Petite histoire de l’amour véritable   Leave a comment

uibovduu

En des temps fort anciens, l’Amour n’était connu que dans le lointain et inaccessible Royaume de Chine …

Partout ailleurs, on en avait entendu parler par les caravaniers, les marchands, les voyageurs mais personne n’avait connu le Véritable Amour… On disait que c’était un état merveilleux, extraordinaire, véritablement divin, quelque chose d’une essence supérieure, la façon d’être des dieux !

Intrigué par ces récits, le Khan de Samarkand décida d’envoyer ses ambassadeurs en Chine pour s’enquérir de la vérité, pour tenter de surprendre ce que pouvait être l’Amour dont il était question.

Ceux-ci furent reçus avec beaucoup de courtoisies et d’égards par l’Empereur et purent circuler dans tout le pays. Ils virent que l’Empereur vivait très simplement, à l’égal et de la même manière que les paysans et que tous ses sujets. On leur dit que dans ce pays, il n’y avait pas de loi et leur étonnement fut sans borne…

Ils rentrèrent à Samarkand et rendirent compte au Khan :

– L’Empereur s’est moqué de nous ! Comment croire qu’en un aussi vaste pays les habitants puissent vivre sans lois contraignantes, chacun faisant simplement ce qui lui plaît, avec pour toute recommandation cet adage : « Aime, et fais ce que tu voudras [1] » !

Ce ne peut être là l’Amour! Ceci est insensé !

Leurs préjugés leur avaient masqué la vérité…

En dehors de Chine, on continua de parler sans cesse de l’Amour, sans connaître aucunement ce que cela pouvait être…

Dans le Turkménistan voisin, on réforma toutes les lois du pays pour tenter de vivre selon l’Amour, mais à chaque promulgation de nouvelles lois et de nouvelles règles, il y avait rapidement des émeutes et des guerres civiles. Beaucoup moururent de mort violente, mais on ne trouva jamais ce que pouvait être l’Amour. Et pour cause, jamais personne ne l’avait ressenti dans son cœur !

De nombreux savants, que l’on disait Docteurs et Mystiques, écrivirent dans maints pays des Traités sur l’Amour. Ils ne l’avaient jamais ressenti au tréfonds de leur cœur, mais ils rassemblèrent tout ce que les voyageurs, les commerçants, les caravaniers venant de Chine pouvaient en dire. De tout cela, ils conclurent que ce devait être quelque chose d’une essence supérieure, un état céleste, véritablement divin, absolument inconnu dans le reste du monde, que cela pouvait prendre tant et tant d’apparences différentes… Mais ils ne goûtèrent jamais au Véritable Amour…

Certains, qui prétendirent l’avoir connu, voulurent imposer leurs lois aux autres. Cela provoqua de graves conflits et une confusion extrême.

Dans la lointaine Turquie, on avait entendu parler du Véritable Amour par un voyageur venu de Chine qui traversa un jour le pays. Personne ne comprit ce que cela pouvait être, mais on décida de lui rendre un culte. Le prêtre du village construisit un temple dédié au Véritable Amour. La population y venait prier pendant les fêtes mais continuait de vivre le reste du temps comme par le passé.

Quelqu’un qui avait vécu en Chine selon l’Amour Véritable traversa un jour ce pays. Voyant comment vivaient ces gens selon leurs lois, il leur dit :

– Insensés, cessez donc de rendre ce culte ! Regardez comment vivent les plantes, les insectes, les oiseaux des champs, les animaux et vivez vous aussi selon votre véritable nature.

Il fut immédiatement condamné à être pendu et empalé sur la place publique pour avoir blasphémé foi !

Cependant, quelques personnes qui avaient entendu sa remarque se mirent à regarder la nature autour d’eux et à vivre dans la même simplicité que les fleurs des champs et les oiseaux du ciel. Lorsqu’on les interrogeait sur leurs raisons de vivre ainsi, elles répondaient prudemment que c’était une manière de faire pour guérir de leurs maladies.

Bref, des siècles durant, l’Amour Véritable ne fut connu qu’en Chine, sauf quelques rares personnes qui le vivaient sans rien en dire. Partout dans le reste du monde, on continua d’en parler et d’en dire toutes sortes de choses extraordinaires. Moins on le connaissait, plus on éprouvait le besoin d’en parler.

Mais un jour vint un Connaissant qui dit :

– Celui qui a goûté connaît.

Celui qui n’a pas goûté ne connaît pas.

Fermez la boutique aux palabres, aux racontars et aux mythes.

Ouvrez la porte à la Vie et vos cœurs au Véritable Amour.

Cessez d’en parler ; n’en dites rien. Vivez !

Celui qui saura ressentir l’Amour dans son cœur transformera sa vie et montrera ainsi à ses voisins, ses amis, la manière d’être Amour.

Celui qui ne le ressentira pas en son cœur prouvera par-là qu’il ne peut pas encore le vivre…

Et si la Chine n’est plus un royaume inconnu, c’est que le Royaume de l’Amour est en vérité ailleurs… Un ailleurs qui n’est d’ailleurs pas plus loin que votre Cœur.

[1] – Saint Augustin – Traité sur l’Epître de Saint Jean aux Parthes.

Une chanson de Luc Cousineau et interprétée par Jill Barber – Vivre en Amour

Publié 8 janvier 2017 par dandanjean dans conte

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