
Pour illustrer notre possible résistance commune au culte de l’argent, je voudrais citer un célèbre dominicain, Bartholomé de Las Casas, auteur de la Controverse de Valladolid. Quand il défend le point de vue que les Indiens ont une âme et qu’il faut cesser de les tenir en esclavage, il écrit: « Depuis les tout premiers contacts, les Espagnols n’ont paru animés et poussés que par la soif de l’or. C’est tout ce qu’ils réclament: « De l’or, de l’or, de l’or. Au point qu’en certains endroits, les habitants des terres nouvelles disaient : « Mais qu’est-ce qu’ils en font de tout cet or? Ils doivent le manger. » Tout est soumis à l’or, tout. » Je crains que l’on vive dans un monde où, de plus en plus, tout soit soumis au profit.
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Je ne pense pas être un homme de paix, mais un homme de combat. Mon discours est relativement belliciste. Quand on parle de paix, j’ai souvent l’impression que c’est d’une fausse paix qu’il s’agit : belliciste le silence qu’on voudrait nous imposer.
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Le choix d’Arnaud Beltrame, dont on sait par ailleurs qu’il avait la foi, de se substituer à un otage dans le supermarché de Trèbes, ne relève pas non plus de motivations personnelles mais de quelque chose d’autre qui le dépassait : est-ce le devoir ? La patrie ? L’honneur ? Je ne sais pas. Mais il nous a démontré qu’il existe des valeurs qui dépassent le cadre personnel. Je pense que l’on a tous en nous quelque chose de cet ordre-là, même si ce n’est peut-être pas poussé à ce point d’héroïsme. Or la société nous invite en permanence non pas à stimuler cette part de nous-même, mais à l’éteindre. Comme si c’était quelque chose de honteux.
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Je n’ai jamais eu de fonction séparée de mes désirs, de mes convictions. Quand je croise les autres élus à la buvette de l’Assemblée nationale, on discute les uns avec les autres, malgré nos désaccords, nos différentes appartenances, et dès que l’on rentre dans l’hémicycle, je les vois tous changer de discours, revêtir la rigidité de la fonction. Ça me déprime, cette idée de fonction qui peut vous déshumaniser.
François Ruffin et Monseigneur Olivier Leborgne dans Paix intérieure et paix sociale
Une pièce musicale de Ennio Morricone & André Rieu – Gabriel’s oboe
