Archives de septembre 2007

La Fête Xuedun   Leave a comment

 

Bien qu’elle trouve son origine dans le monastère, la fête Xuedun est aujourd’hui un festival profane. Le mot xue signifie yaourt et dun veut dire banquet. Xuedun signifie le banquet à yaourt.

 

Selon les préceptes bouddhiques, les lamas devaient suivre une retraite de trois mois entre le printemps et l’été en vue de la récollation et de la préparation religieuse dans l’enceinte du monastère. Au début de juillet, ils étaient autorisés à sortir pour pratiquer des activités religieuses. Comme c’est la saison de la production de laitages, les lamas en dehors se nourrissent de yaourts que les fidèles leur servaient. Cette coutume durait jusqu’au XVIIe siècle. Mais la tradition est devenue une fête profane au fil du temps.

 

Aujourd’hui, la fête Xuedun est l’occasion des réjouissances et des spectacles. Durant le festival, des troupes venues de tous les coins du Tibet se produisent à Lhasa.

Publié 28 septembre 2007 par dandanjean dans Voyages et errances

Habillement des Tibétains   Leave a comment

Le costume traditionnel tibétain, appelé chuba, est un manteau épais attaché par une ceinture et ouvrant sur le côté droit, s’adaptant bien au climat froid du Tibet. Il comprend l’habit ordinaire et le vêtement de fête.

 

Habillement 

 

Les habits de l’homme et de la femme diffèrent par la grandeur de la manche. L’homme a des manches plus larges que celles de la femme.

 

Durant la fête, le Tibétain porte le plus souvent la chemise blanche à col et à boutons, tandis que la couleur du chemisier de la Tibétaine est variée, avec un col à revers, mais sans bouton. La femme porte une longue robe noire, bleue ou marron à longues manches, avec à hauteur de la ceinture un tablier ornemental (si elle est la mariée) fait de bandes bariolées. Quand elle danse, le flottement de longues manches ajoute à l’élégance des mouvements de son corps.

 

Les étoffes des vêtements varient selon les climats des régions. Les citadins sont vêtus de lainage, tandis que les montagnards portent un vêtement en tissu de poil de yack et de laine de mouton ou simplement une pièce de fourrure.

 

Bonnet

 

Les Tibétains chaussent des bottes en feutre. Ils sont coiffés de feutres ou de jolis bonnets de fourrure (lapin, loutre ou léopard). Leur chapeau de fête, fait en tissu lamé or, donne un éclat rutilant. D’habitude, les femmes portent des nattes enroulées couvertes d’un fichu, ou ornées de jolies épingles à perles pour certaines. Les jours de fête, elles mettent des coiffes très belles.

 

Bijoux

 

Les Tibétaines aiment se parer de bijoux (pectoral à pendentifs, bague, bracelet, etc). Ces bijoux sont le plus souvent ciselés, et incrustés de gemmes : corail, ambre, agate, turquoise ou jade vert.

 

Les moines et lamas sont vêtus en robes grenat foncé et coiffés de bonnets jaunes.

Publié 25 septembre 2007 par dandanjean dans Voyages et errances

Quelques éléments clés du bouddhisme 5   Leave a comment

Une tara est une entité spirituelle féminine du bouddhisme Mahayana, la contrepartie du bodhisattva de la compassion, Avalokitesvara. Le bouddhisme tibétain vénère 21 taras. Les plus importantes sont Tara la Blanche, qui incarne le Verbe, et Tara la Verte, symbole de la délivrance. Ces deux divinités sont parfois confondues avec l’épouse chinoise et l’épouse népalaise de Songtsen Gampo. Les femmes vertueuses sont considérées comme étant des taras.  

 

Un tulkou est une émanation du Bouddha sous forme humaine. Au Tibet, ce terme s’applique également aux lamas réincarnés. Une traduction plus ancienne et moins précise était Bouddha vivant. Les dignitaires des écoles du bouddhisme peuvent avoir plusieurs tulkou. Ce fut le cas de quelques Karmapas. Cette multiplication des réincarnations a engendré parfois des querelles successorales. 

 

Un tulpa est la matérialisation d’une forme mentale. Selon les croyances tibétaines, il arrive que des êtres humains dotés d’une forte puissance de concentration mentale parviennent à matérialiser le produit de leur pensée. Celui-ci prend alors une forme naturelle, visible et palpable. Généralement, cette créature disparaît à la fin de l’expérience; mais il arrive aussi qu’elle échappe au contrôle de son créateur pour suivre sa propre voie, ce qui ne manque pas d’être inquiétant. Alexandra David-Neel témoigne d’expériences de ce type auxquelles elle aurait participé. 

 

Les dakinis sont des divinités de nature féminine qui dansent dans les airs. Démones buveuses de sang dans la mythologie brahmaniste, elles sont, dans le bouddhisme tibétain, des divinités protectrices parfois représentées avec des têtes d’animaux. 

 

Un vajra est une arme de jet assimilée à l’éclair. Dans le culte bouddhiste tibétain, il symbolise le diamant, c’est-à-dire ce qui reste une fois les apparences évanouies. 

 

Publié 24 septembre 2007 par dandanjean dans Voyages et errances

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Quelques éléments clés du bouddhisme 4   Leave a comment

Le karma, ou acte, est le lien de causalité en vertu duquel le futur des êtres (soit dans cette vie, soit lors d’existences postérieures) est déterminé par la qualité, bonne ou mauvaise, de leurs actes présents et passés. Il est essentiel d’avoir un bon karma. Mais celui-ci n’est pas le fruit du hasard ni celui d’une volonté divine qui présiderait à la destinée humaine. Il ne dépend que de nous-mêmes. 

 

La prière n’est pas exclue du bouddhisme. Mais elle est plus adressée à soi-même qu’à un dieu. Elle prend la forme de répétition de formules sacrées, les mantras ou instruments de pensée. Le mot mantra signifie « protéger l’esprit ». La récitation de la formule empêche de s’égarer dans des pensées vulgaires. Agiter un moulin à prière contenant un mantra, jeter en l’air des chevaux du vent, morceaux de papier sur lesquels sont écrits des mantras, disposer dans le vent des drapeaux de prière… ont la même vertu que de prononcer les mantras.  Le bouddhisme tibétain, on l’a vu, met en exergue la compassion. Il faut oublier son moi pour se consacrer entièrement à autrui. Il prône la charité. Celui qui nourrit un pieux ermite accomplit un acte méritoire qui lui permet de rompre partiellement le cycle des réincarnations. La sainteté de l’ermite ne profite pas seulement à lui. Elle se répand aussi comme une grâce sur le monde. C’est pourquoi on tient le moine et l’ermite comme des acteurs les plus utiles de la société.  

Publié 23 septembre 2007 par dandanjean dans Voyages et errances

Quelques éléments clés du bouddhisme 3   Leave a comment

Un être dont les fautes et les bonnes actions s’équilibrent, et qui s’est éveillé à la connaissance de la vanité des phénomènes, connaît la félicité du nirvana, du non créé. Il ne se réincarne pas, sauf s’il le souhaite, par altruisme, pour aider les autres, jusqu’à ce que tous puissent atteindre la perfection. Dans ce cas il devient un bodhisattva. Les bodhisattvas constituent l’un des éléments les plus importants du bouddhisme tibétain. On voit le rôle que la compassion y joue. Mais cette compassion n’est pas, comme en Occident, le produit de la sensibilité. Elle découle de la connaissance de la place occupée par chaque être, du plus infime vermisseau à l’homme, dans la chaîne des réincarnations successives qui conduisent à l’éveil. C’est donc plutôt une sorte de solidarité fraternelle. 

 

On appelle samsara, ou migration, la suite des renaissances au sein des différentes conditions d’existence auxquelles un individu ne peut se dérober tant qu’il n’a pas obtenu la délivrance. L’enchaînement au samsara est la conséquence des trois racines du mal, la haine, le désir et l’ignorance. Les conditions de la renaissance sont conditionnées par le karma de chacun.

 

La roue de l’existence se retrouve dans presque tous les sanctuaires. Yama, le seigneur de la mort, la tient entre ses griffes. Elle est constituée de trois cercles concentriques. Celui du milieu contient trois animaux qui symbolisent les racines du mal: le sanglier (l’ignorance), le serpent (la haine) et le coq (le désir). Le cercle intermédiaire se divise en six cases qui représentent les six états de l’existence: le monde des titans et des assura; celui des dieux; celui des humains; celui des preta, avares déchirés par la faim et la soif; celui des enfers; celui des animaux. Le cercle extérieur illustre l’enchaînement des causes qu’il faut briser, grâce à l’enseignement bouddhiste, pour parvenir au nirvana. On y trouve: l’ignorance primordiale (un aveugle); les impulsions mentales (des potiers symboles de malléabilité); la conscience instable (des singes); la personnalité (deux hommes dans une barque); les six sens (six maisons vides); le contact (deux amoureux); la sensation aveugle (deux flèches dans les yeux); la soif (un buveur); l’appropriation (un singe attrapant des fruits); le devenir (une femme enceinte); la naissance (un accouchement); la vieillesse et la mort (un homme portant un cadavre); ces différents stades s’engendrent les uns les autres. Les deux derniers cercles s’explorent dans le sens des aiguilles d’une montre en partant du haut, sous la tête de Yama à gauche. 

Publié 21 septembre 2007 par dandanjean dans Voyages et errances

Quelques éléments clés du bouddhisme 2   Leave a comment

La mort ne met pas fin aux tribulations d’un individu. Il n’y a pas d’enfer ni de paradis. L’âme du défunt n’est pas définitivement pesée dans la balance du bien et du mal pour être récompensée, en prenant place parmi les élus, ou punie éternellement, en tombant chez les damnés. Il n’y a pas non plus de limbes pour les enfants. Et les animaux ont aussi leur place dans la chaîne des vies qui conduisent au nirvana. 

 

Si la notion de jugement dernier est étrangère au bouddhisme, celui-ci admet cependant la possibilité de catastrophes. Par suite de la mauvaise conduite des êtres, une période peut se clore. Une nouvelle période s’ouvre. Un nouveau Bouddha apparaît et l’enseignement reprend. C’est pourquoi, il existe plusieurs Bouddhas: le Bouddha du passé qui correspond à une période antérieure; le Bouddha du présent, Sakyamuni, et le Bouddha du futur, Maitreya, qui relancera le perfectionnement des êtres lorsque le monde actuel sera devenu tellement mauvais qu’il se détruira. Après lui, des milliers d’autres Bouddhas viendront encore. 

 

Le bouddhisme pressent la pluralité des mondes. Tout ce qui existe ici existe aussi ailleurs. Tout ce qui est absent ici est aussi absent ailleurs. Il n’est pas opposé à l’évolution. On passe par tous les stades, la germination de la graine, la naissance par l’oeuf avant celle du mammifère. Tous les êtres, et non seulement les hommes, peuvent atteindre l’état de Bouddha. 

 

La réincarnation s’impose d’elle-même comme une conséquence de ce qui précède. Mais il ne s’agit pas du passage d’une âme dans un autre corps. La réincarnation peut être celle du corps, celle de la parole, celle de l’esprit, celle de la qualité ou celle de l’activité du disparu. Plusieurs réincarnés peuvent correspondre à un même défunt. Un être humain peut revenir en animal et celui-ci en être humain. 

 

Lorsqu’une personne meurt, elle traverse une période transitoire comparable au sommeil, le bardo, avant de renaître sous une ou plusieurs autres formes. La maîtrise des rêves permet de traverser cette période transitoire sans perdre le souvenir des vies antérieures. Autrement, celles-ci sont oubliées. La renaissance n’est pas une récompense mais une punition. Elle intervient pour permettre au mort de se racheter dans une autre vie. Elle sera d’autant plus pénible que le réincarné a beaucoup de mauvaises actions à contrebalancer.  

Publié 20 septembre 2007 par dandanjean dans Voyages et errances

Quelques éléments clés du bouddhisme   Leave a comment

Bouddha n’est pas un dieu. C’est un être humain qui s’est éveillé à la connaissance de la loi universelle, qui l’a formulée et qui l’enseigne aux autres êtres. Cette loi comporte des aspects religieux, sociaux, politiques et métaphysiques. C’est l’ordre naturel de tout ce qui est, et qu’un être conscient se doit d’observer. C’est-à-dire le dharma. Celui-ci signifie bien sûr devoir, loi, mais aussi unification de la bonne religion, de la bonne philosophie et de la bonne science.  

 Les enseignements du Bouddha sont comparés à une roue qui se déplace de pays en pays s’adaptant à l’environnement et aux inclinations de leurs habitants. La roue du dharma, symbole de la doctrine, décrit comment celle-ci forme un tout immense, cohérent, n’ayant ni commencement ni fin. Elle se compose d’un moyeu, de rayons et d’une jante. Le moyeu représente l’exercice de la discipline éthique, les rayons l’application de la sagesse,  la jante l’exercice de la concentration. 

Pour le bouddhisme, la vraie réalité est le non créé. Les phénomènes ne sont que des apparences qui s’enchaînent en cycles sans fin. L’idée d’une fin brutale, apocalyptique, d’un jugement dernier, lui est étrangère. D’ailleurs, il n’existe pas de juge des bonnes et des mauvaises actions. Celles-ci doivent s’équilibrer au cours de multiples vies pour que l’on atteigne l’idéal, et que l’on devienne un Bouddha. On n’efface pas une faute. On la compense par de bonnes actions. Aucune damnation ne condamne le fautif à la géhenne éternelle. La punition est dans la vie. La faute entraîne inévitablement sa contrepartie dans cette existence ou dans une autre. 

Publié 18 septembre 2007 par dandanjean dans Voyages et errances

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