Voie sans voie

ÊTRE n’est pas un résultat, n’est pas une conséquence, mais le fondement, la Source originelle. Avant même que nous puissions “faire” et “avoir”, nous SOMMES. Et, après que “faire” et “avoir” se sont épuisés, toujours nous SOMMES. C’est de nous reconnaitre dans cette Primauté absolue qui nous procure le bonheur de l’Infini et la joie de l’Éternel.

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Pourquoi tolérer le personnage si nous ne sommes pas celui-ci ? Pourquoi en tenir compte et le prendre comme point de départ pour nous libérer ?

S’il est faux, s’il n’est qu’un jeu, nous ne devrions pas hésiter à l’éclipser ! Dessous son mensonge, nous sommes vrais. C’est le masque qui a besoin du visage pour être soutenu. Le visage, de façon naturelle, tient par lui-même !

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Par son renouveau permanent, l’instant reste pur, mais nous ne le remarquons pas. Au contraire, nous le prenons pour acquis. Nous voyons une succession d’instants, alors qu’il ne s’agit que d’un seul et même instant.

Nous sommes inconscients de cette ouverture de vie, de sa qualité vivifiante et sacrée. Par conséquent, notre caractère reste morne. Nous avons alors besoin d’animation, d’événements qui nous dynamisent. C’est comme si nous avions besoin d’un autre instant pour cet instant précis !

Il n’existe pas de meilleur instant que celui-ci ! C’est notre perception qui doit être changée. Le miroir est parfait ; il ne fait que renvoyer l’image que nous lui présentons.

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La lumière de l’Esprit n’est que lumière. C’est comme un écran. Quoi qu’il affiche, il reste un écran. L’écran de notre conscience est une clarté infinie. Il n’est rien de tout ce qui émerge et apparaît en lui.
Toute notre illusion est vide. Nous n’avons pas besoin de nous en débarrasser. Nous n’avons pas besoin de la transformer en autre chose. Ce n’est pas existant ! Alors, si, plutôt que de nous bloquer avec les pensées nées de notre imaginaire, de suite, nous redonnions l’avantage au réel, à la vérité de l’instant ?

Denis Marie dans La voie sans voie

Une pièce musicale Gede Yudis – Growth