Le renoncement conscient (soufisme)

Le renoncement conscient, s’isoler du monde comme mode de vie, un phénomène très présent partout sur la planète, et intrigant. Je vous partage quelques réflexions sur le sujet.

L’équivalent le plus proche dans la pensée islamique se trouve du côté du soufisme.

Avant même que le soufisme ne se structure en voies organisées, l’islam primitif connaît le zuhd (renoncement, détachement du monde) constitué de pauvreté volontaire, de jeûne, de veilles nocturnes, de méfiance envers les richesses et le pouvoir.

Puis, apparaissent le faqir et le derviche, qui sont les figures les plus proches du sadhu.

Ainsi, le faqir désigne un mystique qui a choisi le dénuement matériel et spirituel comme voie vers Dieu. Le mot a d’ailleurs voyagé jusqu’en Inde, où il désigne concrètement des ascètes musulmans errants, souvent en parallèle directs avec les sadhus hindous dans le paysage religieux indien.

Aussi, le derviche, né dans la lignée de Rumi, membre d’un ordre soufi (tariqa), souvent itinérant, mendiant, parfois pratiquant des rituels spectaculaires, comme la danse tournante des derviches. Certains ordres connaissent des pratiques ascétiques extrêmes comme le jeûne prolongé, l’isolement, et la privation de sommeil.

Toutefois, il est important de prendre en considération que, dans l’islam le renoncement total, le célibat institutionnalisé, la rupture complète avec la vie sociale sont en tension avec un idéal islamique qui valorise plutôt l’engagement dans le monde, par le mariage, la famille, la communauté, comme terrain même de la sainteté.

Le soufisme a donc dû constamment se justifier face à l’orthodoxie plus juridique, et a développé une réponse caractéristique, l’idéal n’est pas de fuir le monde comme le sadhu, mais d’être « dans le monde sans être du monde », le cœur détaché tout en demeurant actif dans la vie sociale. Beaucoup de grands maîtres soufis, comme Ibn Arabi ou Rumi, étaient mariés, tout en atteignant les plus hauts degrés de réalisation mystique.

Contrairement au sadhu souvent solitaire, le cheminement soufi passe presque toujours par une tariqa, un ordre organisé autour d’un maître et d’une chaîne de transmission remontant idéalement au Prophète. La progression suit des stations et des états bien codifiés, le repentir, la patience, la pauvreté, et la confiance en Dieu, jusqu’à l’anéantissement du moi en Dieu, un concept qui résonne avec la libération recherchée par le sadhu, mais pensée ici comme extinction dans l’Un plutôt que sortie du cycle des renaissances, puisque l’islam ne connaît pas la notion de réincarnation.

Une chanson de Fiori et Séguin – Viens danser

Les paroles sur https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Richard-S%C3%A9guin-Serge-Fiori/Viens-danser

Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage

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