Retour au meilleur des mondes

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La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter.

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L’essence du bel esprit peut devenir la substance même du mensonge. Si élégante et amie de la mémoire qu’elle soit, la concision ne peut jamais, dans la nature des choses, rendre compte de tous les faits composant une situation complexe. Sur un pareil thème, on ne peut être concis que par omission et simplification, deux procédés qui nous aident à comprendre, certes – mais, dans bien des cas, de travers – les formules adroitement tournées de l’abréviateur et non pas l’immense réalité ramifiée dont ces notions ont été abstraites avec tant d’arbitraire.

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Plus on est nombreux, moins on peut se gouverner soi-même. Plus le corps électoral est vaste, moins chaque vote individuel a de valeur.

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Les candidats auxquels il a donné sa voix sont loin au sommet de la pyramide du pouvoir. En théorie ils sont les serviteurs du peuple, mais en pratique ce sont eux qui donnent les ordres et c’est le peuple souverain en bas du grand édifice qui doit obéir.

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La réduction théorique de l’ingouvernable multiplicité à l’unité compréhensible devient la réduction pratique de la diversité humaine à l’uniformité crétinisée, de la liberté à la servitude. En politique, l’équivalent d’une théorie scientifique ou d’un système philosophique parfaitement achevé, c’est une dictature totalitaire.

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Dans des conditions favorables, pratiquement n’importe qui peut être converti à n’importe quoi.

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Il n’existe de valeur qu’en fonction de la vie et de la conscience qu’en prend l’individu, une organisation n’est ni consciente, ni vivante, et sa valeur est celle d’un instrument d’un dérivé. Elle ne saurait être bonne en soi, elle ne l’est que dans la mesure où elle contribue au bien des individus la composant. Lui donner le pas sur les personnes, c’est subordonner la fin aux moyens.

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Aldous Huxley dans Retour au meilleur des mondes

Une pi;ece musciale Gustavo Dudamel : Dvorak – Symphony no. 9 – 4th movement – Allegro con fuoco

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