
Les sadhus sont des ascètes itinérants dans les traditions hindoues (et, sous d’autres noms, dans le jaïnisme). Ce sont des hommes, et parfois des femmes, appelées sadhvis, qui ont formellement renoncé à la vie mondaine pour se consacrer entièrement à la recherche spirituelle. Le mot sanskrit sādhu signifie littéralement « celui qui suit droit la voie ».
Devenir sadhu, implique une rupture importante comprenant l’abandon du nom de naissance, de la famille, des biens, du statut social, parfois même accompagné d’un rituel funéraire symbolique, on « meurt » à son ancienne identité pour renaître à une existence entièrement tournée vers le sacré. Beaucoup errent de lieu saint en lieu saint, vivent d’aumônes, dorment à même le sol ou dans des grottes, et pratiquent des formes d’ascèse parfois extrêmes (jeûne prolongé, immobilité, exposition aux éléments) destinées à discipliner.
Il existe une grande diversité parmi eux : les Naga sadhus, associés à Shiva, vont souvent nus et couverts de cendres ; les Vaishnava sadhus suivent Vishnou et ses avatars, comme Rama ou Krishna ; d’autres s’inscrivent dans des lignées tantriques.
Plusieurs logiques, souvent enchevêtrées, expliquent ce choix. Voici quelques-unes :
La quête de moksha, la libération du cycle des renaissances (samsara). Le renoncement est vu comme la voie la plus directe vers cette libération, en se détachant des attachements qui nourrissent le karma.
L’aboutissement d’un cheminement de vie, dans l’hindouisme classique, les quatre étapes de vie mènent naturellement, après les devoirs d’étudiant, de chef de famille et de retraité, vers le renoncement complet en fin de vie. Certains sadhus empruntent ce chemin après avoir déjà vécu une vie entière.
Une vocation plus précoce, certaines personnes ressentent cet appel dès le jeune âge, parfois après une crise existentielle, une perte, ou une expérience spirituelle marquante qui rend la vie ordinaire insupportable ou dénuée de sens à leurs yeux.
Se dévouer pour le service et la transmission. Un bon nombre de sadhus deviennent des guides, des gardiens de rituels ou de savoirs, au service des communautés qu’ils traversent, même en ayant renoncé à toute possession.
Il y a aussi l’ascèse comme discipline transformatrice. Au-delà de la privation elle-même, l’idée est que la maîtrise du corps et des désirs libère une forme de conscience.
Il y a enfin une dimension plus sociologique à ne pas ignorer. Pour certains, devenir sadhu a pu représenter une échappatoire à la pauvreté, aux contraintes de caste, ou à des situations familiales difficiles, la tradition indienne reconnaît elle-même cette pluralité de motivations, tout en réservant un profond respect à ceux dont l’engagement ascétique est authentique et éprouvé.
C’est une figure qui a une résonance particulière avec les thèmes du seuil et du passage, le sadhu incarne littéralement le franchissement d’un monde à un autre.
Une chanson de Raôul Duguay – le voyage
Les paroles sur https://genius.com/Raoul-duguay-le-voyage-lyrics
Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage
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