La puissance du néant

Alexandra David-Neil

Les choses sont mues par les propriétés inhérentes à la substance qui les composent. Le monde et les êtres qui le constituent se meuvent, aussi, selon leurs lois propres et celui qui croit diriger leur organisation et leur mouvement s’abuse, ne voyant pas que lui-même est pris dans le jeu inéluctable des éléments divers formant le monde parce que lui-même est un de ces éléments. Le sage sait cela et « en se mouvant, il reste immobile; en agissant, il n’agit pas.

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Le monde n’était qu’une fresque peinte sur le vide…

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L’acte d’entrer suppose une ouverture qui le permette. On entre par une porte, par une fenêtre, par une crevasse dans le roc, une brèche dans un mur…

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Quelle qu’ait pu être l’ouverture qui avait permis son passage, elle pouvait avoir deux fins : servir à entrer et servir à sortir. La seule difficulté consistait à la trouver. On l’avait franchie dans un état d’inconscience, ensuite on ne parvenait pas à la distinguer dans le décor environnant. Là était le secret. Tous les personnages qui s’agitaient dans la fresque étaient des prisonniers incapables de trouver la porte de leur prison.

Alexandra David-Néel dans La puissance du néant

Une pièce musicale de Karunesh – Ancient Voices

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