
Tout est dans la tête, du point de vue de l’individu séparé, mais tout est conscience du point de vue de l’unicité, de ce qui n’est pas divisé artificiellement.
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Je n’ai jamais pu me contenter d’adhérer à des croyances ou des idéologies, parce que je les mettais à l’épreuve du réel, et en général, elles ne tenaient pas la route bien longtemps, a mon grand désarroi, puisqu’alors il n’y avait rien ni personne sur quoi prendre appui.
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Le non-faire fait basculer l’attention des perceptions à Cela qui les perçoit. Depuis cette perspective, (ou plutôt cette non-perspective), le moi est vu tel qu’il est : un flux ininterrompu de pensées et de sensations sans centre auquel se référer. Cette prise de conscience a un pouvoir énorme : il libère instantanément de la notion d’être « moi », une personne, d’être le corps et le mental. Désormais, nous avons un secret qui nous permet de basculer de l’identification au limité à l’identification à l’illimité. Il est courant que la prise de conscience dure un moment, puis s’estompe, et nous rebasculons alors dans l’identification au « moi ». Mais l’aperçu a changé la donne et il nous est tout à fait possible de nous y rendre disponible, en nous familiarisant avec cette écoute non sélective qui laisse opérer la présence immuable… Peu à peu, cela devient de plus en plus évident, jusqu’à ce que cela devienne non seulement naturel, mais constant.
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Quiconque se réveille du rêve commun, du sortilège qui nous fait prendre pour réel ce qui ne l’est pas, et pour irréel ce qui seul est Réel, reconnaît cette évidence : « je suis la vie même. » Le courant de la vie, son énergie, sa vitalité, son pouvoir intarissable… Je suis la vie même, et je suis tout le vivant.
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C’est incroyable ce que la vie nous offre quand on ne décide de rien mais qu’on accepte tout.
Marc Marciszewer dans Voyages vers le Soi en Orient et en Occident
Une pièce musicale de Joep Beving – Wild Renaissance
