Encyclopédie des mystiques

Mystères de l’Amour, volcan qui longtemps sommeille. Ce grand volcan, l’amour total, l’amour de tout, de toutes les beautés, de toutes les nudités, ce grand amour avait broyé, brûlé les scories des fausses pudeurs, des fausses terreurs, des timidités superstitieuses. Au sculpteur, il apprit à dévoiler les statues ; au gymnaste, à s’exercer le corps nu ; au philosophe, à dépouiller la vérité des illusions qui la cachent ; au géomètre, à lire des lignes idéales, recouvertes par la matérialités des figures. Ces vocations se retrouvaient souvent aux mêmes mains, sous le même front. Le philosophe était géomètre, le mystique enseignait à sculpter sa propre statue, et comme un athlète il luttait pour un enjeu : l’immortalité. Un grand enseignement mystique s’exprimait ainsi, dans cette ubiquité du génie : la Vie est Une, l’Amour est Un, sous des visages multiples. Cette multiplicité, le jeu incessant de ces métamorphoses, ne sont qu’illusion. Pour échapper aux charmes, et aussi aux maléfices de cette illusion, pour retrouver en soi-même cette unité profonde, l’étude des maîtres grecs s’impose ; ces philosophes furent des mystiques et des géomètres.

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Parler de mysticisme romain, c’est parler d’une rupture dramatique.

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Le mysticisme romain est placé dans une sorte de transition et d’attente. Il s’inspire des religions passées, il prépare le monothéisme à venir. Il est dérouté. Il ressent, dans l’étouffement, l’impossibilité de choisir.

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L’exemple d’Ulysse, échappant à tout prix à l’empire de Circé ou de Calypso, sans que le plaisir des yeux ou le spectacle des beautés corporelles puissent le retenir sur les rives enchantées, c’est le chemin à suivre. Pour revoir la chère patrie, il faut laisser de côté les secours inutiles ; il n’est besoin que d’ouvrir les yeux de l’âme vers le Père, le Premier, en fermant les yeux du corps.

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L’homme doit désencombrer sa vie du multiple dispersement.

Marie-Magdeleine Davy (1903-1998) est docteur en philosophie et en théologie, elle a eu une vie de chercheur universitaire au CNRS, où comme spécialiste du latin médiéval, elle a traduit les textes des mystiques du douzième siècle et publié sur la symbolique romane.

Marie-Madeleine Davy dans Encyclopédie des mystiques

Une pièce musicale de Parijat – Golden Light

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