La fureur de vivre

Il est des constations si évidentes, si flagrantes, qu’on finit par ne plus les percevoir. Je parle de la présence et de la puissance de la vie en nous, dans tout notre être et jusque dans nos parties les intimes.

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L’être humain avec sa prodigieuse intelligence existe depuis moins de trois millions d’années. Pendant ce temps, il a trouvé les moyens de se mettre en danger, de s’éliminer lui-même avec ses propres inventions.

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Ce matin, une abeille est venue tourner autour de mon bol de céréales. Ma première réaction a été de la chasser. Mais aussitôt je me ravisai ! Car il y a une autre façon de vivre cet instant. Il s’agirait de considérer cette abeille, non comme une intruse, mais plutôt comme un être qui m’accompagne dans l’existence. Tout comme le grand saule au-dessus de l’étang, les hirondelles sillonnant le ciel et le merle chantant sur une branche partagent avec moi la grande aventure de la vie. Des compagnons de voyage dans ce parcours qui est notre mystérieuse destinée. Ne serait-ce pas là ce que voudrait dire l’expression : « Habiter poétiquement le monde » ?

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J’ai l’impression, en vivant ma vie, de participer à quelque chose de grandiose qui me dépasse mais dont le sens m’échappe. Je ne perds pas espoir d’en apprendre plus un jour, posthume ou non. Qui sait?

Hubert Reeves dans La fureur de vivre

Une pièce musicale de Pianochocolate  – La fureur de vivre

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