Qui nous fera voir le bonheur ?

Tout plaisir peut être un bien. Mais tout plaisir ne peut pas être un bonheur.
*
Oui, il est des plaisirs tristes, comme il est de joyeuses peines. Aimer est l’une d’elles. Joie douloureuse d’aimer, en effet, puisqu’aimer c’est faire, en soi, une place pour un autre que soi.
*
La manière dont on aborde la question du bonheur dépend aussi beaucoup de la définition qu’on en donne.
*
Notre bonheur, c’est le silence du malheur.
*
Chacun de nous sait que ce n’est pas la satisfaction de nos désirs, matériels ou même psychologiques, qui va nous rendre durablement plus heureux. De manière transitoire, la satisfaction du désir nous rend plus heureux, ou moins malheureux: je savoure, je prends conscience, je me sens mieux.
*
Nous ne sommes plus seulement dans une société de consommation, qui cherche à répondre sans délai au moindre de nos désirs, mais dans une société d’hyperconsommation, qui cherche à créer sans cesse en nous de nouveaux désirs que nous n’avons pas, ou pas si violents, pas si urgents.
Voilà un argument de plus pour prendre le temps de réfléchir à son bonheur et à ce qui le construit : si nous ne le faisons pas nous même, d’autres seront trop heureux de s’en charger pour nous. Et de nous égarer…
*
Il s’agit, avant tout et évidemment, d’un intérêt d’être humain : comme l’ont depuis longtemps noté les philosophes, tous les humains sont concernés par le bonheur, tous les humains aspirent à être heureux, aussi heureux que possible.


Christophe André et Martin Steffens dans Qui nous fera voir le bonheur ? : de quoi a-t-on besoin pour être heureux, comment y parvenir et comment le rester

Une pièce musicale de Olafur Arnalds interprétée par Angèle Dubeau – Happiness Does not Wait

Laisser un commentaire