L’art d’être vulnérable

Fabrice Midal

La vulnérabilité n’est pas aussi effrayante que nous le croyons. Au contraire. Mais il faut distinguer deux aspects de la vulnérabilité. La première nous laisse sans la moindre ressource. Nous sommes à la merci de tout. Terrassé à la moindre bourrasque. Sans aucun appui.

La seconde, en revanche, est pure richesse. Elle témoigne de notre capacité à ne pas avoir besoin d’avoir toujours raison, à ne pas avoir besoin d’être toujours en sécurité et donc à pouvoir accueillir le vent comme la pluie.

*

Cette vulnérabilité nous garde du fanatisme qui partout s’impose. Elle pense sa propre limite. Elle accepte de ne pas tout pouvoir. De ne pas tout savoir. Elle a le visage de la pudeur qui nous accorde à l’essentiel – sans chercher à le cerner, à le capturer ou à le posséder.

Elle est ainsi le socle de toute éthique possible.

Il faut lui donner droit. Voulons-nous devenir les fonctionnaires de la dictature de l’utilité, insensibles, seulement soucieux des règlements et des usages, obsédés par le souci de n’être jamais pris en défaut, de ne prendre aucun risque, de garder toujours une contenance, ou sommes-nous prêts à accepter la vulnérabilité de notre être et la tendresse du monde ?

Fabrice Midal dans La tendresse du monde : L’art d’être vulnérable

Une pièce musicale de Sting – Fragile

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/248589-sting-fragile.html

2 réflexions au sujet de « L’art d’être vulnérable »

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