
Les bananes, même celles vendues dans les supermarchés, avaient toutes un jour été reliées à la terre. Elles étaient toutes des cadeaux de la terre.
J’ai réalisé que la banane devant moi avait été baignée par le soleil, et, tout comme une maman tient délicatement son nouveau-né dans ses bras pour lui donner son lait, elle avait été nourrie et élevée avec le plus grand soin par sa maman arbre.
Et soudain, le choc. Les bananes, je ne les avais vues que disposées sur des étals. Jamais, pas une seule fois au cours de mon existence, je n’avais vu une banane encore rattachée à la terre.
Je me suis empressée de prendre mon téléphone et de chercher sur internet à quoi ressemblait une banane à l’état sauvage. Auréolées d’un vert profond, les bananes souriaient en prenant le soleil dans un endroit où l’air était dense, une densité telle qu’elle était perceptible à travers l’écran du téléphone. Oui, les bananes souriaient, il ne pouvait en être autrement. Je venais de découvrir que les animaux n’étaient pas les seuls à sourire, les plantes aussi.
Ces vies si précieuses, je les avais mangées sans jamais les considérer.
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Vivre pleinement chaque jour. Ne pas les expédier, juste parce que la fin était proche, mais savourer a vie jusqu’à la dernière goutte. J’avais en tête l’image d’un roulé au chocolat vendu par la pâtisserie de la ville où j’habitais avec mon père. Mon but, à présent, était de vivre ma vie jusqu’au bout, tout comme ce cornet était rempli de chocolat d’un bout à l’autre.
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Vivre c’est être la lumière de quelqu’un d’autre.
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La vie ne se passait pas toujours comme prévu. C’était ce que m’avaient appris ces trente et quelques années passées sur terre. Mais c’était précisément parce que la vie était imprévisible que l’on pouvait savourer la joie de surmonter les obstacles.
Ito Ogawa (1973- ) est une écrivaine japonaise.
Ito Ogawa dans Le Goûter du lion
Une pièce musicale de Sangit Om – In Balance
