
L’humanisme n’est pas facile à définir en quelques mots, car c’est avant tout une constellation de convictions qui, à travers les siècles et les cultures, reviennent placer l’être humain au centre de l’attention morale, intellectuelle et spirituelle, non par orgueil, mais par une forme de responsabilité envers ce que signifie exister ensemble. Quelques valeurs fondamentales s’en dégagent, présentent sous des formes variées dans presque toutes les grandes traditions de pensée.
Au cœur de tout humanisme se trouve l’idée qu’un être humain possède une valeur qui ne se mesure pas, qui ne dépend ni de son utilité, ni de son statut social, ni de ses réussites. Cette conviction traverse aussi bien la philosophie kantienne, pour qui la personne doit toujours être traitée comme une fin et jamais seulement comme un moyen, que les grandes traditions religieuses, où chaque être porte en lui une étincelle irréductible, l’image divine dans le judéo-christianisme, la nature de bouddha dans le bouddhisme mahāyāna, l’étincelle du Soi dans le Vedānta.
L’humanisme, depuis ses racines dans la Renaissance italienne jusqu’aux Lumières, a fait de la capacité à penser par soi-même une valeur importante. Il s’agit de se libérer des dogmes reçus sans examen, des préjugés hérités sans réflexion, pour accéder à un jugement propre. Sartre en fera le noyau de son existentialisme, l’homme est condamné à être libre, et c’est précisément cette liberté, avec le poids qu’elle implique, qui fait sa grandeur. Les traditions plus anciennes, elles, associent souvent cette liberté à une forme de libération intérieure, la moksha védantique, la maîtrise stoïcienne de ce qui dépend de nous, moins comme absence de contrainte que comme affranchissement des illusions qui nous asservissent.
L’humanisme ne conçoit pas l’individu isolé. La reconnaissance de la dignité d’autrui appelle presque toujours un devoir de sollicitude. La solidarité entre êtres devient le socle d’une éthique sans transcendance imposée.
Enfin, l’humanisme suppose que l’être humain n’est jamais pleinement satisfait d’une existence purement fonctionnelle, il cherche, questionne, veut comprendre. Cette soif se manifeste aussi bien dans l’art, la philosophie, la science que dans la spiritualité. Elle témoigne d’une conviction partagée qu’une vie authentiquement humaine est une vie examinée, comme le formulait déjà Socrate, une vie qui ne se contente pas de passer, mais qui cherche à se comprendre elle-même.
Ce qui rend l’humanisme vivant, c’est peut-être la tension permanente entre ces valeurs : entre l’autonomie individuelle et la solidarité collective, entre la confiance rationnelle et l’humilité devant le mystère, entre l’affirmation de l’homme et la reconnaissance de ses limites. C’est précisément dans cet espace de tension, ce point de bascule entre plusieurs exigences légitimes, que l’humanisme continue de se réinventer, refusant tout dogmatisme définitif pour rester fidèle à ce qu’il défend, la posture d’un être capable de se questionner lui-même.
Une chanson de Jean-Pierre Ferland – La grande mélodie
Les paroles sur https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Jean-Pierre-Ferland/La-grande-m%C3%A9lodie
Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage
COPYRIGHT – DROIT DE REPRODUCTION – La reproduction de cet article sur un blogue ou un site est autorisé à condition de respecter : * L’intégralité du texte — Vous ne devez pas modifier, transformer ou adapter ce texte. * Le droit d’auteur — Vous devez citer le nom de la source (avec un hyperlien vers l’article original de préférence). * La finalité sans but lucratif — Vous n’avez pas le droit d’utiliser cette création à des fins commerciales. Si j’ai utilisé vos textes/photos et que vous souhaitez que je les retire, merci de me contacter en commentaire, ce sera fait rapidement.
