Poussières d’étoiles   Leave a comment

Perséides Mont-Sainte-Anne

À très petite échelle, la texture cosmique se résout en une multitude d’unités élémentaires : les galaxies. Comme des raisins enfouis dans la pâte d’un gigantesque pudding. La comparaison peut se poursuivre. Au four, le pudding va gonfler. Dans le volume de la pâte, les raisins vont s’éloigner les uns des autres, d’une façon uniforme. De même, nous l’observons au télescope, toutes les galaxies s’éloignent lentement les unes des autres. Ce mouvement a été observé pour la première fois il y a une soixantaine d’années. Il se confirme maintenant jusqu’à de très grandes distances.

Installez-vous par la pensée sur un raisin de notre pudding au four. Les raisins voisins s’éloignent lentement. Les plus lointains se déplacent à des vitesses beaucoup plus élevées. Il en va ainsi des galaxies. Certaines d’entre elles, situées aux plus grandes distances accessibles à nos télescopes (environ dix milliards d’années-lumière), filent à 90 % de la vitesse de la lumière (soit 270 000 kilomètres par seconde). Chaque raisin voit le même paysage. Tous ses confrères s’éloignent de lui. Ils s’éloignent d’autant plus vite qu’ils sont plus loin. Notre raisin pourrait se croire le centre du monde. Un instant de réflexion lui évitera cette désillusion. Comme il nous l’évite par rapport aux galaxies qui nous entourent.

Il est difficile de se représenter l’image d’un univers à la fois infini et en expansion. J’ai trouvé l’idée suivante : ramenons le problème à une seule dimension. Imaginons un mètre à mesurer, de longueur infinie (fig. 15). Il s’étend devant nous à gauche et à droite. Des deux côtés, il se perd à l’horizon. Pour les besoins de notre comparaison, le mètre sera en métal. On va le chauffer progressivement sur toute sa longueur. Il va se dilater. La distance entre les unités va s’accroître lentement et uniformément. Partout! L’avantage de l’infini, c’est précisément qu’il n’y a pas de frontière, pas de mur pour nuire à la progression. De même, chaque paire de galaxies voit s’accroître la distance qui les sépare sans que jamais l’espace lui manque. L’espace infini est infiniment dilatable.

Hubert Reeves dans Poussières d’étoiles

Une chanson de Bruce Cockburn – Starwheel

Publié 31 août 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

Tag(s) associé(s) : ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :