Variations sur le silence

96635749_o

C’est sa main, cette nuit – le frisson de sa présence, tout ce grand ciel qui glisse – le frôlement des airs, le vent qui soulève la peau et la fait battre comme une voile, trois oiseaux, trois petites ombres sur l’ombre plus grande, sautillant d’une branche à l’autre, et tout le silence de la terre remontant comme une sève chaude, la nuit sur l’herbe, le baiser de l’infini et l’étoile qui s’allume comme un œil au fond de la chair tranquille, répandue loin avec l’espace étale, l’air invisible qui circule sans bruit.

Nous entendons mais du réel nous n’écoutons rien. Nous écoutons mais nous n’entendons pas. Parce que le cœur n’est pas tourné vers le silence. Parce que la parole ne penche pas vers le cœur. Parce que la bouche n’est pas cette oreille qui lui répond et la rejoint d’un même mouvement. Le regard se brouille d’un fourmillement de bruits décousus et insatiables. La vérité ne s’y trompe pas et n’a pas voulu de mot. Elle les décourage tous. Un petit reste renaîtra de cette exigence nouvelle.

Philippe Mac Leod dans Variations sur le silence

Une pièce musicale de Bill Evans – Like someone in love

 

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s