
Une autre fois, je fis une autre expĂ©rience totalement diffĂ©rente avec Svâmiji. Minati Ă©tait dans un grand besoin personnel d’aller le voir pendant quelque temps. Le jour et l’heure de son arrivĂ©e Ă l’ashram de Channa avaient Ă©tĂ© fixĂ©s. Cependant, son voyage dut ĂŞtre retardĂ© d’un jour, parce que la fille d’un très cher docteur, que j’avais toujours traitĂ© depuis son enfance comme Ă©tant un ami, vint pour habiter avec nous après son mariage, sans nous en avoir informĂ©s prĂ©cĂ©demment. Elle s’Ă©tait mariĂ©e quelques mois auparavant. Minati et moi-mĂŞme avions beaucoup regrettĂ© de n’avoir pu assister Ă son mariage.
Naturellement, par consĂ©quent, je me rĂ©jouis de son arrivĂ©e et de celle de son mari. Et je m’attendais Ă ce que Minati retarde sa visite Ă l’ashram d’une semaine au moins. Mais le besoin de Minati d’ĂŞtre avec Svâmiji se rĂ©vĂ©la trop fort et c’est avec beaucoup de rĂ©ticence qu’elle le retarda d’une seule journĂ©e. Par consĂ©quent, un tĂ©lĂ©gramme fut envoyĂ© Ă Svâmiji pour l’informer du changement de programme. La fille de mon ami et son mari acceptèrent de rester avec moi pendant une semaine après le dĂ©part de Minati.
Quelques semaines plus tard, je pris un congĂ© de quinze jours, comme je le faisais de temps en temps, et me rendis Ă l’ashram. Et avant que je puisse trouver le moyen de me plaindre Ă Svâmiji du manque complet d’Ă©gard de Minati pour mes sentiments, Svâmiji me fit la surprise de me demander une explication pour avoir retardĂ© le dĂ©part de Minati d’une journĂ©e !
Je dis tout ce que j’avais Ă avancer pour ma dĂ©fense, mais Svâmiji n’y attacha pas la moindre importance : « Savez-vous, me dit-il d’un ton plutĂ´t sĂ©vère, que mĂŞme après avoir entendu la mĂŞme explication de la part de Minati pour votre dĂ©fense, je lui avais demandĂ© pourquoi elle avait cĂ©dĂ© Ă votre volontĂ© et avait retardĂ© son dĂ©part d’une journĂ©e ! » Avant que j’aie eu le temps de rassembler mes esprits pour absorber ce choc, Svâmiji revint Ă la charge : « Tous les inconvĂ©nients auxquels a Ă©tĂ© soumis Svâmiji pour rĂ©server le char Ă bĹ“ufs, pour l’envoyer Ă la gare, une fois de plus, ce n’est pas Ă Svâmiji lui-mĂŞme d’en parler, c’est Ă vous de les prendre en considĂ©ration. Mais le point le plus important, c’est que vous devez noter dĂ©finitivement qu’une tierce personne ne peut jamais se mettre entre Svâmiji et la personne dont il s’occupe. Si c’est ce que vous souhaitiez, vous auriez pu bien sĂ»r empĂŞcher Minati, parce que vous ĂŞtes son mari, de venir voir Svâmiji au tout dĂ©but. Mais l’ayant amenĂ©e une fois Ă Svâmiji, il ne vous appartient pas de dĂ©cider quand et pour combien de temps elle viendra sĂ©journer Ă l’ashram. »
Je fus stupĂ©fait de ce nouveau retournement de situation mais Svâmiji continua alors d’un ton plus doux : « Seul un besoin profondĂ©ment senti conduit des gens comme vous auprès de Svâmiji. Et Svâmiji reste prĂŞt a porter le fardeau que vous autres cherchez Ă mettre sur son dos, Comment quelqu’un pourrait-il comprendre et sentir la profondeur et le degrĂ© de besoin d’une personne, Ă un moment particulier, de venir auprès de Svâmiji ? »
Svâmiji nous demanda soudain à tous les deux :« Où est votre demeure ?
Sumangal Prakash dans Svâmi Prajnânpad, mon maître
Une pièce musicale de Anoushka Shankar – Reunion
