Du rien au tout et de tout au rien

ImAGe humanité

Nous naissons et le sentiment de la construction de la vie s’installe. L’enfant devra apprendre à marcher, apprendre à parler, à se nourrir d’expériences et de connaissances pour se réaliser.

Adulte, l’enfant est toujours en nous, mais en sourdine de notre présent. Nous savons marcher, écouter, apprendre, parler, et malgré cela, nous avons parfois le sentiment de la reconstruction de soi à faire, comme si ce tout acquis comprenait des espaces de rien qui nous fait vivre le vertige.

Quand cela s’installe, je tente de me reconnecter avec le souvenir de mes expériences des grands vents au bord de la mer. Quelque chose déferle sur moi avec une telle intensité, si plein d’invisible heurte mon corps. Pourtant le vent qui me heurte semble avoir une présence réelle, et lorsque je regarde l’horizon ou autour de moi, rien n’est apparent.

Le rien devient à notre portée par l’expiration sous forme de vents animé par l’énergie. Et parfois c’est la matière qui se vide de son essence et de sa forme devenant rien, vide, comme une inspiration, encore là animé par l’énergie.

De cette perspective, le vent n’existe pas sans le concours de l’énergie qui est invisible, tout comme la matière qui est malgré tout visible.

Un mouvement du rien au tout et de tout au rien, comme une inspiration puis une expiration. Que des manifestations d’un souffle qui passe par-delà le corps de la terre. Interdépendant, unique et d’une manifestation de mouvements infinis sous ses différentes formes.

Le sentiment parfois de ne rien ressenti, lorsqu’il est accepté, assumé, avec attention, porte en lui-même son propre mouvement vers la lumière et sa source d’appropriation de l’expérience.  Il s’agit parfois de juste lâcher-prise.

Une chanson de Michel Rivard – Je voudrais voir la mer

Les paroles http://www.cyberus.ca/~rg/ch_r004.htm

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Arnaud Desjardins: Textes et témoignages inédits

Arnaud Desjardins Arbre

J’ai été ce que j’ai été. Vu le nombre de conditions, de circonstances, de chaînes de causes à effets, de jeux d’action et de réaction à l’œuvre, je ne pouvais pas être autre que ce que j’ai été. Les reproches, la culpabilité sont une forme de mensonge, de refus de la vérité ou de la réalité relative telle qu’elle est.

Et aujourd’hui, de même, je suis ce que je suis. C’est seulement à partir de cette si difficile réconciliation pleine et entière avec soi-même que la croissance intérieure peut commencer. Il n’y a pas de technique yogique de méditation, de jeûne, d’ascèse, même difficile, qui puisse être fructueuse sur la base d’un refus de soi-même. Or trop souvent, l’engagement dans la démarche spirituelle se met au service de ce reniement.

*

C’est forcément une impasse.

Pour illustrer la réconciliation de l’un et du multiple, il emploie cette très belle image :

 » Nous pouvons aspirer à une communion qui irait jusqu’à la découverte qu’un fondement unique sous-tend le monde multiple, que nous sommes tous les vagues d’un même océan. « 

Chacun a son autonomie, chacun est lui-même, chacun est une vague, mais une vague d’un même océan. C’est une métaphore qui est utilisée fréquemment lorsqu’on veut signifier que nous participons tous de la même conscience.

La conscience est une comme l’océan, mais n’empêche qu’il y a des vagues, des vaguelettes, des lames de fond qui peuvent se prendre pour des manifestations uniques et qui ne sont pas associées à la grande manifestation de l’océan…

Arnaud Desjardins dans Arnaud Desjardins: Textes et témoignages inédits

Une pièce musicale de Turkish Ney Music: Your Love is My Cure

Le nuage d’inconnaissance

ImAGE s'élever

Car nulle part corporellement, c’est partout spirituellement… j’aimerais mieux n’être nulle part corporellement, luttant avec cet aveugle rien, que d’être un si grand seigneur que je puisse, lorsqu’il me plairait, être partout corporellement…

Laisse ce partout et ce quelque chose, pour ce nulle part et ce rien.

Ne t’inquiète point si ton intelligence ne peut appréhender ce rien, car assurément je ne l’en aime que mieux. Il est en lui-même si précieux qu’elle ne peut l’appréhender. Ce rien, on l’éprouve plutôt qu’on ne le voit car il est tout aveugle et pleine ténèbre pour ceux qui ne l’ont pas encore beaucoup contemplé… Une âme en l’éprouvant est plus aveuglée par l’abondance de lumière spirituelle qu’on ne l’est par les ténèbres ou le manque de lumière physique.

Qui donc l’appelle ‘rien’? C’est assurément notre homme extérieur, non l’intérieur. L’homme intérieur l’appelle ‘Tout’, car par lui, il lui est donné de comprendre toute chose, corporelle ou spirituelle, sans en considérer aucune en particulier.

Armel Guerne dans Le nuage d’inconnaissance

Une pièce musicale de Mahler – Adagietto Symphony 5

Faire grandir en soi

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Il n’y a de liberté que dans l’intégration absolue.

Il n’y a pas de liberté en sortant, en s’excluant de la roue de la vie.

Une liberté en s’intégrant, en retrouvant le sens d’une appartenance.

Une appartenance à quelque chose qui est de l’ordre de la roue mais pas une roue fermée

Une roue beaucoup plus vaste que la représentation qu’on en a.

Pour cette raison, cela à un sens de faire grandir ce que nous appelons la sensation, l’émotion ou la pensée, dans la mesure où c’est se déployer, s’intégrer à une intelligence plus vaste que l’ensemble des parties qui la constituent.

Yvan Amar – La pensée comme voie d’éveil

 

Une chanson de Jean-Pierre Ferland interprétée par Bruno Pelletier – Un peu plus haut

 

Un peu plus haut, un peu plus loin
Je veux aller un peu plus loin
Je veux voir comment c’est, là-haut
Garde mon bras et tiens ma main

Un peu plus haut, un peu plus loin
Je veux aller encore plus loin
Laisse mon bras, mais tiens ma main
Je n’irai pas plus loin qu’il faut

Encore un pas, encore un saut
Une tempête et un ruisseau
Prends garde! Prends garde: j’ai laissé ta main
Attends-moi là-bas: je reviens

Encore un pas, un petit pas
Encore un saut et je suis là,
Là-haut, si je ne tombe pas…
Non! J’y suis! Je ne tombe pas!

C’est beau! C’est beau!
Si tu voyais le monde au fond, là-bas
C’est beau! C’est beau!
La mer plus petite que soi
Mais tu ne me vois pas

Un peu plus loin, un peu plus seul
Je n’veux pas être loin tout seul
Viens voir ici comme on est bien
Quand on est haut, oh! comme on est bien

Un peu plus haut, un peu plus loin
Je n’peux plus te tenir la main
Dis-moi comment j’ai pu monter,
Comment r’descendre sans tomber

Un peu plus loin, un peu plus fort
Encore un saut! Essaye encore!
Je voudrais te tendre les bras;
Je suis trop haut, tu es trop bas

Encore un pas, un petit pas
Tu es trop loin! Je t’aime!
Adieu! Adieu! Je reviendrai
Si je redescends sans tomber

C’est beau! C’est beau!
Si tu voyais le monde au fond, là-bas
C’est beau! C’est beau!
La mer plus petite que soi
Mais tu ne la vois pas

Un peu plus haut, un peu plus loin
Je veux aller encore plus loin
Peut-être bien qu’un peu plus haut,
Je trouverai d’autres chemins

Une petite parcelle… comme toi

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Une petite parcelle d’énergie vagabonde

 se détache de l’Un pour prendre forme,

elle s’éloigne, puis elle ensemence une planète, et alors

la terre lui offre un Toi

et la mer l’enfante d’un corps

la lune les connaissances fragmentées

et le soleil lui offre la vision

la terre lui moule une peau pour sentir

et l’eau lui donne le transit pour assimiler

le vent, de son sifflement, ouvre les oreilles

et le feu insuffle l’odeur de l’impermanence

Une petite parcelle d’humain vagabonde

 se détache de l’humanité pour prendre forme,

elle grandit, puis elle entretient son énergie singulière, et alors,

l’entraînement de l’esprit l’ouvre à Soi

et le vieillissement apporte l’acceptation

l’attention lui dévoile sa beauté

et la lumière l’allume à sa présence

la chaleur nourrit son amour

et la nourriture clarifie la lueur de son énergie

l’écoute ouvre la voie de la compréhension

et les saveurs naturelles dessinent le palais du plaisir

Avant que cette petite parcelle retourne à l’Un

combien de souffrance au corps de la terre

avant de saisir que tout est inter relié et interdépendant.

Une chanson l’Hymne a la beauté du monde avec Isabelle Boulay

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Propos sur la compassion… de Albert Einstein

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 » Un être humain est une partie d’un tout que nous appelons: Univers. Une partie limitée dans le temps et l’espace. Il s’expérimente lui-même, ses pensées et ses émotions comme quelque chose qui est séparé du reste, une sorte d’illusion d’optique de la conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous restreignant à nos désirs personnels et à l’affection de quelques personnes près de nous. Notre tâche doit être de nous libérer nous-même de cette prison en étendant notre cercle de compassion pour embrasser toutes créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté. »

Selon « The New York Times » (29 Mars 1972) et « The New York Post (28 Novembre 1972), cette citation provient d’une lettre écrite par Einstein en 1950.

Une chanson de Daniel Bélanger Sortez-moi de moi