Humilité, humilité, humilité !

Avec son doute systématique, la science est une merveilleuse école d’humilité. À l’orgueil du « guérisseur », qui prétend guérir, elle oppose l’humilité du médecin, qui soigne du mieux qu’il peut dans le but de guérir, tout en sachant qu’il ne peut pas être sûr d’atteindre ce but. De même, à l’orgueil du croyant, qui prétend connaître la vérité ou, du moins, connaître le chemin vers la vérité, elle oppose l’humilité du chercheur, qui sait qu’il ne peut que s’approcher pas à pas, à l’aveugle ou presque, d’une hypothétique vérité ultime, sans jamais l’atteindre. C’est pourtant cette humilité qui s’avère être, de loin, la plus féconde. C’est la remise en question permanente qui permet d’avancer. De goutte d’eau en goutte d’eau, la recherche qu’elle motive finit par remplir des océans de savoir.

« Les connaissances, c’est la science, et la science ne saurait admettre la moindre hypocrisie, la moindre présomption ; ce qu’elle exige, c’est assurément le contraire : l’honnêteté et la modestie » (Mao Tsé-Toung, De la pratique et de la contradiction)

Il faut toutefois reconnaître que, si le chercheur, dans sa pratique, exerce nécessairement cette modestie, prix inévitable à payer pour la fécondité, il garde au fond de lui quelque chose qui ressemble à de l’orgueil : le pari fou de l’intelligibilité ! Il est convaincu que sa raison peut venir à bout d’une multitude immense d’interrogations sur l’Univers et sur son fonctionnement. Il éprouve une certaine fierté à découvrir ces secrets du monde restés cachés jusqu’à ce qu’il les découvre. Il faut dire, à sa décharge, que ce pari fou de l’intelligibilité est presque toujours gagné ! Quand ce sujet émerge dans une conversation, j’ai coutume de comparer le chercheur à un pilote automobile. À lui aussi, il faut, pour gagner, un moteur puissant et performant : c’est cette sorte d’orgueil « bien placé » qui le fournit. Mais, sans des freins eux-aussi puissants et performants, il partirait dans le décor au premier virage : c’est l’humilité qui fournit ces freins. Et tant pis pour la contradiction !

Gérard Santarini dans Croire ou savoir? : Petites graines de réflexion pour un monde meilleur

Une pièce musicale de Supertramp – Logical song

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/247861.html

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