Confiance

attachement

Il savait que tout change. Rien n’est immuable. Les amitiés, les amours, les collègues de travail, les relations privilégiées, tout est impermanent. Et pourtant, nous voulons que ce que nous aimons dure toujours.

Il avait pris conscience de l’importance de ce qu’il pouvait apporter, la confiance, pour permettre de vivre en paix. Il se percevait comme l’ingrédient qui permet de se projeter vers l’autre en toute ouverture.

Il avait pris conscience avec gratitude que la confiance qu’il apportait était avant tout nourrie de cette capacité d’accueil et de don, à l’exemple d’une inspiration et d’une expiration dans le souffle de l’interdépendance.

La confiance est souvent une grande réponse à nos peurs. Bien qu’elle demeure quand même un risque, il avait su prendre la mesure de son impact sur la vie.

Il se rappelait encore les quelques fois où il avait pris le risque d’accepter l’autre tout en se donnant dans cette relation, il avait ressenti ce souffle palpitant et lumineux qui nous accompagne durant ces beaux instants.

Il savait maintenant que sa confiance apporte de la profondeur à l’amour, à l’amitié, et elle permet de développer l’estime de soi et l’estime de l’autre.

Même le prix d’une trahison ne saurait équivaloir à la richesse du cœur qu’apporte Confiance.

Vous l’avez surement déjà croisé au fil de votre chemin, car sans nous en rendre compte, nous avançons tous un jour ou l’autre avec Confiance.

Une chanson de Lauren Daigle – Trust In You

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/1225700-lauren-daigle-trust-in-you.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Le vieil homme qui m’a appris la vie

Tagore_poesie-1c251-d25ed

Un homme cherche du travail dans une ferme. II tend sa lettre de recommandation à son nouvel employeur. Il y est simplement écrit : « Dort en dépit de la tempête. » Ayant désespérément besoin d’aide, l’agriculteur embauche l’homme en question.

Plusieurs semaines passent et tout à coup, au milieu de la nuit, une puissante tempête déferle sur la vallée. Réveillé par la pluie battante et le vent rugissant l’agriculteur saute de son lit. Il appelle son nouvel ouvrier mais ce dernier dort à poings fermés

II se précipite vers la grange. À sa grande surprise, il voit que les animaux sont à l’abri et approvisionnés en fourrage. II se précipite vers le champ. Il voit que les ballots de paille sont ficelés et recouverts de bâches goudronnées. II se précipite vers le silo. Les portes sont biens fermées et le grain est sec.

C’est alors qu’il comprend les mots « Dort en dépit de la tempête ».

Mes amis, si dans la vie nous nous occupons des choses importantes, si nous sommes dans le juste avec ceux que nous aimons et si nous nous comportons en adéquation avec notre foi, nos vies ne seront pas alourdies par la douleur lancinante du devoir inaccompli. Nos paroles seront toujours sincères, et nos actes aussi. Nous ne nous perdrons jamais dans les affres d’un « Ah ! Si j’avais su ». Nous pourrons alors dormir en dépit de la tempête. « Et, le moment venu, nos adieux seront déni de regrets.

*

Cet enfant, par exemple, me rappelle un enseignement de nos sages. Quand un bébé vient au monde, ses poings sont serrés, n’est-ce pas?

II a serré son poing droit.

Pourquoi? Parce qu’un bébé, qui ne sait rien de son environnement, veut tout attraper, histoire de pouvoir dire « Le monde entier m’appartient ».

Mais quand une vieille personne meurt, que font ses mains? Elles sont ouvertes. Pourquoi? Parce qu’elle a appris la leçon.

Laquelle ?» Il a écarté ses doigts vides. .«Que l’on ne peut rien emporter avec soi.»  Et donc, avons-nous percé le secret du bonheur ?

– Je crois bien que oui.

– Et vous allez me le donner ?

– Oui, tu es prêt ?

– Je suis prêt.

– Sois satisfait.

– C’est tout ?

– Sois reconnaissant.

– C’est tout ?

– Pour que tu ce que tu possède déjà. Pour l’amour que tu reçois. Et pour ce que Dieu t’a donné.

– Et c’est tout ? »

Il m’a regardé au fond des yeux. Puis il a eu un profond soupir. « C’est tout. »

Mitch Albom dans Le vieil homme qui m’a appris la vie

Une pièce musicale de David Parsons – Devaloka

Passer la frontière

ImAGE porte ciel

J’ai franchi bien des frontières et les plus difficiles étaient sans douanes

Même qu’il y a des personnes qui ont tenté de bloquer le passage

Parfois, il y a eu des coups portés qui ne m’ont pas arrêté

J’ai réussi à dépasser les limites de mes connaissances

Même si au début je préférais être un autre que moi

Il est des frontières que nous franchissons malgré la peur

J’ai franchi le mur de publicités exposant

Tout ce que j’aime et que je n’ai pas

Libérant les désirs les plus intenses brûlant en moi

J’ai même réussi à dépasser ma représentation de mon corps

Et d’arrivée à l’accepter telle qu’il est

Il est des frontières que nous franchissons malgré la peur

J’ai franchi les corridas où les factions religieuses

Voulaient absolument poser les banderilles sur les côtes

En invoquant la fin des souffrances de l’humanité

Et dans le déchaînement des injustices qui en ont découlé

J’ai accepté de pardonner afin d’illustrer l’énorme bêtise

Il est des frontières que nous franchissons malgré la peur

J’ai franchi le royaume ou je n’étais qu’un sujet

Alors que tout être est le verbe de la vie

On a tenté d’effacer mon éclat et mes espoirs

Je ne suis pas roi, mais souverain de mes choix

Nous sommes faits avant tout de ce que nous acceptons

Il est des frontières que nous franchissons malgré la peur

Mais pour cela, il faut franchir celles en soi

Et s’affranchir de l’attestation de l’autre!

Une chanson de NAIA – Frontière

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

De la fumisterie intellectuelle

ImAGE -photographs-of-anja-stiegler-01

Quand une divergence d’opinion vous irrite, méfiez-vous : vous verrez peut-être, après examen, que votre croyance va au-delà de ce que justifient les preuves.

*

Si la moindre contradiction vous met en colère, c’est qu’inconsciemment vous vous savez incapable de justifier l’opinion qui est la vôtre.

*

Méfiez-vous des opinions qui flattent votre amour-propre.

*

La persécution est une arme propre à la théologie, et non à l’arithmétique : l’arithmétique, en effet, repose sur un savoir, mais la théologie repose simplement sur des opinions.

*

La peur collective favorise l’instinct grégaire et la cruauté envers ceux qui n’appartiennent pas au troupeau.

*

L’homme est un animal crédule, il a besoin de croire et, à défaut de fondements solides à sa croyance, il se contentera de fondements bancals.

*

Surmonter sa peur, c’est le premier pas vers la sagesse dans la recherche de la vérité comme dans la quête d’une vie digne.

*

Afin de mettre cet orgueil en sourdine, rappelons-nous que l’humanité n’est qu’un épisode éphémère dans la vie d’une petite planète nichée dans un recoin de l’univers et que pour autant que l’on sache, d’autres galaxies abritent peut-être des êtres qui nous sont tout aussi supérieurs que nous ne le sommes aux méduses.

Bertrand Russel dans De la fumisterie intellectuelle

Une pièce musciale de Zubin Mehta with Khatia Buniatishvili – Schumann: Piano Concerto in A Minor, Op. 54

Apprendre à dépasser la peur

Peurs

Le fait d’être bien ou heureux, de ne pas dépendre de ce que nous possédons, de ce que nous faisons, mais bien, de comment nous le vivons, a une influence directe sur la qualité de notre rapport et de notre relation avec les autres. Il en est de même pour les activités que nous réalisons ou les objets que nous possédons.

Et la qualité de cette relation repose en grande partie sur notre capacité à surmonter nos peurs, nos angoisses et notre anxiété.

Dépasser la peur de ce que pense l’autre de nous, la crainte d’une non-reconnaissance, la peur de perdre ce qui nous semble essentiel, la crainte du silence trop long, la crainte de manquer de temps, la peur de l’échec, la peur de ne pas être aimé ou l’anxiété au regard de ce qui arrivera demain.

La qualité de nos rapports avec ce qui nous entoure repose en grande partie sur notre capacité à gérer ces peurs, ces craintes et l’anxiété qui en découle. Nous consacrons beaucoup d’énergie à mettre en place des mécanismes de défense. Il reste peu de temps pour créer notre bonheur.

Apprendre à dépasser ses peurs implique d’accepter de ne plus être aimé comme l’autre le voudrait. Cela implique de savoir quitter des gens, des situations, même si cela fait mal, car il ne sert à rien d’entretenir une relation blessante.

Apprendre à dépasser ses peurs implique d’assumer sa vie, d’être dans le changement et non le statu quo. Changer ce que nous ne voulons plus, sinon changer notre façon de voir et apprendre à aimer. C’est assumer nos mauvais comme nos bons choix, et accepter l’erreur comme l’une des sources d’apprentissage.

Apprendre à dépasser ses peurs implique de ne pas chercher à contrôler, ne pas définir et retenir. Aimer l’autre c’est laisser libre court au potentiel de croissance, à l’ouverture et à la diversification. Il est inutile d’avoir une autre personne avec soi si nous ne voulons que nous aimer à travers elle.

Apprendre à dépasser ses peurs implique de susciter le développement de la singularité, de ne pas tenter de standardiser les personnes qui composent notre monde. Accueillir l’autre en gardant l’esprit ouvert à toute sa personnalité.

La peur des tensions et la méfiance illustrent une quête de l’approbation de l’autre. Et c’est ce qu’il nous faut inverser.

Imaginons que nous faisons un court temps d’arrêt, à tous les matins et à tous les soirs, pour prendre un temps de présence pour soi, sans reproche, sans conseil, sans tentative de solution et sans jugement. Il s’agit juste d’apprendre à reconnaître l’état des lieux en soi, et d’apprécier la part de soi qui fleurit et l’arroser. S’ouvrir à l’appropriation de soi et à son approbation.

Un petit exercice tout simple, qui permet de changer la perspective avec laquelle nous décodons le monde et de changer notre rapport avec celui-ci.

Nous avons le défi de tendre vers la certitude et entretenir un grand nombre de peurs ou tendre vers une acceptation de singularité et entretenir une capacité d’adaptation.

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – Peurs

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/1267809-jean-jacques-goldman-peurs.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

L’accordeur de silences

ImAGE Lotus crystal

A quoi sert de croire en Dieu si on perd foi dans les hommes ?

*

Chaque silence est une musique à l’état de gestation.

*

La colère n’est qu’une manière différente de pleurer.

*

Aujourd’hui, je sais : aucune rue n’est petite. Elles cachent toutes des histoires infinies, elles dissimulent toutes d’inénarrables secrets.

*

Aucun gouvernement au monde ne commande davantage que la peur et la culpabilité.

*

Les morts ne meurent pas lorsqu’ils cessent de vivre, mais quand nous les vouons à l’oubli.

*

Des attentes. Voilà ce que ramène la route. Et ce sont les attentes qui font vieillir.

*

Je suis né pour me taire. Le silence est mon unique vocation. C’est mon père qui m’a expliqué: j’ai un don pour ne pas parler, un talent pour épurer les silences. J’écris bien, silences, u pluriel. Oui, car il n’est pas de silence unique. Et chaque silence est une musique à l’état de gestation.

*

Né sans le vouloir, il avait vécu sans désir, il mourrait sans prévenir et sans crier gare.

Mia Couto dans L’accordeur de silences

Une pièce musicale The Sound of Silence – 18 String Harp Guitar Cover

Seule meurt la peur

image-sante-mentale

Il y a très, très longtemps, lorsque les êtres humains n’étaient pas incarnés dans leur corps physique comme ils le sont aujourd’hui, un Homme avait fabriqué un masque merveilleux un masque qui pouvait avoir plusieurs visages.

Cet homme avait l’habitude de mettre son masque et de s’amuser en accostant soudainement les passants et en observant leurs réactions. Parfois, le masque souriait, parfois il pleurait, parfois même, il grimaçait et se renfrognait. Ses victimes étaient toujours choquées à la vue de ce visage tellement extraordinaire, étrange et si peu naturel même lorsqu’il souriait. Mais que ces personnes rient ou pleurent était sans importance pour notre homme. Tout ce qu’il voulait, c’était l’excitation due à leurs réactions. Il savait bien que c’était lui derrière le masque. Il savait que le farceur, c’était lui et que la farce était à leurs dépens.

Au début, il sortait avec le masque deux fois par jour. Puis, s’habituant à l’excitation que lui procurait cette activité, et en en voulant encore davantage, il commença à le porter toute la journée. Finalement, il n’éprouva plus le besoin de l’enlever et le garda pour dormir.

Durant des années, l’homme parcourut le pays en s’amusant derrière son masque. Puis un jour, il s’éveilla avec une sensation qu’il n’avait jamais ressentie auparavant il se sentait seul, divisé, quelque chose lui manquant.

Bouleversé, il bondit hors de chez lui pour se trouver face à une très belle femme – et en tomba immédiatement amoureux. Mais la femme cria et s’enfuit, choquée par ce visage étrange et effrayant.

« Arrêtez-vous, ce n’est pas moi ! » cria-t-il en tordant son masque pour l’arracher. Mais c’était lui. Impossible de détacher le masque. Il était collé à sa peau.

Il était devenu son visage.

Cet homme, avec son masque fabuleux, fut la première personne à entrer dans ce monde malheureux.

Le temps passa. Malgré sa ténacité et les efforts qu’il déploya pour annoncer à tous le désastre qu’il s’était infligé, personne n’était prêt à le croire. D’autant plus que personne n’était intéressé à l’écouter, puisque tout le monde l’avait imité. Tous avaient mis leur propre masque afin de connaître eux aussi la nouvelle excitation de jouer à être ce qu’ils n’étaient pas. Comme lui, ils étaient tous devenus le masque.

Mais désormais quelque chose de pire était arrivé. Non seulement ils avaient oublié la farce et le farceur, mais aussi ils avaient oublié la façon de vivre joyeusement, en tant qu’être sans masque.

Barry Long dans Seule meurt la peur

Une pièce musicale du Prague Cello Quartet – The Phantom of the Opera