
Le bonheur ne se décrète pas, ne se convoque pas, mais se cultive et se construit peu à peu dans la durée. Le bonheur est une manière d’être, or les manières s’apprennent.
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Il y a un autre avantage à mieux appréhender la nature fondamentale de l’esprit. Si l’on comprend que les pensées surgissent de la conscience pure, puis s’y résorbent, comme les vagues émergent de l’océan et s’y dissolvent à nouveau, on a fait un grand pas vers la paix intérieure. Dorénavant, les pensées auront perdu une bonne part de leur pouvoir de nous troubler. Pour se familiariser avec cette méthode, lorsqu’une pensée surgit, essayons d’observer sa source ; quand elle disparaît, demandons-nous où elle s’est évanouie. Durant le bref laps de temps où notre esprit n’est pas encombré de pensées discursives, contemplons sa nature. Dans cet intervalle, où les pensées passées ont cessé et les pensées futures ne se sont pas encore manifestées, ne perçoit-on pas une conscience pure et lumineuse qui n’est pas modifiée par nos fabrications conceptuelles ? Procédant ainsi, par l’expérience directe, nous apprendrons peu à peu à mieux comprendre ce que le bouddhisme entend par « nature de l’esprit ».
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La sagesse est l’unique voie qui permet de manifester une compassion authentique, en comprenant véritablement et au tréfonds de soi qu’autrui ne veut pas souffrir mais veut, être heureux. C’est à ce moment-là que nous nous préoccupons réellement du bonheur et de la souffrance des autres. Venir en aide à autrui n’est pas toujours « agréable », dans la mesure où l’on doit parfois traverser des épreuves » désagréables » pour aider quelqu’un. Mais au plus profond de soi, il y a un sentiment d’adéquation, avec soi-même et de courage, d’harmonie et d’interdépendance avec tous les êtres et toutes choses.
Matthieu Ricard (1946) est un moine bouddhiste, photographe et auteur.
Matthieu Ricard dans Plaidoyer pour le bonheur
Une pièce musicale The Sound Of Music
