée ou être des invités ; on trouve également des chanteurs professionnels engagés, certains sont même des moines. Quoi qu’il en soit, ils chantent bien. Cependant, comme les chansons font partie de la noce, les chanteurs doivent observer certaines règles. Par exemple, à Rutög, préfecture de Ngari, il existe une « collection des chansons de mariage de Rotög », léguée de génération en génération et basée sur les canons bouddhiques.

 

Certains disent que c’est la princesse Wencheng de la dynastie des Tang qui l’aurait apportée au Tibet, lorsqu’elle est venue épouser Songtsan Gampo, roi des Tubo ; certains autres disent que l’histoire de la collection remonterait à 200 ans tout au plus. Quoi qu’il en soit, cette collection a déterminé une formule à observer lors des noces. Elle contient tellement de thèmes, que très peu de chanteurs peuvent les exécuter tous par cœur ; même les chanteurs professionnels, les porteurs de bonheur comme on dit souvent, doivent apporter la collection avec eux pour la consulter. Elle comprend treize parties touchant divers sujets : flèche colorée, divinité, invités, mont enneigé ; roches, porte, qingke, etc. ; d’autres encore, telles que la présentation de la flèche colorée, l’offrande du hada, les questions-réponses, l’adieu, la prise de chapeau, etc., doivent être exécutés lors de certaines cérémonies. Certaines de ces chansons sont répétées à plusieurs reprises, par exemple, la coiffe, la flèche colorée, l’adieu, etc.

 

Le chant est très important, parce qu’il décidera du moment du début de la cérémonie. En fait, le chanteur représente le financé, et la qualité de son chant est le facteur décisif du moment auquel on ira chercher la fiancée. Le chanteur doit passer trois épreuves : la première, au début du chemin allant de la maison du fiancé à celle de la fiancée, la deuxième à mi-chemin, et la troisième à la porte de la maison de la fiancée. Lorsque les messagers envoyés par la famille de la future mariée rencontrent le chanteur à mi-chemin, ils lui offrent le hada et une coupe d’alcool de qingke. À ce moment, le chanteur doit se mettre à chanter et déployer tous ses talents. S’il ne chante pas bien, il ne passera pas l’épreuve. Parfois, certains chanteurs échouent pendant 10 ou 20 jours, jusqu’à ce que les messagers fassent preuve d’indulgence et lui demandent d’offrir plutôt un hada.

 

La troisième épreuve est la plus difficile à réussir. À son arrivée à la porte de la maison de la fiancée, le chanteur commence à entonner l’ode à la Coiffe, parce qu’à ce moment, on offre une coiffe au moine et une autre à la porte. Après avoir placé la coiffe près de la porte, le chanteur entonne encore des odes à la robe, aux parures, à la flèche, etc. s’il chante bien, il sera applaudi chaleureusement et chantera plusieurs fois. Le lendemain, lorsque la fiancée part vers la famille de son fiancé, le chanteur engagé par la famille de la future mariée chante à son tour. Lorsque la fiancée entre dans la maison du fiancé, au mariage, au banquet et au départ des convives, les deux chanteurs entonneront encore des chansons. Ces chanteurs engagés sont souvent accompagnés d’autres chanteurs, comme l’oncle maternel de la mariée. Lorsque ce dernier amène la fiancée à la maison du fiancé, il doit chanter, sinon il ne pourra même pas descendre de son cheval. Au moment où la mariée propose un toast, tout le monde chante avec elle. Plus un invité chante bien, moins il devra boire. S’il ne veut pas s’enivrer, il doit chanter beaucoup et être habile à répondre aux questions en chantant. Cette scène est une bonne occasion de faire preuve de ses talents. Les chants mêlés de rires se font entendre tout au cours des jours de noces.

Publié 28 août 2007 par dandanjean dans Voyages et errances

Et passent les jours…   Leave a comment

 

Parfois, on se demande qu’est-ce que devient notre vie ? 

Y a t’il une quête, le temps est-il une illusion ? 

Un soir, une discussion avec Daniel devant un café.

 

Et passent et passent les jours

Ou l’on grandit, ou l’on mûrit

Et passent et passent les saisons

Ou l’automne vient, ou la mort revient

 

Et ou l’on retourne à la terre

D’où l’on est né

Pour y déposer ses meilleurs

Chairs en germe

 

Et passent et passent les années

Ou l’arbre grandit à lui-même

Et passent et passent les vies

Ou l’on parcourt son chemin

 

Pas à pas humblement

Et ou de germe en germe

De saison en saison

De vie en vie

 

L’on refait tous les pas

Des plus petits aux plus grands

Où l’on refait toutes les étapes

Des plus humbles aux plus majestueuses

 

Pour finir par s’en apercevoir

Que l’on ne part que pour mieux revenir

Que germer à soi, l’on retourne toujours à soi

N’en étant différent que par…

  

La hauteur de sa bassesse

La force de sa faiblesse

La clarté de son ombre

La profondeur de sa simplicité

 

Oh, tout comme l’arbre

Qui de ses travaux porte

Les rameaux les plus hauts

Aux soleils les plus éloignés

 

Et ses racines les plus basses

Au plus profondes des terres

                                                            Dans la toute humilité                                                                    De celui qui se sait 

Publié 24 août 2007 par dandanjean dans Textes de mon cru

Un autre recul au Tibet   Leave a comment

Voici un article concernant une des mes grandes préoccupations.  J’ai décidé de vous en faire part afin de partager un peu de cette folie.

 

Au Tibet, le pouvoir chinois veut contrôler

l’identification des "Bouddha" vivants

 

LE MONDE | 04.08.07 | 13h28    Mis à jour le 04.08.07 | 13h28

            Au Tibet, il est désormais illégal de se réincarner sans autorisation : le gouvernement chinois vient d’introduire une réglementation originale pour contrôler les vies multiples des fameux "Bouddha vivants" dont les âmes sont censées se réincarner tout au long d’une chaîne ininterrompue de renaissances : les monastères affirmant avoir décelé des "tulkus" (lamas réincarnés) dans leur voisinage devront, à partir du 1er septembre, demander une autorisation au département des affaires religieuses de leur province, seule instance habilitée à approuver de tels phénomènes…

 

L’affaire est sérieuse : derrière le ridicule apparent d’une telle mesure se cache la volonté du régime chinois de contrôler la religion au Tibet où, en 1951, Pékin envoya son armée réaffirmer sa souveraineté sur ce pays à l’époque indépendant.

 

Le gouvernement a beau avoir écrasé tout "séparatisme" potentiel alors que plusieurs moines et nonnes bouddhistes rebelles continuent de croupir dans les prisons de la "Région autonome du Tibet", le pouvoir entend bien garder la main sur la façon dont les monastères organisent leur vie religieuse.

 

La question des réincarnations chez les lamas ou moines tibétains est éminemment politique. Quand, en 1995, il s’était agi de de remplacer le panchen-lama, numéro deux de la hiérarchie bouddhiste tibétaine, il y eut conflit entre Pékin et le gouvernement en exil du dalaï-lama : celui-ci vit en Inde depuis sa fuite du Tibet, en 1959.

 

Après que ce dernier eut reconnu le jeune Gendun Choekyi Nyima, âgé de 6 ans, comme la 11e réincarnation du panchen, les autorités chinoises s’emparèrent de la tulku. Devenu aujourd’hui un jeune homme, il n’est jamais reparu et nul n’a plus jamais entendu parler ni de lui ni de ses parents. Le régime pékinois décida de choisir un autre "réincarné", un jeune Tibétain élevé à Pékin qu’il exhibe régulièrement dans le pays pour asseoir sa légitimité de grande figure du bouddhisme tibétain…

 

Un rare incident, que vient de signaler, vendredi 3 août, l’organisation International Campaign for Tibet et Radio Free Asia (RFA), illustre bien à quel point ces affaires de réincarnations ne sont décidément pas anodines : à Lithang, un district tibétain de la province du Sichuan, des centaines de personnes ont récemment été arrêtées après qu’un homme eut publiquement appelé au retour du dalaï-lama au Tibet. Runggye Adak, 53 ans, aurait grimpé sur une estrade érigée à l’occasion d’une course de chevaux, hurlant que la dernière réincarnation du panchen-lama devrait être libérée ! L’homme a été interpellé et la police a dû disperser une manifestation de soutien à l’audacieux orateur en tirant des coups de feu en l’air.

 

Les visites régulières de délégations envoyées de l’Inde en Chine par le dalaï-lama n’ont donné aucun résultat tangible quant à un éventuel accord entre Pékin et le chef de l’Eglise tibétaine. Ce dernier soutient n’avoir aucune ambition politique, souhaite revenir dans son Tibet "comme un simple moine" et proclame urbi et orbi que le Tibet appartient à la Chine.

 

Pékin fait la sourde oreille et ne cesse d’accuser le dalaï-lama de "séparatisme", entretenant un dialogue de sourds qui fait penser que les autorités chinoises jouent la montre. A la mort du "pape" tibétain, âgé de 72 ans, le régime pourra choisir sa propre réincarnation de l’"océan de sagesse", assurant sa mainmise définitive sur une religion dont ce dernier reste une personnalité révérée avec passion au Tibet chinois.

             

Publié 6 août 2007 par dandanjean dans Débats à partager

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