Le cœur est un muscle involontaire

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À quoi l’on sert quand on ne rend personne heureux ?

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Je succombe toujours aux gens qui rient. Les gens qui rient m’introduisent un instant dans leur propre tribu. Qu’est-ce qu’un rire, après tout ? Une explosion d’enfance partagée. C’est dans le rire que l’humanité nivelle ses différences et efface ses rides.

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Quand je marche, il m’arrive d’accepter de ne plus rien avoir, aucun garde-fou, aucune certitude, aucun trésor à moi, et de m’en sentir vraiment légère, puisque le sol infatigable continue de me supporter.

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La peur est dure et infranchissable, mais si on fonce dedans, on la traverse comme une feuille de papier sur laquelle un farceur aurait dessiné des briques.

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Je me suis dit que, pour se cacher, la nudité était aussi efficace qu’une burqa d’Afghane.

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Les transitions sont des moments dangereux qui nous perchent au milieu de rien, désintégrés par la perte de l’instant fort auquel on s’était habitué et l’inexistence de celui qui suivra (manger? travailler? pleurer?). C’est sûrement dans les transitions que les dépressifs sombrent dans la dépression, les criminels dans le crime, et les artistes dignes de ce nom dans des illuminations qui bousculeront leur vie et celle des autres.

Monique Proulx dans Le cœur est un muscle involontaire

Une pièce musicale de Ludwig van Beethoven — Melody of Love

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