Regarder le cyprès

Mettre en lumière l’existence ? Oui, et c’est le point de départ. Si je vis sans avoir conscience de cette vie, cela revient à ne pas vivre. Je peux dire, alors, comme Albert Camus dans son roman L’Étranger : Je vis « comme un mort ». Les anciens disaient : « On vit dans l’oubli, on meurt dans le rêve. » Combien de gens se trouvent parmi nous et autour de nous, qui « vivent comme des morts » !… C’est pourquoi la première chose à faire est de redevenir vivant, de nous réveiller, d’être conscients de ce que nous sommes, de ce que nous faisons… Celui qui mange, qui est-il ? Et celui qui boit ? Celui qui est assis en méditation ? Et quel est-il, celui-là qui brûle sa vie par oubli et négligence ?

Produire le pouvoir de concentration ? Oui, car la conscience de l’être est une discipline qui aide l’homme à se réaliser. L’homme est prisonnier de son milieu social. Il est commandé par les événements sociaux. Il se disperse. Il se perd. Il ne peut revenir à son être intégral. Dans ce cas, être conscient de ce que l’on fait, de ce que l’on dit, de ce que l’on pense, c’est commencer à résister à l’invasion de l’homme par son milieu et par toutes les erreurs qui naissent de l’oubli. Quand la lampe de la conscience de l’être est allumée, la conscience morale s’éclaire ; et sont éclairés également les passages des pensées et des émotions. Le respect de soi-même est rétabli, les ténèbres des illusions ne peuvent plus envahir l’homme. De ce fait, la force spirituelle se concentre et se développe. Vous vous lavez les mains, vous vous habillez, vous faites les gestes de chaque jour comme avant ; mais, maintenant, vous êtes conscient de toutes vos actions, paroles et pensées.

Cette prescription n’est pas seulement destinée à un novice : cette prescription est pour tout le monde, y compris les grands illuminés, y compris le Bouddha lui-même. Et de fait, le pouvoir de concentration et la force spirituelle ne sont-ils pas ce qui caractérise les grands hommes de l’humanité ?

Faire éclore la Sagesse ? Oui, car le but ultime du Zen est la vision de la réalité, acquise par le pouvoir de concentration. Cette sagesse est l’Illumination, la perception de la vérité de l’être et de la vie. C’est ce que souhaitent atteindre tous les pratiquants du Zen

Thich Nhat Hanh dans Regarder le cyprès dans la cour

Une pièce musicale de Seong-Jin Cho – Debussy: Reflets dans l’eau | Yellow Lounge

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