
Je propose la méthode suivante : trois minutes, trois fois par jour d’écoute de soi-même sans jugement, sans reproche, sans conseil, sans tentative de solution. Trois minutes pleines de présence à vous et non à vos projets ni à vos préoccupations. Trois minutes pour faire le point de votre état des lieux intérieur sans essayer de rien changer. Trois minutes pour vous relier à vous-même, vérifier que vous vous habitez bien. C’est de cette qualité de présence à vous-même que pourra naître la qualité de présence à l’autre.
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Communiquer c’est exprimer et écouter, c’est s’exprimer et laisser l’autre s’exprimer, s’écouter soi, écouter l’autre et souvent s’assurer que l’on s’est bien écoutés mutuellement. Beaucoup de difficultés de relation viennent de ce que l’on ne prend pas la peine de s’assurer que l’on a bien entendu l’autre et que l’autre nous a bien entendu. Répéter ou reformuler au besoin ce que l’autre a dit permettra souvent de vérifier qu’on l’a bien compris. Inviter l’autre à répéter ou à reformuler ce que l’on a dit permettra souvent de vérifier que l’on est bien compris par lui.
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Pour éviter la violence de la pensée binaire qui entretient dans la coupure, la séparation et la division l’on a tout intérêt à bien connaître ses besoins, à les identifier les uns par rapports aux autres, à dégager des priorités de façon à devenir de plus en plus à même de comprendre les besoins de l’autre, d’accueillir ses priorités et d’acquérir petit à petit plus d’aisance pour traiter souplement cette matière avec lui.
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Je suis personnellement frappé de voir combien la peur a longtemps imprégné la plupart de mes rapports, de mes relations humaines : peur de ce que l’autre pense, peur de ce qu’il ne pense pas, peur de ce qu’il dit, peur de ce qu’il ne dit pas, peur d’un excès de paroles, peur d’un silence trop long, peur d’un manque d’amour, peur d’un excès d’amour, peur de parler, peur de taire, peur d’être seul, peur d’entrer en relation, peur de n’avoir rien à faire, peur d’être débordé de travail, peur de plaire, peur de déplaire, peur de séduire… Bon sang, que de peurs! Et que d’énergie consacrée à combattre ces peurs!
Il m’a fallu longtemps pour réaliser que toute cette énergie « bouffée » par la peur n’était donc plus disponible pour l’action, la création, pour être, simplement.
Thomas d’Ansembourg dans Cessez d’être gentil, soyez vrai !
Une pièce musicale de Richter: Perihelion
