Texaco

Parti pour découvrir la Martinique, je vous propose quelques vidéos et textes d’écrivains sur cette île.

La sève du feuillage ne s’élucide qu’au secret des racines.

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Porter la liberté est la seule charge qui redresse bien le dos.

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Les vies n’ont pas de sens en fait, elles vont et viennent souvent comme des tsunamis, avec le même fracas, et elles drainent des débris qui croupissent dans ta tête comme autant de reliques, qui te semblent des trésors et ne tiennent pas la position. Quelle nécropole de sensations !… ces battements de cœur dont il ne reste rien… ces sourires attestés par une simple ride… à quoi servent ces gens que l’on rencontre, et qui passent, et qui passent, et s’effacent ?… et pourquoi oublier ceux qu’il serait agréable de ne pas oublier, ces êtres de cœur à votre image, et qui s’éloignent de vous… zombis fugaces, comment vous accorer ?

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Les heures quiètes du dimanche se voyaient transpercées des ovations de monsieur Gros-Joseph Que sais-je, mais que sais-je ?! Oh l’aimable homme… ! De parler français comme Michel de Montaigne, l’enivrait pour de bon. Lui (toujours furieux, toujours précis toujours très sec dans ses affaires), devenait dans sa bibliothèque, avec son De Montaigne, tendre, aérien, rayonnant de vertu, de piété et de grâce. Parfois, son ouvrage refermé plaqué sur sa poitrine, il renversait la tête pour un soupir d’extase, que j’entendis parfois chez mon cher Esternome : Aaaah, la Fraaance… disait-il.

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Je voulais qu’il soit chanté quelque part dans l’écoute des générations à venir, que nous nous étions battus … pour nous conquérir nous-mêmes …

Patrick Chamoiseau dans Texaco

Une pièce musicale de Max Cilla – La flûte des mornes