
… si le vent s’arrêtait de souffler, même une seule seconde, pour nous permettre de le saisir, il cesserait d’être vent. Le même principe est applicable à la vie. Les choses et les événements sont évanescents ; nous ne pouvons donc les retenir pour en faire nos prisonniers.
*
L’expression importante est « lâcher-prise ». En effet, si le Koan est un symbole miniaturisé du gigantesque Koan de la vie, le grand dilemme que tout homme tente de résoudre – si inconsciemment qu’il soit – il ne peut, tout comme la vie, être saisi
*
Il atteint donc la liberté spirituelle au moment même où il s’aperçoit que la souffrance inhérente à l’homme procède de son envie d’enfermer le vent dans une boîte et de retenir la vie, sans lui donner la possibilité de vivre.
*
Le Zen sous-entend que l’on suive le mouvement de la vie. sans vouloir ni I’ arrêter ni interrompre son cours. C’est la raison pour laquelle on le définit quelquefois comme « un chemin sans détours », ou « le fait d’aller droit devant soi ». Une telle attitude suppose une compréhension immédiate des choses en tant que vie et mouvement et non simplement en tant que sensations et concepts, lesquels ne sont que les symboles morts d’une réalité vivante.
*
L’homme est libre de voyager où il lui plaît, mais il n’existe aucun endroit au monde où il puisse se soustraire à son Karma. Où qu’il aille, en montagne, en ville, il demeurera inexorablement victime de son mental vagabond. Le Karma le suit comme son ombre, une ombre véritable, car un dicton dit : « L’homme se tient dans son ombre et s’étonne qu’elle soit si sombre. »
Alan Watts dans L’esprit du Zen
Une pièce musicale de Armand Amar – Earth from Above La Genese
