Créathon 2018 – Université Senghor

Le Créathon est un concours d’innovation numérique et pédagogique qui invite les participants à mettre leur imagination au service de la création de connaissances et de richesses. Pour y parvenir, ils doivent, débattre, partager, collaborer… Un vrai travail d’équipe !

Créathon 2018 – Canopé, AUF, Université Senghor

C’est une chose étrange à la fin que le monde

ImAGE plumes envol

Les hommes découvrent et ils inventent. Quand ils découvrent, les unes après les autres, les lois cachées de la nature et ce qu’ils appellent la vérité, ils font de la science. Quand ils se livrent à leur imagination et qu’ils inventent ce qu’ils appellent de la beauté, ils font de l’art. La vérité est contraignante comme la nature. La beauté est libre comme l’imagination.

Copernic découvre. Galilée découvre. Newton découvre. Einstein découvre. Et chacun d’eux détruit le système qui le précède.

Homère invente. Virgile invente. Dante invente. Michel-Ange, Titien, Rembrandt, Shakespeare, Racine, Bach et Mozart, Baudelaire, Proust inventent. Et aucun d’entre eux ne détruit les œuvres qui le précèdent.

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Il n’y a jamais eu qu’un roman : c’est le roman de l’univers. Et il y a un seul romancier : c’est moi.

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Il y a l’amour, le savoir, l’intelligence, la curiosité, l’ambition et tous leurs succédanés : la rivalité, la haine, l’envie, la jalousie, la fureur, la bêtise, la folie. Il y a la guerre, le chagrin, le malheur, la révolte. Vous mettez tous cela ensemble, vous secouez le puzzle, vous en faites tomber des morceaux, vous peignez des Vierges, des courtisanes et des pommes, vous sculptez des saints et des héros, vous élevez des pyramides, des temples, des cathédrales, des échangeurs et des ponts suspendus, vous écrivez des romans, des tragédies, des Mémoires, des symphonies, des systèmes de l’univers, des manuels du pêcheur ou du parfait bricoleur et des théogonies. Vous aimez vous souffrez, vous vous souvenez, vous vous massacrez, vous découvrez des vieux : c’est le roman du monde.

Jean d`Ormesson dans C’est une chose étrange à la fin que le monde

Une pièce musciale de Ludovico Einaudi – Oltremare

La folie de l’artiste : créer au bord de l’abîme

Thierry Delcourt présente son ouvrage « La folie de l’artiste ».

Comment Francis Bacon réussit à maîtriser son histoire chaotique en la mettant en scène dans sa peinture violente et souffrante ?

Comment Alberto Giacometti, tel un funambule au bord de la chute, cherche à représenter l’énigme d’une perception de l’être qui ne cesse de lui échapper ?

Comment Vaslav Nijinski, fabuleux danseur et chorégraphe des Ballets Russes, sombre dans la folie après avoir subi des traumatismes dans son enfance ?

Comment Antonin Artaud, confronté à des traumatismes infantiles, oscille toute sa vie entre une création débordante et des accès de folie?

Comment Vincent Van Gogh, pour atteindre le sommet de son art, se met en danger dans sa recherche créative jusqu’à basculer dans le suicide ?

Comment Camille Claudel s’épuise dans sa vie et sa création passionnées pour finir internée sans plus jamais créer ?

Comment Niki de Saint-Phalle, grâce à l’expression artistique, parvient à se soigner d’une dépression profonde liée au traumatisme de l’inceste ?

Pourquoi certains artistes basculent dans la folie tandis que d’autres traversent l’existence sans encombre ?

Pourquoi certains malades trouvent un mieux-être, et parfois la guérison, en créant ? Pourquoi la nécessité obsédante de nombreux artistes à créer sans relâche ?

À chaque éveil

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J’ai longtemps pensé que le monde est un livre et que le voyage permettait d’en tourner les pages une à une. Je croyais que ceux qui refusent de voyager ne font que regarder la reliure du livre du monde.

Pour qu’un déplacement se transforme en un voyage, la maigie de vivre et le rêve doivent l’habiter.

J’avais l’impression, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, que le fait de vivre dans mon pays, dans mes affaires, dans mes meubles, me permettait d’exister. En regardant la fenêtre, je me disais parfois que voyager c’est vivre.

Rêver est le meilleur moyen de se perdre et de se retrouver en même temps. Toute vie peut devenir un voyage à travers le temps et l’espace. Il est possible de vivre un grand voyage par les voies de la lecture, par les voies de l’art, par les voies de la recherche ou par les pas sur la terre sacrée qui voyage elle-même dans l’univers.

Il est précieux de faire de chaque rêve un nouvel éveil.

Une chanson de Maxime Le Forestier et de Michel Rivard – Bille de verre

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L’artiste de l’émerveillement et de la grâce

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Il voulait faire une peinture qui pourrait reproduire à la perfection la beauté d’un visage humain heureux. Il travaillait intensément et avec beaucoup de passion pour en arriver à faire la toile qui saurait le satisfaire pleinement.

Pendant des années il a tenté différentes approches, différentes avenues, et il n’avait pas encore atteint le but souhaité de sa quête.

Un jour, rempli de doute et fatigué, il se demanda si toute cette énergie déployée pour cette quête en valait vraiment la peine. Il décida d’en parler à une amie, il ouvrit son cœur partageant ce qu’il avait toujours gardé pour lui.

Sa surprise fut grande lorsqu’il entendit son amie exprimer son point de vue.

Pour elle, il y a longtemps que sa quête était atteinte, car à ses yeux, ses toiles suscitaient de l’émerveillement et des moments de grâce. Elle prenait à témoin le visage des gens qui venaient à ses expositions. Tout était là.

Son amie lui a fait le plus beau cadeau en l’amenant à regarder au-delà de ses toiles en introduisant ainsi un changement de perspective et l’ouverture sur le monde.

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – Il changeait la vie

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/870044.html

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René Char et quelques propos…

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Viendra le temps où les nations sur la marelle de l’univers seront aussi étroitement dépendantes les unes des autres que les organes d’un même corps, solidaires en son économie.

Le cerveau, plein à craquer de machines, pourrait-il encore garantir l’existence du mince ruisselet de rêve et d’évasion ? L’homme, d’un pas de somnambule, marche vers les mines meurtrières, conduit par le chant des inventeurs…

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J’entrevois le jour où quelques hommes entreprendront sans ruse le voyage de l’énergie de l’univers. Et comme la fragilité et l’inquiétude s’alimentent de poésie, au retour il sera demandé à ces hauts voyageurs de vouloir bien se souvenir.

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Nous n’appartenons à personne sinon au point d’or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous qui tient éveillés le courage et le silence.

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Je rêve d’un pays festonné, bienveillant, irrité soudain par les travaux des sages en même temps qu’ému par le zèle de quelques dieux, aux abords des femmes.

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Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir.

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Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.

René Char dans Fureur et mystère

 

Une pièce musicale Psalms 104 sung in ancient Hebrew | ברכי נפשי את ה’ – תהלים ק »ד

Nos reflets

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Les conversations sont des parcelles d’attention et de partage pour illustrer une infime représentation de notre vie. Ce sont des reflets minuscules ne rendre pas compte réellement de notre expérience humaine acquise. Par la conversation, en langage verbal ou gestuel nous réfléchissons la vie que nous portons.

Et, il n’y a pas uniquement les conversations pour illustrer ce que nous émettons comme reflets. Il y a les textes, les dessins, les chansons, la musique, la peinture, le théâtre, la danse et j’en passe. Toutes ces formes de reflets que nous pouvons réfléchir ne reproduisent qu’une infime dimension de notre expérience humaine, même si ceux-ci ouvrent parfois des perspectives vers une vision de l’infini.

Il est possible de transcender ces différentes formes de langages ou d’expression, et d’accéder directement à notre nature propre. Ce n’est que lorsque nous sommes affranchis de toutes les projections souvent sous forme d’explications, d’idées, de croyances et de préjugés que nous pouvons vivre directement ce qui est.

Nous en faisons l’expérience à petite échelle lorsque nous vivons quelque chose de sublime, comme la naissance d’un enfant, des retrouvailles mémorables ou la création d’une oeuvre, nous laissant sans voix, sans mots, incapables de décrire, nous amenant à oublier soudainement notre vie pour vivre pleinement le présent offert.

Une pièce musicale de Michel Pepe – Samsara

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