Jonathan Livingstone le goéland de Richard Bach

Johatan

…un jour, Jonathan Livingstone le Goéland, tu apprendras que
l’irresponsabilité ne paie pas. La vie, c’est peut-être pour toi
l’inconnu et l’insondable, mais nous, nous sommes mis au monde pour
manger et demeurer vivants aussi longtemps que possible !

Un goéland jamais ne réplique au Grand Conseil ; pourtant la voix de Jonathan s’éleva :

– Irresponsabilité ? Mes frères ! s’écria-t-il, qui donc est plus
responsable que le goéland qui découvre un sens plus noble à la vie et
poursuit un plus haut dessein que ceux qui l’ont précédé ? Mille années
durant, nous avons joué des ailes et du bec pour ramasser des têtes de
poisson, mais désormais nous avons une raison de vivre : apprendre,
découvrir, être libres !

Om

elevation

En ce moment il n’y a rien,

Que le vide, que l’absence…

Tous les sons se perdent, toutes les images se perdent

En ce moment il n’y a rien

Il n’y a pas de sens…

Pas de paroles qui touchent, de pensées qui résistent

 

En ce moment il n’y a rien,

Ce qui est vrai devient faux

Le tourbillon des émotions devient onde

En ce moment il n’y a rien

Que l’on soit laid ou beau

Gras ou mince, quel sens lorsque l’essentiel est infini

 

En ce moment il n’y a rien

Imparfait comme parfait

Le sacre du moi se perd dans cette prise de conscience

En ce moment il n’y a rien

Dans l’espace qui se défait

J’erre en m’accrochant à mes repaires en partance…

Matthieu Ricard et Trinh Xuan Thuan : L’Infini dans la paume de la main : Du big-bang à l’éveil

Mains du monde

Notre façon de décrire le monde est conditionnée par le fait que notre
expérience quotidienne ne nous permet de l’observer qu’à l’échelle
macroscopique, laquelle jouit d’une plus grande stabilité. Il est fort
probable que si nous avions constamment le monde miscrocopique sous les
yeux, nous n’attibuerions aucune solidité au monde extérieur. La
perception que nous avons de ce monde dépend entiérement du point de vue
selon lequel on se place (…) L’observateur ne fait qu’isoler un
certain spectre d’aspects qui n’ont d’autre réalité que celle d’une
interaction particulière entre l’observation et la globalisation,
c’est-à-dire entre une conscience et l’ensemble dont elle fait partie.
Ce qui nous appelons réalité n’est donc qu’un certain « regard » de la
conscience.