Guérir de l’ego

L’humain ne saurait être découpé en tranches. Toute homme, toute femme ne peut aborder un enseignement spirituel qu’avec la totalité de son humanité, corps, psychisme et « esprit ». Les enseignants spirituels accomplis se sont de tous temps, bien avant l’invention relativement récente de « la psychologie » adressé à l’intégralité de l’humain. Ils l’ont fait avec leurs outils, souvent symboliques et dans des contextes où la relation maître disciple, aujourd’hui si mal comprise qu’elle mériterait qu’on y consacre à elle seule tout un petit traité, intégrait et utilisait les dynamismes de « transfert » et autres « projections » bien avant qu’ils soient énoncés dans le paradigme moderne.

 A la vérité, l’opposition entre « psychologie » et « spiritualité » s’avère tout à fait récente et artificielle. Ainsi qu’il en va souvent, cette opposition erronée se fonde sur une vérité : il importe bien de distinguer le niveau psychologique du niveau spirituel, la psyché de la pneuma. Il est tout à fait exact qu’aujourd’hui nombre de personnes plus ou moins investies dans une recherche dite « spirituelle » aspirent d’abord et avant tout à émerger de leur mal être et au final se soucient peu de la découverte d’une dimension « non née non composée » (à moins de ne voir en elle qu’une panacée, ultime remède à toute souffrance). Ces « chercheurs », de fait, abordent les enseignements spirituels comme autant de possibles outils de guérison psychologique. Ce glissement s’avère particulièrement manifeste dans tout le domaine du développement personnel, « pleine conscience » et autres approches qui voient des exercices au départ traditionnels, telle notamment la méditation, extraits de leur contexte pour être appliqués un une quête de bien être, voire à l’entreprise et à l’optimisation de ses performances.

Et d’ailleurs, pourquoi pas, à condition de ne pas tout confondre…  Sans compter qu’ainsi que le faisait souvent remarquer Arnaud Desjardins, les êtres humains « mal dans leur peau » qui frappent à la porte d’un ashram ou d’un monastère, le font parce qu’au-delà de leur mal être, ils sont bel et bien, même si confusément, touchés et appelés par une dimension « autre », faute de quoi ils se borneraient au cabinet du thérapeute ou du psychiatre.

L’opposition de plus en plus courante entre « psychologie » et « spiritualité » conduit à divers pièges et impasses en miroir les uns des autres.

Gilles Farcet dans Guérir l’ego, guérir de l’ego

Une pièce musicale de The Good, the Bad and the Ugly – The Danish National Symphony Orchestra

2 réflexions au sujet de « Guérir de l’ego »

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