Orages

Hier, je me suis installé devant la porte du temple, et j’ai demandé aux passants de me parler de l’amour et de ses mystères.

Un vieillard affaibli m’a expliqué que l’amour est faiblesse.

Une femme accablée, au regard éteint, m’a mis en garde :

– L’amour est un poison mortel, il se mélange à la rosée du matin. Il enivre les âmes assoiffées pendant une heure, les gardent éveillées pendant un an, puis les tue pour des siècles.

Une jeune fille souriante m’a assurée que l’amour est une élévation exaltante, réservée aux âmes vigoureuses.

Un homme barbu vêtu de noir traita l’amour d’idiotie accompagnant l’adolescence, disparaissant à l’âge mûr.

Un bel homme pensait que l’amour nous éclaire. Et un aveugle savait que l’amour est brouillard.

Un guitariste chantonnait à la gloire de l’amour, qui fait de la vie un rêve doux, et du réveil un enchantement.

Un vieillard au dos courbé, trainant ses pieds avec peine, déclara que l’amour est le repos éternel du corps et de l’âme.

Tandis qu’un enfant de cinq ans me répondit : « L’amour est mon père et ma mère, ils sont les seuls à le connaitre. »

C’est ainsi que durant la journée, j’ai écouté les gens. Chacun attribuait à l’amour une part de lui-même.

Khalil Gibran dans Orages

Une pièce musicale de National Arab Orchestra – In Rah Minnak Ya ‘Ayn / إن راح منك يا عين – Nibal Malshi / نبال ملشي

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