Le vent du nord   Leave a comment

ImAGE lever du jour

Le vent du nord souffle sur notre région depuis plusieurs jours. Malgré le soleil, le fond de l’air reste frais. Les arbres sont secoués et pliés dans tous les sens. L’épais feuillage qui depuis peu les recouvre offre à la bise une résistance tout en souplesse et en grâce. Ils peuvent rompre sous la tempête, mais ils dansent dans le vent.

Nous sommes, dans l’ensemble, bien moins flexibles. Les épreuves de la vie nous font vaciller. Nos cœurs se brisent dans les secousses affectives. Nous pouvons être au sommet de la félicité un jour et jetés à terre le lendemain.

L’être humain n’est pas un roc. Être un chêne n’est pas plus rassurant. Il peut casser net. Mieux vaudrait être un roseau. Capable de s’adapter. Pouvant faire le dos rond sous les coups du sort et relever la tête après l’orage. Nous n’avons pas vraiment le choix. Mais, quel parcours intérieur à accomplir pour parvenir à cette résilience !

Le « roseau pensant » de Blaise Pascal est malheureux parce qu’il a conscience de sa fragilité et de sa mort certaine. La nature, elle, n’en sait rien et se porte comme un « charme » !

En l’être humain, tout ébranlement laisse des traces. Avec deux effets diamétralement opposés : les failles ouvertes jamais ne se referment. Elles s’additionnent les unes aux autres et augmentent notre fragilité. A l’inverse, les douleurs assumées et surmontées forgent en nous des pensées plus sages et plus fortes. Si nous conservons nos facultés de penser.

Le bât blesse souvent à cet endroit. Penser n’est plus une activité très prisée. Philosopher n’est plus au goût du jour. Il est plus noble d’être dans l’action, dans le « faire ». Tout le monde veut du concret. De l’immédiat. Du palpable. Et foin de la littérature !

Si le roseau cesse de penser, et notre monde court le risque de banaliser cette catastrophe, le roseau continuera, certes, de plier sans rompre, mais il ne goûtera jamais plus le bonheur de la résistance aux éléments contraires, ni la fierté de pouvoir redresser la tête, malgré tout. Des privilèges qui nous appartiennent, à nous, « roseaux pensants » !

Bernard Rodenstein

Une chanson de Le Vent du Nord – La Marche des Iroquois

Publié 21 mai 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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