Zen et psychanalyse

Le bien-être signifie être totalement né, devenir réellement ce que l’on est potentiellement. Cela signifie aussi posséder la pleine capacité d’éprouver joie et douleur, ou, pour l’exprimer mieux encore, de s’éveiller de cette demi-somnolence dans laquelle vit l’homme moyen, et d’atteindre enfin le réveil total. Cela signifie en plus d’être créatif. C’est-à-dire de réagir et de répondre à moi-même, aux autres, à toutes les choses existantes. De réagir et de répondre en tant que l’homme total que je suis, à la réalité de chacun et de chaque chose tels qu’ils sont en eux-mêmes.

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La naissance n’est pas un acte. C’est un processus. Le but de la vie est de naître d’une manière plénière et son drame est que la plupart d’entre nous meurent avant même d’être nés. Vivre est naître à chaque instant. La mort survient quand la naissance s’arrête. Physiologiquement, notre système cellulaire est un processus de naissance ininterrompue. Psychologiquement, beaucoup d’entre nous, arrivés à un certain point, cessent de naître. Certains sont totalement mort-nés, ils poursuivent une vie physiologique alors que mentalement leur désir serait le retour au sein de la mère, à la terre, aux ténèbres, à la mort.

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Bien d’autres encore progressent sur le chemin de la vie, mais sans parvenir à trancher le cordon ombilical. Ils demeurent symbiotiquement reliés à la mère, au père, à la famille, à la race, à la position, à l’argent, aux dieux, etc. Jamais ils ne viennent au jour en tant que pleinement eux-mêmes, aussi ne parviennent-ils jamais à naître pleinement.

La réponse au problème de l’existence que représente une tentative de régression peut assumer diverses formes. Mais elles ont toutes en commun le fait qu’elles aboutissent à l’échec et la souffrance.

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Le Soi est comparable à un cercle qui n’a pas de circonférence. Il est donc Sunyata, le Vide. Mais il est aussi le centre d’un tel cercle, situé partout et en tout point de ce cercle. Le Soi est ce point d’absolue subjectivité qui peut donner un sens d’immobilité et de placidité, mais comme ce point peut se déplacer en tout lieu, à l’infini, selon notre vouloir, il n’est en réalité en nul point. Le point est cercle et le cercle est point.

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Si le Soi se meut du zéro à l’infini et de l’infini au zéro, il ne peut être un objet d’étude scientifique. En tant qu’absolue subjectivité, il déjoue tous nos efforts de localisation objective. Évasif, insaisissable, il ne peut être d’aucune manière expérimenté scientifiquement.

Richard DeMartino, Erich Fromm et Daisetz Teitaro Suzuki dans Bouddhisme Zen et psychanalyse

Une pièce musicale de Eric Aron – Joy is Out