L’endormissement

Les gens parlent de l’éveil, comme d’un état suprême permettant de nous libérer complètement. Mais qu’en est-il de l’endormissement, ou, comme le diraient certains, du sommeil spirituel ?

Dans de nombreuses traditions spirituelles, l’état se rapprochant de la normalité reconnue pour les humains est déjà un état d’endormissement. On ne parle pas du sommeil physique, mais d’un état de veille où la conscience est pilotée par des conditionnements : habitudes, routines, réactions émotionnelles inconscientes. En posant ses gestes, la personne s’identifie totalement à ses pensées, ses émotions, son ego, sans recul ni observation. La dimension plus profonde de son existence n’a pas d’intérêt.

Cet état est maintenu par le phénomène de l’identification, inspirant la personne à se confondre avec ses rôles sociaux, son histoire personnelle, ses croyances, au point de croire qu’il n’est rien d’autre.

Cet état l’amène à l’oubli de soi, cette perte de repère de sa vraie nature, de l’étincelle singulière et sacrée, de la conscience au sens plus large.

Cet état fait vivre des expériences de distraction perpétuelle où les choses extérieures, les désirs, les peurs, les projets projettent vers le futur, et rarement dans l’expérience de l’instant.

Pour beaucoup de tradition, cet état s’apparente à l’illusion, la māyā car la personne prend le monde en surface pour la seule réalité.

Pour le Soufisme, le ghaflah désigne l’inattention, l’oubli de Dieu. L’éveil consiste à sortir de cet oubli.

Pour le Bouddhisme, l’avidyā désignant l’ignorance fondamentale maintient l’être dans le cycle des illusions (samsāra).

Pour le Gnosticisme et l’ésotérisme occidental, l’âme est « tombée » dans la matière et a « oublié » son origine divine.

Pour Gurdjieff, l’enseignement central est que les humains sont des « machines endormies » qui croient être éveillées. Le travail sur soi vise à briser cet endormissement.

Pour les traditions chrétiennes, la prière et la méditation sont une « invitation à ne pas s’endormir spirituellement, à rester vigilant.

Comme nous pouvons le constater, l’endormissement spirituel est un concept qui a suscité de profondes réflexions à travers le monde et illustre la condition d’une qui croit être éveillée, qui vit sans se questionner, portée par les vagues de l’existence sans jamais en percevoir d’autres dimensions. Toute démarche spirituelle authentique commence par reconnaître cet état en soi-même.

Une chanson de Fiori-Séguin – La moitié du monde

Les paroles sur https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Fiori-S%C3%A9guin/La-Moiti%C3%A9-du-monde

Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage

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