
Ceci est la raison pour laquelle toute « méthode », « discipline », etc… assujettie au je-concept est nécessairement un chemin qui nous éloigne de chez nous. Étant donné que toute action qui n’est pas une non-action, et ne peut être spontanée, se trouve accomplie sous la contrainte du je-concept –car il n’y a pas d’autre « acteur », j’entends d’autre acteur véritable — l’illumination ou satori ne peut être que la conséquence de la non-action.
*
Toute soi-disant volonté est une manifestation du je-concept. Qui recherche l’illumination ? Dans la mesure où cette dernière est recherchée sous la contrainte du je-concept, comment pourrait-elle être atteinte ?
*
Toute comparaison est fondée sur la mémoire, et la mémoire est une image fondée sur des engrammes. Il s’ensuit que tout jugement, toute appréciation est une interprétation d’images car même le présent est déjà un souvenir lorsque nous l’avons saisi. En conséquence, le processus interminable qui consiste à trouver les choses « bonnes » ou « moins bonnes » est une œuvre de l’imagination. Ne serait-il pas vraiment futile de supposer que de tels jugements, c’est-à-dire n’importe lequel d’entre eux et tous à la fois, puissent avoir quelque existence ou valeur absolue ?
*
Il n’est pas de Chemin ! Les Chemins mènent d’ici à là. Comment un chemin pourrait-il mener d’ici à ici ? Il ne pourrait que nous éloigner de « chez nous ».
Toutes les méthodes requièrent quelqu’un qui les pratique : qui est le je-concept.
Wei Wu Wei dans La voie négative
Une pièce musicale de Saint Lazarus · Aram Bajakian – White Horse Reprise
