
Les trois préceptes fondamentaux d’Épictète : ne rien admettre dans l’esprit qui ne soit objectif, donner toujours comme fin à ses actions le bien de la communauté humaine, conformer ses désirs à l’ordre rationnel de l’univers.
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Premièrement reconnaître à l’autre le droit de s’exprimer, deuxièmement reconnaître que, s’il y a une évidence, on se rallie à cette évidence, ce qui est souvent difficile quand on découvre qu’on a tort, et puis, troisièmement, reconnaître au-dessus des interlocuteurs la norme de ce que les Grecs appellent logos : un discours objectif, qui cherche en tout cas à être objectif.
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Ce qui importe, ce n’est pas ce que l’on fait, mais comment on le fait.
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Vivre comme si l’on vivait son dernier jour, sa dernière heure. Une telle attitude exige une totale conversion de l’attention. Ne plus se projeter dans l’avenir, mais considérer en elle-même et pour elle-même l’action que l’on fait, ne plus regarder le monde comme le simple cadre de notre action, mais le regarder en lui-même et pour lui-même.
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Il s’agit de se mettre à la place des autres, et d’essayer de replacer notre action à la fois dans la visée de l’humanité, pas de l’humanité abstraite, mais des autres hommes, dans la visée aussi du monde, non pas tellement pour dire ce que nous pouvons apporter au cosmos, mais pour replacer les évènements dans cette large perspective.
Pierre Hadot dans La Philosophie comme manière de vivre : Entretiens avec Jeannie Carlier et Arnold I. Davidson
Une pièce musicale de Alexandra Stréliski – Plus tôt
