L’Éternité et François Chang   Leave a comment

ImAGE plumes envol

L’instant n’est pas synonyme du présent: le présent n’est qu’un chainon ordinaire dans l’ordre chronologique ; l’instant lui, constitue un rnoment saillant dans le déroulement de notre existence, une haute vague au-dessus des remous du temps.

De manière fulgurante, au sein de notre conscience, l’instant cristallise nos vécus du passé, nos rêves du futur en une île surgie de la met anonyme, une île soudain éc1airée par un intense faisceau de lumière. L’instant est une instance de l’être où notre incessante quête rencontre soudainement un écho, où tout semble se donner d’un coup, une fois pour toutes. C’est une telle expérience privilégiée que traduit l’expression paradoxale « instant d’éternité ».(…)

« Faisant une furtive allusion à l’éternité lors de la précédente méditation, j’admettais que de fait personne n’est capable d’imaginer comment elle se présente. Néanmoins, bien timidement je pense pouvoir dire ce qu’elle n’est pas. S’agissant d’une éternité de vie, elle est tout sauf une interminable et monotone répétition du même. Elle doit être une formidable succession de moments saillants animés par de continuels élans vers la vie. En un mot, elle est faite aussi d’instants uniques. Dans ce cas, !es instants uniques tels que nous pouvons les connaître en cette vie, rivière de diamants ou chapelet d’étoiles reliés par la mémoire, constituent une durée qui a déjà goût d’éternité. Résonne en nous le chant spontané de Rimbaud devenu nôtre:

Elle est retrouvée.

Quoi ? L’éternité,

C’est la mer allée

Avec le soleil.

Intuitivement, Rimbaud a saisi que l’éternité se trouve dans l’instant, se vit en l’instant, instant de rencontre où l’élan vers la vie et la promesse de celle-ci coïncident. «Mais qu’est-ce donc que l’élan vers la vie?

Et surtout à partir de quoi pourrait-il naître en nous? se demandent tant de personnes perdues, découragées, qui ne savent plus où trouver la force de cet élan. A cette question il n’y a pas de réponse satisfaisante, mais j’oserais malgré tout répondre : à partir de rien. (…)

Contenant la promesse du tout, le Rien désigne le Non-Être ce non Être n’étant autre que ce par quoi l’Être advient. ‘

La notion de Non-Être est nécessaire, car c’est seulement à partir d’elle qu’on peut réellement concevoir l’Être..

François Cheng dans Cinq méditations sur la mort

Une pièce musicale avec L’Éternité d’Arthur Rimbaud  sur une pièce de musique d’Erik Satie

Publié 18 juin 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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