Joie et tristesse

Votre joie est votre tristesse sans masque. Et le même puits d’où fuse votre rire fut souvent rempli de vos larmes.

Et comment en serait-il autrement ? Plus profondément le chagrin creusera votre être, plus vous pourrez contenir de joie. La coupe qui contient votre vin n’est-elle pas la même coupe qui fut cuite dans le four du potier ? Et le luth qui caresse votre âme, n’est-il pas le même bois qui fut évidé au couteau ?

Lorsque vous êtes joyeux, regardez profondément en votre cœur et vous trouverez que ce qui vous apporte de la joie n’est autre que ce qui vous a donné de la tristesse. Lorsque vous êtes tristes, regardez à nouveau en votre cœur, et vous verrez qu’en vérité vous pleurez, pour ce qui fut votre délice.

Il en est parmi vous qui disent : « La joie est plus grande que la tristesse », et d’autres disent : « Non, la tristesse est plus grande. » Mais moi je vous dis qu’elles sont inséparables. Ensemble elles viennent, et quand l’une vient s’asseoir seule avec vous à votre table, rappelez- vous que l’autre dort sur votre lit.

En vérité vous êtes suspendus comme une balance entre votre tristesse et votre joie. Ce n’est que lorsque vos plateaux sont vides que vous êtes immobiles et en équilibre. Lorsque le gardien du trésor vous soulèvera pour peser son or et son argent, il faudra que votre joie ou votre tristesse s’élève ou s’abaisse.

Khalil Gibran dans Le prophète

Une pièce musicale de Ólafur Arnalds – Saudade (When We Are Born)

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