L’accordeur de silences

ImAGE Lotus crystal

A quoi sert de croire en Dieu si on perd foi dans les hommes ?

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Chaque silence est une musique à l’état de gestation.

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La colère n’est qu’une manière différente de pleurer.

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Aujourd’hui, je sais : aucune rue n’est petite. Elles cachent toutes des histoires infinies, elles dissimulent toutes d’inénarrables secrets.

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Aucun gouvernement au monde ne commande davantage que la peur et la culpabilité.

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Les morts ne meurent pas lorsqu’ils cessent de vivre, mais quand nous les vouons à l’oubli.

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Des attentes. Voilà ce que ramène la route. Et ce sont les attentes qui font vieillir.

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Je suis né pour me taire. Le silence est mon unique vocation. C’est mon père qui m’a expliqué: j’ai un don pour ne pas parler, un talent pour épurer les silences. J’écris bien, silences, u pluriel. Oui, car il n’est pas de silence unique. Et chaque silence est une musique à l’état de gestation.

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Né sans le vouloir, il avait vécu sans désir, il mourrait sans prévenir et sans crier gare.

Mia Couto dans L’accordeur de silences

Une pièce musicale The Sound of Silence – 18 String Harp Guitar Cover

L’épopée vers soi

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Il nous est possible de mieux gérer sa vie et de planifier notre parcours étapes par étapes. Nous allons ainsi connaître exactement où nous en sommes et ce qu’il nous reste à faire pour atteindre les limites de notre horizon et le terminus au bout du chemin. Il est possible de se donner des conditions contribuant à notre bonheur.

Pour certains, cette approche ne répond pas à un besoin de découverte qui les anime.

Ils choisissent alors de prendre une voie alternative et parcourir leur vie au rythme de leur appréciation, guidé par les repères et les signes.

Ils prennent alors le risque de laisser derrière eux leurs propres limites et leur horizon pour avancer sur un parcours sans balises, créant leur propre épopée.

Nos choix ne devraient pas mener à l’exclusion sociale, mais plutôt alimenter la diversité d’une communauté en santé.

Il n’y a pas de meilleur choix, il y a que des choix qui appellent par cœur.

Une chanson de Charlotte Cardin – Paradise Motion

Les paroles en français sur https://greatsong.net/traduction-paradise-motion-charlotte-cardin

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

 

S’asseoir tout simplement

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Dans son Recueil de la transmission de la lumière, le maître zen Keizan écrivait à propos de ce moment d’abdication où le corps et l’esprit se dépouillent :

Une fois qu’on a atteint ce lieu, on est comme un panier sans fond ou comme un bol percé.

Quoi qu’on y mette et remette, il ne peut rien contenir, quoi qu’on y verse et reverse, il ne peut se remplir. Lorsque cet instant survient, on dit que le fond du tonneau a cédé.

Seule l’audace peut nous conduire en ce lieu.

Le calme comme l’absence de calme sont alors délaissés — dépassés.

La méditation zen ne prend sens que sur le fond de cette rupture de toutes les digues intérieures. Il n’existe aucune méthode qui permette de faire céder le fond du tonneau ; ni les techniques ni le bâton ne le peuvent.

La seule façon qu’il cède, c’est de se permettre qu’il cède. La clé est là : se permettre. Nous croyons que des pensées, des images, des malaises nous encombrent. En réalité, seules les peurs et les confusions nous encombrent vraiment. Atteindre ce point paraît impossible. Et pourtant, c’est facile : il suffit. On ressent alors que la méditation n’est pas affaire de calme mais bien de liberté.

Tout devient pur et nu, lumineux et transparent. La lumière originelle irradie de votre squelette.

Éric Rommeluère dans S’asseoir tout simplement : L’art de la méditation zen

Une pièce musicale d’Eric Aron – Kalpa

Ce bien qui fait tant de mal

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Garde-toi de la tentation de vouloir déterminer ce dont les autres ont besoin, c’est une tare qui peut faire tant de mal.

Bien sure, nous pouvons aider les autres, après avoir vérifié ce qu’ils désirent réellement, ce qui correspond à leur besoin sur la voie qu’ils ont entrepris.

J’ai vu tant de personnes meubler leur quotidien de gestes envers les autres, déterminer ce qu’il faut faire, ce qu’il faut dire et même ce qu’il faut penser.

Ces personnes disent qu’ils aident les autres, mais dans les faits, elles ne font que prêcher leurs valeurs, leurs croyances, leurs besoins et leurs peurs afin de se sécuriser et de faire en sorte que le profit de reconnaissance s’accumule. L’égo grossit et avec une intention de bienveillance, vous semez la terreur.

Il est facile de vivre dans l’illusion et de se leurrer au point d’en arriver à se convaincre que nous voulons le bien de tous en imposant notre façon de voir.  Dans les faits, nous ne faisons que de la représentation pour plus de reconnaissance.

Celui qui se laisse guider uniquement par son opinion sur ce qui est bon pour les autres emprisonne son entourage dans une tour singulière qui n’a rien d’universel. Cette personne est dangereuse autant pour elle que pour les autres.

Une pièce musicale d’Akasha Experience – Om Purnamada

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Humain, trop humain

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Celui qui veut seulement dans une certaine mesure arriver à la liberté de la raison n’a pas le droit pendant longtemps de se sentir sur terre autrement qu’en voyageur, — et non pas même pour un voyage vers un but final : car il n’y en a point.

Mais il se proposera de bien observer et d’avoir les yeux ouverts pour tout ce qui se passe réellement dans le monde ; c’est, pourquoi il ne peut attacher trop fortement son cœur à rien de particulier ; il faut qu’il y ait toujours en lui quelque chose du voyageur, qui trouve son plaisir au changement et au passage. Sans doute un pareil homme aura des nuits mauvaises, où il sera las et trouvera fermée la porte de la ville qui devait lui offrir un repos ; peut-être qu’en outre, comme en Orient, le désert s’étendra jusqu’à cette porte, que les bêtes de proie hurleront tantôt loin, tantôt près, qu’un vent violent se lèvera, que des brigands lui raviront ses bêtes de somme.

Alors peut-être l’épouvantable nuit descendra pour lui comme un second désert sur le désert, et son cœur sera-t-il las de voyager. Qu’alors l’aube se lève pour lui, brûlante comme une divinité de colère, que la ville s’ouvre, il y verra peut-être sur les visages des habitants plus encore de désert, de saleté, de fourbe, d’insécurité que devant les portes — et le jour sera pire presque que la nuit.

Ainsi peut-il en arriver parfois au voyageur ; mais ensuite viennent, en compensation, les matins délicieux d’autres régions et d’autres journées, où dès le point du jour il voit dans le brouillard des monts les chœurs des Muses s’avancer en dansant à sa rencontre, où plus tard, lorsque paisible, dans l’équilibre de l’âme des matinées, il se promène sous des arbres, verra-t-il de leurs cimes et de leurs frondaisons tomber à ses pieds une foison de choses bonnes et claires, les présents de tous les libres esprits qui sont chez eux dans la montagne, la forêt et la solitude, et qui, tout comme lui, à leur manière tantôt joyeuse et tantôt réfléchie, sont voyageurs et philosophes.

Nés des mystères du matin, ils songent à ce qui peut donner au jour, entre le dixième et le douzième coup de cloche, un visage si pur, si pénétré de lumière, si joyeux de clarté, — ils cherchent la philosophie d’avant-midi.

Friedrich Nietzsche dans Humain, trop humain, tome 1

Une pièce musicale 2001: A Space Odyssey Theme • Also Sprach Zarathustra • Richard Strauss