La paix est notre avenir

La plupart des gens associent la paix à des colombes, des fleurs et des T-shirts bariolés. Faire la paix serait un travail réservé aux personnes calmes, les romantiques, ceux qui ont la chance d’être bien équilibrés, et guidés par une forme de spiritualité. On admire volontiers Martin Luther King et Mahatma Ghandi, on les érige en modèles : ils ont fait un rêve et ils ont triomphé. C’est oublier qu’ils l’ont payé de leur vie. J’ai travaillé dans des zones de conflit, moi aussi, j’ai conduit des négociations entre des partis ennemis, j’ai accompagné des gens à qui la guerre avait tout pris. Ceux qui font la paix ne voient pas le monde avec des lunettes roses. Ils regardent en face ce que l’humanité peut avoir de pire. Ils acceptent de souffrir, d’être méprisés ou humiliés, tout en trouvant en eux les ressources pour ne pas sombrer dans la noirceur.

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Notre peuple ne se divise pas entre Israéliens et Palestiniens, mais entre ceux qui croient à la paix, et ceux qui n`y croient pas, ou pas encore

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L’une des originalités de notre duo, c’est que nous faisons partie des premiers, au sein de nos communautés respectives, à avoir appelé à la paix après le 7 octobre. Quand tout Israël (y compris certains pacifistes) criait vengeance, Maoz et sa famille se sont prononcés contre les bombardements à Gaza. Et malgré le deuil qui les frappait, ils ont été parmi les premiers à témoigner de l’empathie pour les Palestiniens. Combien, comme eux, ont cette force ? De mon côté, je fais partie de la minorité de Palestiens qui ont d’emblée condamné les attaques du Hamas. Là encore, nous étions peu nombreux. D’un côté comme de l’autre, les opinions étaient aveuglées par la peine, la peur et la haine.

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Quand tu es dans le désert, tu as besoin d’eau. Quand tu es en guerre, c’est de paix que tu as besoin.

Nous avons écrit ce livre à deux. Aziz est palestinien, il a perdu son frère dans la première Intifada ; Maoz est israélien, ses parents sont morts le 7 octobre 2023. Nous aurions pu nous haïr, c’est ce que tout le monde attendait. Dans le monde où nous sommes nés, l’amitié entre Israéliens et Palestiniens semble inconcevable. Mais la douleur du deuil n’a pas fait de nous des ennemis. Au contraire, elle nous a rapprochés.

Aziz Abu Sarah et Maoz Inon dans La paix est notre avenir : Un voyage de réconciliation en Terre Sainte

Une pièce musicale filoBarocco | Bergamasca | Marco Uccellini