
Or, cette unique Chose est aussi l’unique Pouvoir, parce que ce qui brille en un point, brille aussi dans tous les autres points : ceci étant saisi, tout le reste est saisi, il n’y a qu’un Pouvoir au monde et pas deux. Même un enfant saisit cela très bien : il est roi, il est invulnérable. Mais l’enfant grandit, il oublie. Et les hommes ont grandi, les nations, les civilisations, chacune cherchant à sa façon le Grand Secret, le simple secret – par les armes, les conquêtes, par la méditation, la magie, par la beauté, la religion ou la science. Et à vrai dire, nous ne savons pas très bien qui est le plus avancé, de l’ouvrier de l’Acropole, du mage de Thèbes ou de l’astronaute de Cap Kennedy, ni même du moine de Cîteaux, parce que les uns ont rejeté la vie pour la comprendre, les autres l’ont prise sans la comprendre, d’autres ont laissé une trace de beauté, et d’autres une traînée blanche dans un ciel pareil – nous sommes les derniers sur la liste, c’est tout. Et notre magie, nous ne la tenons pas encore. Le point, le tout petit point puissant, est toujours là sur la plage du grand monde, il brille pour qui veut, tel qu’il était quand nous n’étions pas encore hommes sous les étoiles.
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Mais puisque le corps terrestre est unique, le remède est unique, comme la Vérité, et un seul point transmué, transmuera tous les autres. Or, ce point là, il ne se trouve dans aucune de nos lois à améliorer, aucun de nos systèmes, de nos sciences, nos religions, nos écoles, nos « ismes » de toutes les couleurs et les odeurs – tout cela fait partie de la vieille Mécanique, il n’est pas un seul boulon à resserrer nulle part ni à ajouter ni à améliorer, nous sommes au grand complet de la suffocation. Et ce point là, il n’est pas même dans notre intelligence – c’est elle qui a combiné toute la Mécanique – ni même dans une amélioration de l’Humain, qui serait encore une glorification de ses faiblesses et de ses grandeurs passées. « L’imperfection de l’homme n’est pas le dernier mot de la Nature, disait Sri Aurobindo, mais sa perfection non plus n’est pas le dernier pic de l’Esprit. » Il est dans un avenir encore inconcevable pour notre intelligence mais qui pousse au cœur de l’être, comme la fleur du flamboyant quand toutes les feuilles sont tombées.
Satprem, né Bernard Enginger (1923-2007), Français, Breton, fut pendant vingt ans le confident de Mère, qui lui donna son nom véritable le 3 mars 1957 : Satprem « celui qui aime vraiment ». À l’âge de trente ans, il revient définitivement en Inde auprès de Celle qui cherchait le secret du passage à la « prochaine espèce », et forait en son corps ce passage. Mère, dont il deviendra le confident et le témoin pendant près de vingt ans.
Satprem dans La Genèse du Surhomme
Une pièce musicale de Chloé Antoniotti – Mangata

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