Nouvel An, le renouvellement

Puisque le Nouvel An est une réactualisation de la cosmogonie, il implique la reprise du Temps à son commencement, c’est-à-dire la restauration du Temps primordial, du Temps « pur », celui qui existait au moment de la Création. Pour cette raison, à l’occasion du Nouvel An, on procède à des « purifications » et à l’expulsion des pêchés, des démons ou simplement d’un bouc émissaire. Car il ne s’agit pas seulement de la cessation effective d’un certain intervalle temporel et du début d’un autre intervalle (comme s’imagine, par exemple, un homme moderne) mais aussi de l’abolition de l’année passée et du temps écoulé. Tel est, d’ailleurs, le sens des purifications rituelles : une combustion, une annulation des péchés et des fautes de l’individu et de la communauté dans son ensemble, et non une simple « purification ».

*

L’idée de renouvellement –que nous avons rencontrée dans les rituels du Nouvel An, où il s’agissait à la fois du renouvellement du Temps et de la régénération du Monde –se retrouve dans les scénarios orgiastiques agraires. Ici aussi l’orgie est une régression dans la Nuit cosmique, le préformel, dans les « Eaux », pour assurer la régénération totale de la Vie, et en conséquence la fertilité de la Terre et l’opulence des récoltes.

Mircea Eliade dans Le sacré et le profane

Une pièce musicale de Ludovico Einaudi – Luminous