Archives de décembre 2007

Comment méditer ? 3   Leave a comment

Méditation naturelle

 

En tibétain, méditation se dit gom, qui signifie s’entraîner. Pour le moment le processus de l’ego est automatique, les tendances sont ancrées en nous depuis des temps sans commencement. On ne fabrique pas la colère, elle s’élève d’elle-même, l’orgueil est un processus d’identification naturel, etc. La méditation va modifier cela. Si l’on commence à appliquer les antidotes, seul et avec les autres, le processus de l’ego s’inverse peu à peu. Alors qu’on allait être pris par l’émotion, on se souvient du remède, on le met en pratique et on modifie la relation à la situation.

 

Cela nous conduit à un deuxième type de méditation qui est un regard beaucoup plus direct sur l’émotion. Il ne s’agit pas cette fois d’apporter un remède spécifique à chaque émotion, mais plutôt d’arrêter d’écouter ce que nous dit l’émotion ou la pensée et d’essayer de voir simplement son mouvement.

 

Qu’est-ce qu’une émotion ?

 

C’est un mouvement. Prenons la colère par exemple. Quelque chose nous irrite, quelqu’un nous agresse, et tout à coup la colère s’élève. Que se passe-t-il en réalité ?

 

C’est un mouvement dans l’esprit, quelque chose qui prend place et envahit aussi bien l’esprit que le corps.

 

Si l’on écoute la colère, si l’on s’identifie à elle, elle nous maîtrise; on dira ce qu’on ne voulait pas dire et on fera peut-être ce qu’on ne voulait pas faire.

 

Mais si, plutôt que de saisir la colère, plutôt que de s’identifier à elle, on la laisse s’élever et on lui laisse de l’espace, regardant simplement son mouvement, essayant de voir d’où elle s’élève, où elle prend place, où elle disparaît, on ne pourra rien trouver de réellement existant.

 

Il en va de même pour les autres émotions, idées, sensations, perceptions, pour tout ce qui s’élève dans l’esprit. Plutôt que d’écouter tout cela, plutôt que de le manipuler, l’esprit se regarde lui-même. Si on ne saisit pas la pensée ou l’émotion qui s’élève, si on ne s’identifie pas à elle,  alors elle se libère d’elle-même. Elle se pacifie.

 

C’est une instruction-clef de l’enseignement de la méditation dans le bouddhisme. Si l’on détend cet esprit qui est lié, il se libérera, cela ne fait aucun doute. Cette instruction simplifie la relation que l’on entretient avec soi-même. Cela signifie que, lorsqu’on détend l’esprit, lorsqu’on lui laisse l’espace suffisant pour se déployer de lui-même il se pacifie, exactement comme une vague qui s’élève de l’océan retourne d’elle-même à l’océan. Il n’y a rien à faire, rien à fabriquer ou à construire. C’est un processus naturel et l’esprit possède cette capacité à se pacifier de lui-même. Mais dès qu’une pensée s’élève, on la saisit, on y réfléchit, on en rajoute d’autres, ce qui nous emmène dans un train de pensées vers toujours davantage de confusion et de mouvement.

 

En fait notre esprit est comme une petite mare d’eau agitée, l’eau et la vase sont continuellement mélangées et la mare est opaque. Si l’on arrête de mélanger l’eau, la vase se dépose au fond et la transparence et la clarté de l’eau apparaissent. Cette transparence ne peut être fabriquée, elle prend place d’elle-même.

 

Il en va de même pour l’esprit qui ne peut se pacifier que de lui-même. De plus, si l’on ne saisit pas la pensée qui s’élève, si on la laisse se déployer et se pacifier, elle révélera les qualités de l’esprit. Celui-ci a la capacité de se reconnaître lui-même pour ce qu’il est, il possède cette capacité créatrice de reconnaissance.

 

La conscience confuse que l’on a actuellement des choses n’est rien d’autre que cette conscience fondamentale de l’esprit, mais voilée par la saisie égoïste. Nous avons en nous le potentiel de clarté, nous possédons cette capacité de l’esprit à se connaître et à connaître les phénomènes directement. On ne peut y accéder qu’en se détendant, en s’arrêtant et en lâchant prise. Cette capacité est là depuis toujours, mais n’est pas reconnue à cause de l’ignorance. Donc, méditer c’est tout d’abord se détendre, regarder ce qu’est l’esprit, avoir le courage de laisser son esprit se rencontrer lui-même.

 

Ne pas être submergé par les pensées demande un petit peu de méthode. Dans la méditation, on a besoin d’un support, d’un point de référence. Il y en a plusieurs. Le plus aisé à utiliser est la respiration ; on suit simplement le mouvement de la respiration, expiration, inspiration…

 

Ne faisant qu’un avec sa respiration, avec le mouvement de l’air qui entre et qui sort, on se défait peu à peu de la saisie, et l’esprit peut prendre son mouvement propre. De toute façon, nous ne sommes pas propriétaires de nos pensées et les laisser aller là où elles veulent, c’est les laisser.

 

En pratiquant de cette façon, on sera à même d’abandonner progressivement les différents supports et artifices pour utiliser la pensée elle-même comme support. Le mouvement de la pensée nous ramènera à la méditation. Et d’instant en instant, à chaque fois qu’une pensée s’élèvera, on s’en dessaisira et elle se libérera d’elle-même. De pensée en pensée, on laissera l’esprit se libérer, et cet esprit détendu, sans saisie, se pacifiera de lui-même.

Publié 31 décembre 2007 par dandanjean dans Réflexions trouvées à partager

Comment méditer? 2   Leave a comment

Antidotes

 

Dans la vie quotidienne, quand on prend conscience d’une émotion, on peut la transformer. Par exemple, lorsque la colère s’élève, que quelqu’un nous irrite ou qu’une situation nous énerve, il faut d’abord voir cette colère. Ensuite, on se demande quelle en est la cause.

 

Est-ce l’autre ou est-ce nous-mêmes ?

 

On se rend compte que c’est nous-mêmes. En effet, à certains moments, une situation nous mettra en colère et à d’autres moments, non. La cause de la colère n’est pas l’agression extérieure, mais notre incapacité à assumer cette agression. En réfléchissant ainsi, on adoptera une relation plus souple face à ce qui nous arrive de l’extérieur, et l’on créera un premier espace dans lequel la colère pourra se pacifier, faire place peu à peu à l’ouverture, à la tolérance et à la patience. C’est une première façon de réagir face à la colère.

 

La jalousie représente l’incapacité à reconnaître les qualités des autres. La jalousie est une émotion difficile à voir parce qu’elle est très insidieuse. Une façon de la repérer consiste à se rendre compte que, lorsque l’on est avec d’autres personnes, on n’arrive jamais à être satisfait de la situation parce que les circonstances extérieures ne nous plaisent pas. On ne voit pas que cette insatisfaction provient du fait que l’on n’arrive pas à accepter les qualités de ceux qui nous entourent.

 

Le remède à la jalousie sera la réjouissance. Reconnaissant les qualités des autres, on s’en réjouira. C’est une chose toute simple, mais que l’on n’a pas l’habitude de faire. Dès l’instant où l’on adopte cette attitude, elle crée une ouverture dans la relation aux autres. Si chacun se réjouissait des qualités des autres, les relations seraient bien souvent beaucoup plus simples.

 

L’orgueil, c’est l’incapacité à se reconnaître tel que l’on est. Le remède, on l’a déjà démontré plus haut, consiste à prendre conscience de ses défauts pour pouvoir les transformer.

 

En ce qui concerne l’ignorance, il faut comprendre de quoi il s’agit. L’ignorance revient à ne pas voir quelque chose, et ce qui n’est pas vu, c’est cette ouverture fondamentale, la capacité de l’esprit à se reconnaître lui-même. On cherche le bonheur, mais on n’en connaît pas les causes. C’est pourquoi on passe souvent à côté. Notre expérience de nous-même et du monde est solide et figée. On est fermé comme une huître. Se rappeler que tout ce processus est illusoire représente le remède à l’ignorance. On retrouve alors la fluidité et la souplesse de la situation et on parvient à en rire.  On devient ouvert à la vie, à l’expérience…

 

C’est une première façon, encore très duelle, d’entrer en relation avec les émotions. Lorsqu’une émotion s’élève, on lui applique un antidote.

 

Cette pratique a plusieurs avantages : on peut la mettre en œuvre en toute circonstance et elle permet de se familiariser avec les émotions, d’être plus à l’aise avec elles.

 

Publié 30 décembre 2007 par dandanjean dans Réflexions trouvées à partager

Comment méditer? 1   Leave a comment

 

Rencontrer les émotions

 

Pour méditer, il faut tout d’abord s’asseoir et faire le ménage, nettoyer toutes les idées préconçues que l’on a à propos de la méditation. On s’assoit et on se détend, on lâche prise, on est là simplement.

 

Que veut dire "se détendre" ?

 

A la fin d’une journée, lorsqu’on a fait ce que l’on avait à faire, que le travail est terminé, on rentre chez soi. On s’asseoit sur le divan et on se dit "ouf !" Il n’y a plus de recherche, plus d’inquiétude, on est juste là. Un tel état d’ouverture et de simplicité est une condition préalable à la méditation. 

 

Tant qu’on n’a pas atteint ce lâcher prise, on n’a pas accès à ce qu’est l’esprit. Lorsque l’esprit est agité et confus, on dépend des pensées et des émotions telles que la jalousie, l’orgueil, etc.

 

C’est pour cela qu’il s’agit dans un premier temps, de s’arrêter, de se détendre et de regarder. On voit alors que, jusqu’à présent, on a surtout eu tendance à repérer les défauts à l’extérieur de soi-même. Incapable de reconnaître le jeu de nos émotions, on voit les défauts chez l’autre et on le juge. Alors même que l’esprit fonctionne à partir de ces défauts, de ces émotions, on est incapable de les voir et de plus on les projette sur les autres. Toute notre attitude est fondée là-dessus et jamais on ne pourra trouver l’espace suffisant pour se détendre. C’est pour cela que la méditation consiste tout d’abord à inverser le regard pour le tourner vers l’intérieur ; ne rien faire et prendre conscience des émotions et de leurs mouvements.

 

Au début, on n’a pas conscience de la densité des émotions. 

 

C’est pour cette raison que le regard détendu et sans jugement sur ses propres défauts est nécessaire.

 

Il ne s’agit pas de se dire que ce n’est pas bien ou que c’est mauvais. 

 

Au contraire, il s’agit d’avoir un regard lucide et simple, d’accepter ce qui s’élève. Et on verra que l’ensemble de notre relation au monde est défini par ce réseau de pensées et d’émotions que l’on cristallise et auxquelles on s’identifie. En prendre conscience est la première étape.

 

Dans un premier temps, on peut être découragé par le nombre et l’intensité des émotions. En fait, c’est l’ego qui est découragé, c’est donc assez sain.

 

C’est une première remise en question.

 

Une fois que l’on a vu cela, on se demande que faire.

 

On prend conscience qu’il est nécessaire de changer, mais on ne possède pas encore les outils pour se transformer.

 

Il existe de nombreuses méthodes pour y parvenir. Pour chaque émotion, il y a un antidote.

 

 

Publié 29 décembre 2007 par dandanjean dans Réflexions trouvées à partager

Et passent les jours   Leave a comment

 

 Et passent et passent les jours

Ou l’on grandit ou l’on mûrit

Et passent et passent les saisons

Ou l’automne vient ou la mort revient

 

Et ou l’on retourne à la terre

D’où l’on est né

Pour y déposer ses meilleurs

Chairs en germe

 

Et passent et passent les années

Ou l’arbre grandit à lui-même

Et passent et passent les vies

Ou l’on parcourt son chemin

 

Pas à pas humblement

Et ou de germe en germe

De saison en saison

De vie en vie

 

L’on refait tous les pas

Des plus petits aux plus grands

Où l’on refait toutes les étapes

Des plus humbles aux plus majestueuses

 

Pour finir par s’en apercevoir

Que l’on  ne part que pour mieux revenir

Que germer à soi, l’on retourne toujours à soi

N’en étant différent que par…

  

La hauteur de sa bassesse

La force de sa faiblesse

La clarté de son ombre

La profondeur de sa simplicité

 

Oh tout comme l’arbre

Qui de ses travaux porte

Les rameaux les plus hauts

Aux soleils les plus éloignés

 

Et ses racines les plus basses

Au plus profondes des terres

Dans la toute humilité

De celui qui se sait

Publié 28 décembre 2007 par dandanjean dans Textes de mon cru

les épreuves   Leave a comment

La pierre précieuse ne peut pas être polie sans frottements,
et l’ homme ne s’accomplit pas sans subir d’épreuves.

Publié 28 décembre 2007 par dandanjean dans Textes de mon cru

Le lac   Leave a comment

Hier soir, j’y ai vu rêvant

La lune se refléter sur le lac

 

Ce soir, j’y vois au loin

Le lac se refléter sur la lune

 

Demain nous retournerons au lac

Nous refléter mutuellement

Publié 25 décembre 2007 par dandanjean dans Textes de mon cru

ëtre   Leave a comment

Il est né pour rendre l’homme plus homme

Comme des millions de gens peuplant la terre

Porteur d’un idéal que nos rêves consument

Une nouvelle vie, un nouveau pas millénaire

 

Il était né pour continuer notre humanité

Comme tant d’homme et de femmes de ce pays

Fils de l’espoir d’une génération cherchant à dépasser

L’héritage que les pères et mères ont légué à la vie

 

On est tous l’enfant d’un enfant

Poussière d’étoile au firmament

On est tous l’enfant d’un enfant

Prolongement d’un fil de temps

On est tous l’enfant d’un enfant

Rêveur au pas solitaire et errant

On est tous l’enfant d’un enfant

Enfance d’un autre aux pleurs mutants

 

Il était né pour donner un sens aux attentes enfantées

Par le labeur quotidien d’un père, d’une mère

Trésor au sein d’une famille, d’une lignée

Le visage d’une vie dont tous sont des plus fiers

 

Il est né, puis il est devenu maître de sa route

Comme le font les enfants depuis la nuit des temps

Bercé entre l’être et le devenir, le cœur en doute

Au sein d’un monde divisé d’idéaux et d’argent

 

On est tous l’enfant d’un enfant

Poussière d’étoile au firmament

On est tous l’enfant d’un enfant

Prolongement d’un fil de temps

On est tous l’enfant d’un enfant

Rêveur au pas solitaire et errant

On est tous l’enfant d’un enfant

Enfance d’un autre au regard mutant

 

 

Il est né comme un matin dévoilant l’horizon

Porteur de ses joies, de ses craintes, de son devenir

Héros fragile du quotidien qui anime tous les dragons

De la quête d’une place, d’un travail et d’un peu de plaisir

 

Il est né pour rendre l’homme plus homme

Comme ces millions de gens que le temps refait

Porteur de gestes de vie que nos rêves consomment

Il est plus facile d’espérer que d’être pleinement ce que l’on est

 

On est tous l’enfant d’un enfant

Poussière d’étoile au firmament

On est tous l’enfant d’un enfant

Prolongement d’un fil de temps

On est tous l’enfant d’un enfant

Rêveur au pas solitaire et errant

On est tous l’enfant d’un enfant

Enfance d’un autre au pas mutant

 

Publié 24 décembre 2007 par dandanjean dans Textes de mon cru

%d blogueurs aiment cette page :